Conférence de rentrée 25-08-2026, Elsa Da Costa Marieke Huysentruyt Ça ne marche pas trop, je pense. Ça a été une longue journée et merci d'être là. On va démarrer tout de suite comme ça on démarre. Bienvenue. Bienvenue Elsa. On est trop contents, très heureux de vous accueillir ici au tout début de notre année académique devant nos étudiants L3 qui viennent de rentrer de Chamonix. Alors Chamonix fait partie de notre parcours engagement qui est un peu un programme emblématique d'HEC qui est conçu. Je parle à toi parce qu’eux ils savent déjà, qui est conçu pour aider nos étudiants à devenir des leaders responsables. Qui sont conscients d’eux-mêmes et aussi capables de faire face aux crises environnementales et sociales. Et le parcours se repose sur 5 modules, dont du coup 5 expériences. Vous faites partie de cette expérience ? Le premier module, il y en a plusieurs, alors il y a aussi une où tous les étudiants vont partir. Ils vont partager 30 h minimum en bénévolat avec une association ou une organisation avec un intérêt social, intérêt commun, intérêt public pour vraiment expérimenter cette qu'est-ce que c'est contribuer à une mission avec une utilité sociale et aussi ils vont partager 3 semaines du coup à une entreprise ou enfaite, ils vont exercer une position non managériale, c'est à dire ils seront sur le terrain notamment pour vivre qu'est-ce que c'est le travail d'un ouvrier. Du coup, il y a plein d'expériences qui les attendent et on a hâte de les retrouver petit à petit dans leur parcours. Et du coup, c'est évident qu’aujourd’hui, notre sujet d'aujourd'hui résonne énormément avec le parcours engagement. Vos réflexions sur comment, comment construire une société qui valorise plus l'engagement. ? Ben c'est Ça résonne quand même beaucoup avec ce qu'on essaie de faire ici et j'espère qu'on pourra faire ensemble. Avant que je passe la parole à toi, encore une minute, je me permets juste de m'introduire parce que je ne pense personne me connaît. Ici, je suis professeur en stratégie en et je suis également la directrice académique d'un centre de recherche. Vous allez découvrir, il y a plein de centres de recherche ici à HEC, notamment un qui s'appelle Sustainability and Organizations, ou SNO, et c'est un institut interdisciplinaire et on fédère des chercheurs, des étudiants. Des dirigeants d'entreprises, des acteurs aussi du des associations, en fait tous les acteurs qui sont engagés dans une transition juste et environnementale. Et je rajoute aussi que je dirige un Lab qui s'appelle Impact Lab, qui a été fondé avec le soutien majeur de Schneider Electric. Et notre but, c'est très simple. On essaie de concevoir des stratégies et ensuite on les teste d'une manière scientifique avec des entreprises, des acteurs sur le terrain. Et on essaie d'évaluer, trouver des stratégies qui peuvent changer, qui peuvent avoir un impact sociétal. Du coup, on travaille avec des entrepreneurs sociaux, un peu comme les fellows, entre autres. Et notre but, c'est de créer de la connaissance ensemble. On ne fait pas de hiérarchie, connaissance prof, connaissance du terrain, on fait avec, on les mélange et on essaie de pousser notre impact ensemble. Bon, j'ai assez parlé, alors là, c'est j'ai l'honneur de partager le podium avec Elsa. Du coup, j'essaie de d'introduire dans quelques lignes, ce n’est pas facile, c'est un. Un défi, mais je vous laisserai vraiment. Je vous laisserai compléter parce que en fait, j'aimerais que tu complètes avec des choses personnelles. Là, je vous partage un récit carré, si tu veux, mais pas si carré, vous allez voir. Elsa, elle est dirigeante d'une association qui s'appelle Ashoka France, qui fait partie d'un mouvement global. Et le but de Ashoka France et de dans le monde, c'est de vraiment repérer les entrepreneurs innovants et les accompagner, les accompagner dans leur dans leur vie. Et on est hyper content, j'imagine. Ce n’est pas toujours le cas, mais on essaie de les. Passer de d'une échelle à l'autre et de faire qu’ils bouchent les lignes, ils inventent des systèmes, ils réinventent un peu des systèmes. En fait, c'est un c'est un réseau fantastique. Si vous ne connaissez pas, allez sur le site web, vous allez trouver plein de HEC fellow. Leur parcours est souvent très inspirant et peut être grâce à Elsa, vous allez pouvoir les rencontrer en vrai un jour. Je vous conseille ça fortement. En fait, j'imagine que pour toi ce n’est pas toujours facile parce que ce sont des caractères très fortes. Elles sont souvent, les Ashoka Fellows sont très talentueux, très convaincus. Et de diriger un une association qui essaie de les accompagner, j'imagine, ce n’est pas toujours facile. Peut-être tu nous parleras. Ah, je suis aussi folle qu'eux, donc ça va. En tout cas, c'est ce que Elsa fait actuellement. Mais avant ça, elle a fait plein d'autres choses. Elle était aussi étudiante comme vous dans une école de commerce, M Lyon. Et de là, elle a elle a pris une poste auprès de plusieurs grandes entreprises digitales marketing. OK, elle a travaillé pour des entreprises que vous connaissez, comme Ubisoft, comme Yves Saint Laurent. Et d'autres, plein d'autres. Et à un moment, vous avez changé. Et d'ailleurs, ça c'est un peu le y a beaucoup de pivot, beaucoup de changements. Et vous dites dans votre livre que c'est en fait ce sont des changements simplement vivants, ce n’est pas atypique, c'est juste c'est vivant, c'est ça te correspond. Et en effet, après ces 10 ans dans des entreprises, vous avez un. Vous avez fondé une plateforme qui s'appelle Mon avis, Avie des mamans, pardon, Avie des mamans dot com. Du coup, avec un engagement déjà social et où vous appuyez sur vos connaissances dans le digital marketing. Et après ? Écoutez bien, Elsa elle a changé complètement, elle a, elle est devenue journaliste, elle a produit des documentaires avec des sujets fantastiques, comme vous avez coproduit et réalisé avec Clarté Productions, le lobby de Poissy, les enfants s'engagent pour la planète, c'est déjà le titre. Et puis ça a été diffusé sur France TV. Et dans cette continuité de cet engagement, vous avez aussi également. Coordonné la Déclaration européenne des droits des planètes et des vivants avec 310 enfants. C'est quand même hyper touchant. Peut-être tu nous diras plus là-dessus. Et vous avez aussi remis cette déclaration auprès de du Parlement européen. Elsa Da Costa Ursula von der Leyen herself. Marieke Huysentruyt Tout ça pour dire qu'il y a beaucoup de lignes dans ce parcours. Et là, je te laisse compléter avec peut-être quelques histoires, quelques rencontres qui ont fait pourquoi vous avez fait ce choix-là. Et encore merci d'être là, merci de m'accueillir. On y va d'ailleurs, ne vous inquiétez pas, vous allez bouger aussi. Il y aura un moment où on voudrait vous poser plein de questions aussi. L'idée, c'est d'avoir quelque chose dynamique. On Et on a préparé ça ensemble. Mais tout d'abord, je vous laisse compléter un petit peu. Elsa Da Costa Merci, oui, bah merci beaucoup de cette présentation. Déjà, merci de m'accueillir, je suis ravie d'être là. Alors, je suis désolée, il fait chaud, vous avez tous très chaud, je vois que vous éventez, nous aussi on a chaud, Marieke, faut le dire, mais on va passer quand même un moment, j'espère qu'il va être galvanisant pour vous. En tout cas, moi, je suis gonflée d'énergie pour cette conférence de rentrée, donc j'espère vous en diffuser autant que vous m'en donnerez parce que comme tu l'as très justement spécifié, vous allez participer. Vous allez participer tout à l'heure, une fois qu'on aura descendu un peu de mon parcours et de quelques histoires que j'ai, quelques histoires croustillantes éventuellement à vous à vous raconter. Vous serez avec nous pour répondre à 2 questions qu'on a jugées fondamentales et qui vont, j'espère, jalonner vos 3 ans ici, parce que vous êtes les pépites de demain, entre autres. Vous n’êtes pas les seules, attention, soyons clairs, mais la jeunesse, en tout cas de notre point de vue, et du mien en particulier surtout. La jeunesse qui rentre dans un cursus de leader économique, c'est la jeunesse qui va contribuer à transformer profondément la société. Et la chance que j'ai aujourd'hui du poste d'observation qui est le mien, c'est à dire de diriger la branche française de cette fantastique ONG qu'est Ashoka, c'est de s'apercevoir que nos systèmes sont en obsolescence dépassée, pas programmée, mais largement dépassée. Je pense que vous l'avez vu. De vos yeux vus quand vous étiez toute enfin à Chamonix ces jours derniers, mais vous l'avez vu aussi sur vos écrans de portable puisque c'est maintenant la source d'information principale depuis un mois et demi. Vous l'avez vu avec les incendies, vous l'avez vu encore même hier avec les inondations, avec toutes ces crises de plus en plus fortes, majeures, intenses, climatiques, mais pas uniquement, et toutes ces crises sociales. Vous avez pu le voir aussi avec le tremblement de terre qui a eu lieu en Colombie, qui a ravagé la région du chocolat, la région chocolat, qui est vraiment la région la plus pauvre, et pourquoi elle l'a dévastée d'autant plus parce que c'est une région qui économiquement est extrêmement précaire. Donc tout est interconnecté, vous devez le savoir, vous l'avez déjà pas mal étudié, mais. Mais ça va être l'objet aussi de vos prises de conscience régulières. J'espère ici, parce que vous avez un enseignement de qualité et qui a été pensé aussi pour ça, parce que vous allez transformer la société. Spoiler alert, vous allez la transformer, que vous le vouliez ou non, vous allez la transformer. Et des organisations comme celle d'Ashoka seront ravies de vous aider à y contribuer largement. Alors, Ashoka en quelques mots, qu'est-ce que c'est ? Il y a 45 ans, Bill Drayton, un ancien partenaire de McKinsey, un Américain, a eu cette idée folle de se dire que partout dans le monde, il y avait des gens qui, à l'échelle de leur communauté, transformaient profondément la vie des habitants. Et il s'est dit, mais si j'arrive à fédérer partout dans le monde tous ces Monsieur et Madame transformation de société, peut-être qu'on va réussir à insuffler un vrai mouvement de société qui va être au service de l'intérêt général. L'intérêt général, c'est important. On y reviendra parce que ça va être. Un des sujets que vous allez traiter ou que certains d'entre vous vont traiter auprès de nous pour savoir si l'intérêt général c'est l'affaire de tous ou simplement un domaine réservé à quelques-uns. L'intérêt général, ce n’est pas l'intérêt d'une majorité, c'est l'intérêt de la totalité. C'est pour ça que c'est extrêmement compliqué aussi d'y arriver. Néanmoins, ces hommes et ces femmes que Bill Drayton a identifiés donc il y a 45 ans, aujourd'hui, ils sont 4000 dans 93 pays du monde et ils sont près d'une centaine en France. Si je vous parle du Nutri Score, qui connaît le Nutri Score ici ? Voilà. Eh ben, le Nutri Score, c'est un fellow Ashoka, un entrepreneur associatif. Donc quand on parle d'entrepreneur, souvent on associe une image de business. Voilà, on est en train, on va monter sa nouvelle boîte, sa nouvelle start-up, on va en faire une licorne. Eh ben non, un entrepreneur, c'est quelqu'un qui fait quelque chose et il peut décider de le faire aussi sous un format qui va être associatif. Le Nutri Score, à la base, c'est une organisation qui s'appelle Open Food Fact, qui est un peu le Wikipédia, une grande communauté de personnes qui sont venues documenter régulièrement la manière dont étaient faits nos différents produits de consommation pour en faire une grande encyclopédie et décider d'être dans un parcours de recherche avec l'ARS pour produire cet indicateur qu'est le Nutri Score. Donc ça, c'est une vraie révolution systémique qui a permis à l'ensemble des concitoyens de savoir ce qui si ce qu'ils allaient manger était sain ou pas, suivant les critères du Nutri Score. Est-ce que vous connaissez le service civique ? Qui connaît le service civique ici ? Qui a déjà entendu parler du service civique ? Pareil ? Voilà, le service civique. C'est une folle, Marie Trelukan, que j'adore et que j'embrasse, qui a eu cette idée incroyable en revenant d'un séjour au Canada où elle s'est aperçue que les parcours d'engagement des étudiants étaient beaucoup plus jalonnés que notamment en France. Donc elle est arrivée, elle s'est dit ça peut être aussi un formidable moyen d'accélérer cette fameuse mixité sociale qu'on appelle beaucoup de nos vœux. Et faire en sorte d'engager des jeunes des quartiers populaires dans des missions qui vont être d'intérêt général. Il se trouve qu'à ce moment-là, en 94, Jacques Chirac, président de la République française, avait décidé de supprimer le service militaire dont on entend un peu plus reparler ces derniers temps, avec malheureusement la géopolitique qui nous entoure. Et il s'est dit faut que je trouve un objet politique qui va être une forme de prolongation de ce que pouvait être le service militaire avant, notamment par le fait de d'avoir cette mixité de jeunes qui venaient de n'importe. Quel milieu social ? Et qui, d'un seul coup, se retrouvaient à faire leur classe ou leur service militaire ensemble et pouvaient créer un terreau vraiment de cohésion dans notre pays. Et il a trouvé que le service civique, c'était une formidable idée. Mais à la base, c'était d'abord une associative avec l'association qui s'appelle Unicité, qui existe encore. Et aujourd'hui, c'est une politique publique avec une ligne dans le projet de loi de finances. Bon. De plus en plus réduite à cette ligne avec toutes les problématiques de la dette publique. Néanmoins, voilà, c'est pour vous montrer que ces hommes et ces femmes, notamment en France, ils transforment profondément nos pratiques, ils transforment la manière de voir les choses parce qu'ils veulent l'intérêt général et la préservation de nos biens communs. Donc ça c'était peut-être voilà, est-ce que c'est plus clair pour vous sur ce que je fais tous les jours, donc tous les jours en fait, moi j'ai une équipe fantastique de gens qui cherchent. Les futurs Marie Trei Lucan, les futurs Stéphane Gigandet d'Open Food Fact, les futurs Marine Calmet de Wild Eagle, les futurs Lucie Pinson aussi de Reclaim Finance, qui est en train de transformer profondément la finance aussi pour faire en sorte que justement la transition soit accélérée. Mais je ne fais pas que ça. Les 2 autres points, c'est aussi pour ça que je suis devant vous aujourd'hui. C'est que la transformation de la société, elle passe non seulement par accompagner ceux qui la transforme déjà, mais elle passe par faire émerger une génération qui va être actrice de changement. Donc ça veut dire que nous avons un tropisme jeunesse très fort, avec la volonté d'encapaciter justement les jeunesses à devenir actrices de changement, notamment par la compréhension de ce que sont nos modèles économiques. Les premières inégalités, elles ne sont pas sociales, elles sont d'abord économiques et après elles deviennent sociales. Marieke Huysentruyt Est-ce que tu pourrais dire un petit peu sur les ressources, qu'est-ce que Ashoka met en disposition pour les fellows ? Parce que c'est assez atypique aussi. Elsa Da Costa Alors, quand on cherche un entrepreneur social Ashoka, on lui met à disposition pendant 3 ans une bourse qui va l'aider en fait à se consacrer à 100% à son activité. Parce que souvent, quand on décide d'être un associatif, on tire un peu le diable par la queue. Donc les ressources financières sont pas forcément évidentes. Et puis peut être que vous ne le savez pas, mais pour certains, je vais vous l'apprendre. Une association a un modèle économique qui est relativement précaire puisque si elle est reconnue d'intérêt général, elle vit soit de subventions, soit de la philanthropie, c'est à dire d'hommes et de femmes ou d'entreprises qui vont décider de donner de l'argent pour accompagner les programmes développés par les associations. Et ces programmes, j'en ai parlé avec 2 exemples Open Food Fact et le service civique. Ce sont vraiment en fait des laboratoires de politiques publiques en fait, parce que demain c'est comme ça qu'on transforme la société. Donc 3 ans de bourses pour les dirigeants et surtout un accompagnement à vie. C'est à dire que si l'entrepreneur social qu'on a repéré reste à la tête de son organisation toute la vie, il peut demander à Ashoka de venir l'aider, soit en le mettant en relation avec d'autres philanthropes, soit en le mettant en relation avec des entreprises pour travailler ce qu'on appelle des partenariats hybrides et accélérer justement le développement. Tu parlais du passage à l'échelle ? Les innovations ? Bah ça passe aussi parfois par les entreprises. Et puis après, nous avons beaucoup de partenaires qui leur proposent des heures de mécénat de compétences. On a un grand cabinet d'avocats dont vous avez peut-être entendu parler puisqu’il y a un placement produit dans la série Suits qui s'appelle Latham et Walkins. Et donc Latham et Walkins, depuis 20 ans maintenant, qu'ils sont partenaires d'Ashoka France, ont déjà dispensé près de 25000 heures. De pro bono, donc 1 h d'un avocat de Latham & Watkins, c'est entre 450 à 700€. Je vous laisse faire le calcul avec 25000 heures et vous montrer le don aussi en nature qu'a pu apporter Latham & Watkins aux entrepreneurs sociaux parce qu'ils n'auraient pas les moyens de se payer un avocat si jamais ils devaient en avoir besoin. Marieke Huysentruyt Et parfois, il y a vous faites appel à des étudiants, est-ce que parfois il y a des Ashoka Fellowsqui disent Ah on a parce que je. Ils ne savent peut-être pas encore, mais il y a aussi un business project à un moment que les étudiants ici font et j'imagine peut-être ils pourraient avoir des projets avec un Ashoka Fellow. Peut-être vous avez déjà organisé ça ? Elsa Da Costa Alors, comme je le disais juste avant, il y a les fellows d'un côté qui sont la partie émergée de l'iceberg d'Ashoka. C'est je veux dire, le c'est le programme qui a été le plus promu partout dans le monde puisqu’ils sont 4000 maintenant. Puis on a près de 5 prix Nobel de la paix aussi parmi les 4000 entrepreneurs sociaux qui font partie de la cohorte Ashoka. Mais on a effectivement, tu as raison de le souligner, des programmes qui sont qu'on opère en propre. Donc on n’est pas là en train d'accompagner des gens, mais on les opère nous-mêmes. Et effectivement, on lance des parcours d'incubation pour des jeunes qui auraient des projets qu'on va estimer nous étant d'intérêt général et toujours à caractère systémique. Ça c'est extrêmement important pour nous, c'est à dire de s'attaquer à la cause racine du problème, faire en sorte d'incapaciter les personnes qui subissent le problème, de ne plus raisonner en silo, mais d'essayer d'ouvrir un peu et d'aller chercher l'appui des entreprises, l'appui des pouvoirs. Et donc ces parcours, en tout cas en France, il y en a un qui existe, il s'appelle Impacteurs et on accompagne pendant 3 ans en fait des jeunes qui seraient intéressés et qui auraient envie de transformer la société avec nous. Marieke Huysentruyt Merci Elsa, n'oubliez pas ça. Et juste, on parle beaucoup de systémique. Je ne sais pas si c'est un mot qui vous parle. Vous savez que ce qu'on veut dire quand on dit systémique ? En fait, en gros, c'est compliqué. Déjà, quand on dit systémique, c'est à dire qu’un seul acteur ne va pas arriver à résoudre le problème. Et souvent, systémique demande, comme vous dites juste tout à l'heure, c'est dès les partenariats entre des entrepreneurs, le public, secteur public, les entreprises, autres, les chercheurs. Et du coup, c'est pour ça aussi que vous allez avoir la chance de rencontrer. Plein de associations différentes pour, parce qu'il y a une vraie compétence de pouvoir traduire et parler avec toutes ces acteurs différents. Parce que c'est un peu ça qu'on voudrait que vous alliez pouvoir faire dans 3 ans, 4 ans, 5 ans. C'est en effet de trouver ça très facile d'échanger avec des acteurs qui ont un parcours très différent, qui vient du social, de ce du public, du privé. Parce que les défis tels qu'on les voit demandent une réponse de plus en plus systémique. Elsa Da Costa En fait, chaque organisation est un système. Le corps humain, c'est un système par exemple, et les organes fonctionnent les uns avec les autres. C'est à dire qu'un cœur qui n’a pas de foie, qui n’a pas d'estomac, qui n’a pas de cerveau, en fait, ça ne va pas très bien. Ça ne vous a pas échappé quand vous pouvez voir parfois certaines actualités qui inondent nos réseaux. Donc une organisation, c'est aussi un système en tant que tel, donc ça veut dire qu'isolément on ne peut pas faire grand-chose, mais ce système-là. Parfois, il est aussi la source du problème. Pourquoi ? Parce que les règles, les représentations, les ressources, les résultats produits par ce système-là accélèrent une forme de dysfonctionnement. Alors, vous connaissez certainement parce que vous avez dû pas mal en discuter quand vous étiez à Chamonix. Vous avez les conséquences de l'anthropocène sur le climat par exemple, vous le voyez, donc vous voyez que ce système il est lié. On est tous reliés d'une manière ou d'une autre. Très longtemps, on a parlé d'effet papillon, d'effet boule de neige. Parce que justement, c'est ça qui matérialise que tout est interconnecté d'une manière ou d'une autre. C'est-à-dire qu'une crise à un endroit aura de toute façon des conséquences sur ma propre vie, moi, Elsa da Costa, dans mon appartement de Fontenay-sous-Bois. À un moment donné, ça se passera comme ça. Donc c'est pour ça qu'on c'est ce terme est devenu un peu à la mode, justement parce qu'il est venu surtout contrecarrer la manière dont on a enseigné beaucoup les choses, liées en fait à justement un modèle, vraiment un modèle patriarcal en fait, qui est aussi lui-même qui a produit le capitalisme d'aujourd'hui. On hiérarchise beaucoup les choses en fait. On hiérarchise les gens, les jeunes, les vieux, les blancs, les jaunes, les femmes, les hommes. Voilà, on a hiérarchisé beaucoup les sciences, les sciences molles, les sciences dures. On a estimé qu'il y avait des classements en fait, voilà, et que c’étaient super les classements. Bah la réalité, c'est que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne puisque tout est interconnecté et tout fonctionne ensemble. Et quand on décide d'avoir un de hiérarchiser, bah en fait, on crée finalement une défaillance aussi pour ce système-là. Donc on parle de systémique justement pour essayer de trouver une réponse, et c'est complexe parce que. Souvent d'ailleurs, c'est ce que Descartes a fait quand il a pondu le discours de la méthode. Il est parti du principe qu'un gros problème, si on le réduisait en plein de petits problèmes, on allait finir par résoudre le grand problème. C'est ce qu'on appelle le réductionnisme. Alors moi, j'en veux beaucoup à René Descartes parce qu'il nous a fait perdre beaucoup de beaucoup de siècles finalement, parce qu'on s'aperçoit que quand on règle les petits problèmes, on crée d'autres effets de bord qu'on n'a pas forcément imaginés, donc on recrée en fait des dysfonctionnements. Or, quand on commence à regarder une situation de manière globale, en essayant de voir qui sont les acteurs qui interagissent à l'endroit de cette situation-là et qu'on les on les met en capacité d'agir à leur propre échelon, en coordination avec le reste et par itération, c'est peut-être un peu plus long, mais la solution qui est mise en place, elle est pérenne dans le temps et notre capacité doit être à toujours revenir sur ce qui a été fait auparavant pour toujours être en processus d'amélioration. C'est un peu comme finalement l'upgrade de Windows ou l'upgrade d'Apple. Y a constamment des mises à jour à faire. Alors eux, ils ont bien compris le truc parce qu'ils nous font bien consommer pour le coup. En revanche, nous, bah dans nos politiques publiques, on a un petit peu de mal à avoir compris tout ça. On a un petit peu de mal à voir qu'à chaque fois ça avait des conséquences et qu'il fallait qu'on revienne, qu'on revoit ce qu'est l'intérêt général. À l'aune des enjeux du 21e siècle, qui n’est certainement pas celui de 1930 ou de ou de 1887, quand il y avait la révolution industrielle qui arrivait. Donc il y a vraiment une nécessité d'être constamment connecté en fait à ce qui se passe, aussi bien en matière économique qu'en matière technologique. Et d'ailleurs, moi, c'est ce qui fait que mon parcours est jugé enfin maintenant beaucoup moins heureusement grâce à vous. Merci beaucoup. Mais il a longtemps été jugé atypique. Moi, je me souviens qu'on disait "Ah ça, tu fais des sauts de puce, tu es incasable dans une entreprise, tu as tellement fait de trucs qu’on ne sait même pas de quoi tu es experte." Mais en fait, je suis experte en saut, je suis experte en mouvement, je suis experte en manière aussi de fonctionner par analogie. Quand j'ai traversé le secteur du luxe, que j'ai traversé le secteur des médias, celui des jeux vidéo, celui d'internet ou même celui de l'entrepreneuriat, Bah tout ça m'a donné encore plus d'ouverture d'esprit. Pour comprendre qu'en fait, ce n'est pas en restant sclérosé au même endroit qu'on réussit à penser le monde de demain. En fait, ce n’est pas possible. Et au contraire, ça ne fait qu'asseoir des représentations qu'on a sur les gens, les choses et ces fameux biais cognitifs dont vous avez aussi certainement beaucoup entendu parler. Et la manière dont notre cerveau fonctionne, qui a plutôt tendance à être très système un, système 2. Je ne sais pas si vous avez, si vous êtes familier de ces notions là, mais je vous invite à. Allez découvrir notre cerveau par économie d'énergie, par exemple. Là, il fait très chaud, donc là notre cerveau il est en train d'essayer de réguler la température, la voilà. Donc il ne peut pas tout faire. Peut Être que ce que je dis, vous avez capté un mot sur 12 justement parce que on régule notre température et moi, en plus, je produis plus de chaleur parce que je suis en plus en mouvement. Donc vous imaginez la tempête que c'est dans mon dans mon cerveau. Néanmoins, en fait, notre cerveau, justement par souci d'économie d'énergie, il va avoir tendance. À garder un peu en mémoire tampon des décisions faciles à prendre parce que voilà, il est habitué et paf, il va vite. Mais quand on ne remet pas en question les cadres d'expression de ses décisions parce que le contexte a changé, on prend des mauvaises décisions. Et ça, c'est ce qu'on appelle système 2, qui va résonner par analogie et pas par facilité, par réactivité, par impulsivité. Donc on va avoir de plus en plus besoin, dans les années qui arrivent, à essayer de développer massivement notre esprit critique. Et on a aussi une chance folle dans notre grand désarroi des réseaux sociaux, c'est que mine de rien, l'accès à l'information il n’a jamais été aussi évident que depuis 15 ans, on va dire, je ne dirais pas 20 ans, mais en tout cas 15, 10, 15 ans. Donc vous avez accès à des mines d'or en termes d'informations, sans faire le dinosaure. Je me souviens quand je quand Internet a débarqué à l'e m Lyon en 98, c'était pour nous extraordinaire d'envoyer un mail. Bon, ça prenait 3 jours, mais ce n’est pas grave, on était tous contents et nos exposés, on devait les faire à la bibliothèque, dans l'Encyclopédie Universalis, avec le papier de cigarette comme page. Quand vous avez accès à vraiment une bibliothèque du monde, quand vous validez bien vos sources, évidemment. Donc votre esprit critique, il va pouvoir être dopé aussi par ça. Donc faut aussi voir le côté positif des choses dans le côté Internet. Marieke Huysentruyt Merci Elsa. Moi, je propose qu'on parle un petit peu de ça. C'est le livre que Elsa vient de publier qui s'appelle " À nos cœurs vaillants, manifeste pour une culture de l'engagement" que tu disais. Ça a pris 5 ans de gestation et puis 6 mois d'écriture quand même. Très Merci pour ce livre, c'est très lucide. C'est par moments très tristes les constats que vous faites, toujours avec un peu d'humour. C'est très drôle par moments et y a plein d'idées en fait, c'est aussi plein d'optimisme. Qu'est Ce qu'on pourrait imaginer pour que notre société valorise plus l'engagement et l'encourage plus les constats ? Je prends une qui est peut-être l'évidence pour vous, mais. Vous écrivez dans le livre que les enseignants et plein de métiers de première ligne dans l'engagement de travail pour le l'intérêt général se sentent pas valorisés. En fait, ils ne sont pas assez valorisés dans notre société. Du coup, il y a une. Injustice si tu veux. D'ailleurs, je le mot "juste" prend beaucoup de place dans votre livre je trouve. Je pense que vous avez beaucoup de sensibilité pour la justesse et l'injustice. Révolte, ça te ça se sent beaucoup et merci parce que en fait, je suis sortie avec ce de ce livre avec plein d'idées. Justement, l'acronyme Juste nous aide à mémoriser des approches. Qu'est Ce qu'on peut imaginer ? Du coup, je voudrais t'inviter un petit peu plus ce que vous les idées phares dans votre livre, vu notre audience, vu nos étudiants, et peut être parler de quelques solutions que vous voyez qu'on pourrait mettre ensemble en œuvre. Elsa Da Costa Merci peut être pour le livre, la thèse principale, c'est d'expliquer que si on ne valorise pas l'engagement au service de l'intérêt général, parce que bon, Poutine et Trump sont des gens très engagés et pas forcément dans la même vision de la société que j'ai envie de défendre. Mais si on décide de valoriser l'engagement au service de l'intérêt général, je pense qu'on a énormément de solutions pour résoudre les crises, les multicrises, les polycrises dans les dans laquelle dans lesquelles nous sommes plongés. La thèse qui se développe dans le bouquin, c'est un de dire que quand j'ai pris la tête d'Ashoka, je me suis aperçue que mon organisation n'était pas, aux yeux de la République française, reconnue d'intérêt général parce que certaines associations sont reconnues d'intérêt général, donc bénéficient de d'une fiscalité avantageuse ou de l'accès à la philanthropie, ou voilà, ou de subventions, et cetera. Donc je me suis dit, mais comment ça se fait qu'avec tout ce qu'on fait et que j'ai expliqué, on ne puisse pas être reconnu d'intérêt général ? Donc ça m'a indignée et ça m'a même sacrément agacée. Donc j'ai cherché partout la définition de l'intérêt général en me disant que ça devait être forcément sur tous les frontons des mairies. On devait savoir ce que c'était que l'intérêt général qu'on convoque du soir au matin. Eh ben, en fait, la seule définition que j'ai trouvée, c'est dans l'article 238 bis du Code des impôts. Et là, je me suis dit, ah ouais, on part quand même de loin. Parce que si on n'est pas capable en France de philosophiquement, politiquement définir l'intérêt général, mais de lui attribuer une valeur qui va être 66% de défiscalisation quand on fait un don. À une association reconnue d'intérêt général, on n'est pas sorti le cul des 11, quoi. C'est un petit peu ce que je me suis dit, ça c'était la première chose. Donc j'ai, je me suis dit, bon, OK, première étape. 2e constat, c'est que quand on parlait d'engagement, forcément on convoquait que des figures de héros. Alors l'engagé, c'est la personne qui va se devenir un martyr, qui va être dans une position sacrificielle. Bon, forcément, on n'a pas tous envie d'être dans cette posture-là, donc ça n’engage pas beaucoup justement à décider d'épouser en fait ce genre de voilà de carrière ou de vie atypique, exceptionnelle, alors qu'en fait ça devrait être un réflexe de tous les jours pour chacun. Donc, partant de ces 2 principes là, je me suis dit, si on le normalise, si ça devient un réflexe d'une société que de se dire c'est logique qu'on contribue d'une manière ou d'une autre. Eh bien, il faut que ce soit enseigné dès le plus jeune âge et à tous les âges de la vie, d'une manière ou d'une autre. Et comme je déteste les essais dans lesquels on ferme le bouquin, on trouve que tout est merveilleusement bien écrit en termes de constat, mais il n’y a pas beaucoup de solutions. Eh ben, effectivement, je j'ai 28 propositions clés en main qui paraissent assez évidentes pour certaines, d'autres un peu plus capillotractées, et néanmoins certaines sont déjà en train d'être mises en place. Alors, pour vous en livrer quelques-unes qui vont certainement vous parler. Il y en a une que j'adore et qu'on est en train de travailler avec une école de commerce notamment. C'est qu'en fait, j'étais assez révoltée parce que je suis diplômée de l'e m Lyon, comme tu l'as rappelé. J'étais assez révoltée quand je discutais avec les partenaires de l'e m Lyon, qu'on me dise, Elsa, c'est génial ce que vous faites. Ashoka, vous allez venir avec tous les entrepreneurs sociaux d'Ashoka expliquer à quel point ils sont tous formidables, merveilleux. Ils transforment la société, mais à la fin. Quand nos étudiants sortiront de l'école, et ben ils choisiront finances ou conseil. Bon, alors moi je me suis dit ce n’est pas possible en fait. Et la réalité, elle est aussi économique parce qu'il y a un grand paradoxe, c'est à dire que quand bien même vous souhaiteriez être très engagé quand vous voulez épouser une filière d'intérêt général, le différentiel de salaire de sortie il est monstrueux, il est de 20000€. Moi, quand j'embauche un diplômé bac +5 aujourd'hui chez Ashoka, c'est 35000€. Or, vous connaissez vos salaires de sortie puisque vous avez regardé les classements d'HEC, on est assez loin de la balle. Et pour autant, vous allez vouloir aussi transformer la société, en tout cas certains d'entre vous. Donc vous allez, à côté de votre travail qui va vous prendre beaucoup de temps, décider d'être engagé dans une association en étant bénévole, et vous allez avoir des dissonances cognitives super fortes qui vont s'opérer en vous disant mais à quoi ça sert tout ça ? Et derrière, pardon, je ne veux pas faire Madame Irma et prédire des choses qui n'arriveront peut-être pas. Peut-être que vous serez confronté à des difficultés aussi de santé mentale dont on parle beaucoup parce que vous allez être comme ça. Dans cette espèce de tension qui va être personnelle, et moi je ne veux pas que vous soyez dans cette tension-là, je ne veux pas. Donc je me suis dit il faut que dans chaque école de commerce on puisse créer une filière d'intérêt général, mais qui ne va pas s'arc bouter sur un dispositif spécifique avec une majeure spécifique, mais qui va faire que vous allez continuer à opérer ce que vous avez envie de faire, marketing, finance, entrepreneuriat ou que sais-je en revanche en sortie. Si certains d'entre vous souhaitent travailler pour l'intérêt général, on va se calquer sur ce qui existe déjà pour les grandes écoles du corps de l'État, c'est à dire Polytechnique, médecine militaire, c'est à dire que les étudiants sont payés sous couvert de donner x années de leurs premières années de travail à l'État, à l'intérêt général. Donc, on est en train de lancer cette filière d'intérêt général à l'E m Lyon. On en discute avec l'ESSEC, avec l'ESCP. Je suis sûre qu'on en discutera avec HEC dans les prochains temps pour faire en sorte que certains étudiants qui souhaitent consacrer les 3 premières années de leur vie professionnelle en sortie d'HEC puissent être remboursés intégralement de leurs frais de scolarité. Merci et ça. Ça c'est put*** de systémique en fait. Quand on dit qu'on transforme les leaders économiques de demain, c'est comme ça qu'on les transforme aussi. C'est en vous donnant la possibilité, pas comme une contrainte, au contraire comme un avantage. Et après, au bout de 3 ans, vous ferez bien ce que vous voudrez. Simplement, moi j'ai la conviction, nourrie parce que je l'ai vécu, qu'une fois que vous avez passé 3 ans dans un endroit qui était assez éloigné de ce que vous pensiez pouvoir faire, quand bien même vous reviendriez chez L'Oréal, chez Nexans, chez je ne sais pas qui, vous êtes chargé comme une abeille. D'un nouveau pollen en fait, qui va permettre de polliniser différemment l'entreprise et accélérer la transformation des plans d'affaires des boîtes dans lesquelles vous allez être. Donc de toute façon, tout le monde est gagnant, les boîtes qui vous accueilleront, l'association qui aura droit à des super compétences et vous parce que vous aurez vos frais de scolarité qui seront remboursés pour les 3 ans, parce que certains d'entre vous auront sûrement contracté des prêts ou quand bien même, de toute façon, c'est toujours un avantage substantiel. Donc ça, c'est une idée majeure qu'on est déjà en train de développer parce que ça a tapé dans l'œil de pas mal d'écoles. Marieke Huysentruyt Oui, j'adore. Et puis en fait, se mettre aussi un peu le les choses à l'envers parce que souvent on dit "Ben, fais d'abord le travail normal, gagne beaucoup, y a un moment, y a le « midlife crisis » qui va te taper dessus et puis vous allez changer de d'idée. En fait, ça c'est très « old school » je pense comme pensé et puis. Elsa Da Costa Mais c'est complètement old school parce que c'est ce qui m'a été rétorqué en fait à l'EM Lyon. Quand je suis arrivée, on m'a dit, mais toi Elsa, toute façon tu pouvais le faire, tu pouvais décider à 35 ans de devenir entrepreneur. Sous-entendant, tu avais tellement bien gagné ta vie. La réalité Marieke, c'est que je gagne la même chose que ce que je gagnais il y a 15 ans. C'est un choix de vie et je ne gagnais pas des 1000 et des cents. Enfin après, je n’engage pas les gens à faire ce que j'ai fait. Mais je veux dire, c'est aussi une représentation que de se dire bah en fait tu pouvais parce que tu as accumulé quelque part, tu deviens philanthrope. Non, c'est que le sens que j'avais envie de donner à mon action, à mon engagement, qui est très lié aussi à mon histoire familiale évidemment, parce que on part tous de là. Moi, je suis tombée dans la marmite, comme Obélix en fait, donc c'était logique, mais voilà. Donc je pense qu'il faut accompagner ceux qui auraient des envies et qui se sentiraient contraints et qui, encore une fois, auraient presque une orientation subie. Bah non, on va vous accompagner à avoir une orientation choisie. Marieke Huysentruyt Bon, c'est des c'est des sujets hyper importants ici. Ça touche aussi la question de l'inclusion. Est-ce que l'engagement peut être pour tout le monde, ou est-ce que c'est que pour certains qui ont les ressources, le temps, et cetera, pour s’engager du coup? Elsa Da Costa Mais tu vois une autre idée rapidement aussi, quand j'ai écrit le bouquin, je me suis aperçue en fait que les engagements dans les écoles n'étaient pas valorisés. Je prends par exemple les délégués de classe, qui a été délégué de classe. Dis donc, y a plein de gens pour les programmes à choc là, c'est bien ça. ? Donc un délégué de classe, enfin corrigez-moi si je me trompe parce que mes données sont peut-être un peu obsolètes, évidemment, n'est jamais valorisée dans son parcours, sauf éventuellement à Parcoursup où on coche une petite case dont on n’est même pas sûr que l'algorithme derrière va l'aspirer pour pouvoir vous donner une place différente en fait dans vos orientations. Et j'ai compté en France chaque année. Accrochez-vous bien, il y a 1000000 de jeunes qui sont élus délégués de classe. 1000000. Si ce n’est pas une force politique ça quand même. Et pour autant, n’y a pas de formation, n’y a pas d'aménagement de scolarité, n’y a pas de valorisation. Il n’y a pas réellement de rôle, rien n'est fait en fait pour accompagner justement ces jeunes qui auraient décidé de consacrer une part de leur temps Voilà à cette relation. Ah, ça bruisse, ça fait réagir. Le statut de délégué de classe, ça fait toujours réagir un peu. Donc ça, c'est vraiment un truc sur lequel on pourrait travailler aussi. Parce qu'imaginez la manif des délégués de classe qui veulent une reconnaissance de leur statut, imaginez-les sur les champs Élysées, même si y en a que 20%. Parce que c'est quand même plus que les députés à l'Assemblée, c'est plus que les conseillers du CESE, c'est plus que les sénateurs, c'est plus que les maires de France. 1000000. Donc voilà, là y a un grand progrès de société aussi à faire sur cette valorisation-là d'engagement déjà existant. Donc ce n’est même pas réinventer la roue. Marieke Huysentruyt Ouais, c'est puissant. En plus, j'imagine que la diversité est beaucoup plus grande que dans l'Assemblée générale auprès de du coup. Plein de bonnes idées. Je propose qu'on vous mette un peu en action et au fur et à mesure, on va écouter Elsa, tu vas pouvoir encore partager d'autres idées. Est-ce que ça vous va, Bryce ? Tu veux nous aider? On va vous poser une question, s'il vous plaît, prenez votre iPhone ou phone et vous allez voir 1qr code. On va vous demander de flasher le code. Et répondre à une question seulement. Elsa Da Costa Combien sont-ils dans la salle? Marieke Huysentruyt ? Ouais, on a fait 2. Peut être 3, on va voir. Elsa Da Costa Parce que là on a déjà 75, 83 participants. Ah oui, ça va. 300 je pense. Marieke Huysentruyt Bah bon, ils sont pas tous là je pense. Elsa Da Costa Je veux plus de cœur, trop de flamme. On a déjà assez chaud, pas de flamme. Qui galère à scanner le QR code ? Non, ça va, tout le monde a scanné. Ah non, vous attendez la question, donc? Marieke Huysentruyt Vous ne voyez pas une question? Elsa Da Costa Ça y est. Non mais je pense qu'on attendait, c'est parti. Alors la question, l'intérêt général est-il l'affaire de tous selon vous ? Donc je crois que vous avez une échelle pour vous positionner de 1 à 10 de mémoire, je crois que c'est ça Marieke. Marieke Huysentruyt Pas du tout et 10 tout à fait d'accord. Elsa Da Costa Et 5, I don't care. Marieke Huysentruyt OK. On a un peu un U, on pourrait dire. C'est très bien pour le débat. Alors, est-ce qu'il y aura deux personnes qui veulent venir ? Une personne qui a voté plutôt 1, 2, 3, plutôt faible ? D'ailleurs, il n’y a pas une bonne réponse, tout est bien. En fait, on est là pour débattre. Est-ce que quelqu'un veut peut-être expliquer pourquoi vous avez mis une note plutôt faible ? Et je cherche, on cherche aussi une personne qui a mis une note très élevée pour expliquer pourquoi. S'il vous plaît, deux volontaires. Elsa Da Costa Allez, deux volontaires, sinon. On va vous chercher. Marieke Huysentruyt Ah, merci beaucoup. Mademoiselle, au deuxième rang, venez avec nous. Etudiante Bien sûr. Marieke Huysentruyt Vous avez voté plutôt? Elsa Da Costa Alors je vous donne le voilà. Etudiante n°1 Donc moi j'avais voté plutôt 8, donc plutôt haut, mais pas totalement 10 puisque je pense que l'intérêt général est une question qui nous concerne tous. Mais ça reste quand même un privilège de pouvoir Eh bien se poser la question, Eh bien de faire des choses bien pour les autres, puisque quand on n’a pas de quoi payer ses fins de mois, ça reste tout de même une question qu'on n'a pas vraiment l'occasion de se poser finalement. Donc c'est la raison pour laquelle je pense que, en tant ici qu'étudiants qui viennent notamment de milieux privilégiés, je pense qu'on doit s'en préoccuper mais qu'il ne faut pas stigmatiser les gens qui, eux, n'ont pas la possibilité de le faire. Elsa Da Costa Merci beaucoup. Qui est plutôt sur le la première tranche entre un à de 1 à 3 et qui veut nous expliquer pourquoi? Marieke Huysentruyt Allez, bon oui, allez, c'est plus chouette. S'il y a quelqu'un qui se donne un argument, pourquoi on pourrait même nous imaginer des arguments? Elsa Da Costa Je crois que tu es contre, toi tu veux, ce n’est pas l'affaire de tous selon toi ? Non? Marieke Huysentruyt Ah bah je peux jouer ce rôle-là. Moi, je pourrais dire que en fait, c'est le gouvernement que on a voté quand même. On vit dans une démocratie et on vote. Enfin, je dis on parce que moi je ne suis pas française. Du coup, je ne peux pas voter pour les élections présidentielles, mais vous allez voter. Enfin, y a quand même un système de représentation qui donne. C'est le privilège de des élus de définir bien l'intérêt général et d’avoir des objectifs très clairs, comment on va les défendre et de sécuriser que tous les actions des grandes actions du gouvernement sont alignées avec l'intérêt général. Du coup, ça serait plutôt une raison pourquoi je pense que ce n’est pas l'intérêt de tout le monde. C’est vraiment. Et d'ailleurs, j'ai parlé de des enseignants avant, on a des métiers spécifiques qui sont leur rôle, c'est de défendre l'intérêt général. Du coup, ce n’est pas la préoccupation de tout le monde. C'était une, allez, donne. Est-ce que quelqu'un veut rajouter un autre argument dans le débat ? S'il vous plaît, ne soyez pas. Bon, ou une question, est-ce que vous voulez poser une question à nous où? Elsa Da Costa Il y a une personne, un commentaire? Etudiante n°2 Oui, on pourrait imaginer, notamment si on veut défendre la thèse opposée, que l'individualisme étant croissant dans les sociétés, on pourrait avoir un détournement de l'intérêt général et ainsi considérer que c'est une somme des intérêts individuels qui pourrait constituer le l'intérêt général et perdre cette notion de collectif. Elsa Da Costa Alors c'est brillamment résumé. Merci beaucoup, merci beaucoup. Parce que c'est bien ça le problème, c'est qu'on a tendance à penser que l'intérêt général, c'est la synthèse des intérêts particuliers. Et donc on revient sur mon histoire de Descartes qui a cru que en décomposant un petit problème, on allait résoudre le gros problème. La réalité, c'est que c'est effectivement beaucoup plus complexe que ça. Et vous avez pointé du doigt en fait un élément qui fait aussi partie du livre au départ, puisque j'ouvre sur l'allocution de Donald Trump qui explique que. Que les États-Unis soient dans l’appartiennent en fait, continuent à financer l'Unesco, ce n'est pas dans l'intérêt national. En fait, il joue aussi beaucoup sur les mots et il estime qu'en fait, ce n'est pas dans l'intérêt national des États-Unis que de contribuer à l'Unesco, dont on sait très bien que l'action est plutôt globale, et notamment au service de pays plus pauvres, plus précaires en matière d'éducation. Et donc là, vous, c'est ça revient à ce que vous disiez, c'est à dire la privatisation de l'intérêt général. Elle est réelle depuis maintenant près de 30, 40 ans en réalité, et que on observe de plus en plus l'apparition de la loi du talion, c'est à dire la loi du plus fort qui prime justement sur l'intérêt général qui lui doit se départir complètement de considérations de force, puisque, comme j'expliquais tout à l'heure, tout est en équilibre en réalité. Donc tout est interconnecté. Donc, si on décide de manière en se levant le matin qu'on va débarquer au Venezuela et puis transformer la situation géopolitique du Venezuela, ou alors en Iran, on décide aussi d'en faire son terrain de jeu, bah on voit à quel point ça déstabilise l'ensemble de l'intérêt général. Et pour revenir sur ce que vous disiez tout à l'heure concernant en fait. La possibilité ou pas, suivant le l'endroit sur lequel on est, de la branche sur laquelle nous sommes tous assis, on peut ou pas se poser la question. Vous avez raison. Bien sûr que certains, le matin, ils ne se posent pas la question de savoir s’ils ont le droit de savoir si l'intérêt général c'est aussi leur affaire. En revanche, ceux qui ont la capacité de le faire, comme vous le disiez très justement, doivent aussi penser qu'ils ont cette responsabilité-là évidemment, et c'est l'intérêt de la totalité et pas de la majorité. Et ça, c'est un élément sur lequel. Je ne démorderai pas. Marieke Huysentruyt Ouais, je est-ce qu'il y a d'autres remarques ou d'autres questions sur d'autres arguments que vous voulez poser ? Raphaëlle Gautier Merci pour l'échange autour de l'intérêt général. Est-ce que ça existe dans certaines constitutions de pays ? est-ce que cette notion elle existe ou en fait c'est elle est nulle part inscrite ? Elsa Da Costa En fait, ce qui est très quand j'ai écrit le bouquin, je suis évidemment allée regarder dans des colloques du Conseil constitutionnel ou même du Conseil d'État pour voir s'il y avait un endroit justement où ça pouvait être matérialisé. Et le Conseil d'État dit un truc qui est assez juste. Il dit en fait, l'intérêt général, c'est une notion assez plastique. En fait, elle ne peut pas être définie comme ça de manière très descendante, ce serait comme ça et pas autrement parce qu'elle doit évoluer. Au fil des enjeux, en réalité, l'intérêt général, comme je le disais, de 1880, ce n’est pas celui de 2026. Ça marche à condition qu'on se dise que notre classe politique, enfin ceux qui décident de l'intérêt général, ceux à qui on a délégué puisque je reviens, ceux à qui on a délégué, le fait de décider pour nous de ce qui était l'intérêt général, soient formés en fait aux enjeux du 21e siècle. Or, je veux dire, ne faut pas être grand clerc. Pour voir que les enjeux environnementaux, bah ils ne sont pas tellement pris en compte ces derniers temps depuis les différents gouvernements. Et je ne parle même pas de droite ou gauche depuis pas mal de temps. C'est quand même assez complexe de voir quelqu'un qui a une vraie politique ambitieuse en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Et deuxièmement, les enjeux de l'IA. Alors, si on doit sortir de la problématique politicienne que peut revêtir l'écologie, par exemple, si on prend ne serait-ce que l'IA. Enfin, honnêtement, quand vous voyez qu'il y a 2 députés qui sont présents à l'audition d'Arthur Mensch de Mistral, ça fait peur. Ça fait peur de se dire que voilà comment ils vont imaginer de penser l'intérêt général à l'aune d'une transformation technologique majeure qui va mettre à mal aussi bien les relations qu'on a les uns avec les autres, mais le travail, mais potentiellement la technologie, mais les brevets, mais l'économie, et cetera. Si on a que 2 députés qui viennent écouter ce qu'Arthur Mensch à a dire, donc. Ça pourrait marcher de se dire ne le figeons pas si notre classe politique était formée. Dernier exemple là-dessus, c'est le gouvernement. Élisabeth Borne 2 avait décidé de former ses ministres aux enjeux écologiques. Donc c'est Valérie Masson Delmotte, qui est une des personnalités rapporteuses du GIEC française, éminente scientifique, qui est allée les former 02h01 fois, voilà. Quand on voit le nombre de données d'informations, oui bah c'est flippant quand même. Oui bah et c'est la réalité. Donc c'est de la formation continue. En réalité, ce qui se passe, quand on parlait de systémie, je disais tout à l'heure, en fait, c'est de la mise à jour permanente perpétuelle, quoi, avec une surtout avec une société civile qui doit prendre le pas, aussi prendre sa part à la table des négociations avec le politique pour valoriser l'intérêt général du de la totalité des citoyens. Et je voulais rebondir sur un truc pour vous aider aussi quand on dit que c'est l'affaire de tous. Donc ça veut dire que ce n’est pas uniquement l'affaire de l'État pour les raisons que j'ai évoquées et aussi parce qu'il y a une défiance à l'endroit du politique qui est majeure depuis quelques années. Ça ne vous a pas échappé. Et que c'est aussi la raison pour laquelle les entreprises elles ont leur rôle à jouer dans la mise en place de l'intérêt général, dans en tout cas la préservation, parce qu'une entreprise elle peut soit accélérer le déploiement de l'intérêt général, soit au contraire. Faire en sorte qu'il soit complètement défaillant. Donc elle a un rôle à jouer. Donc le rôle que vous allez jouer vous dans les entreprises, il est aussi toujours en tout cas de vous poser la question sur est-ce que les actions de l'organisation dans laquelle je suis sont à en faveur de l'intérêt général ? Peut-être pas à 100% parce que chaque élément du système a un rôle très précis dans l'organisation, mais tout le monde doit y contribuer d'une manière ou d'une autre. Donc soit ce sera par la fiscalité. Bah voilà, je paye mes impôts et j'évite d'avoir 50000 niches fiscales dans ma boîte pour faire en sorte d'en payer le moins possible. Soit ça va être parce que je vais avoir des actions philanthropiques et je vais accompagner des associations qui vont opérer pour moi en délégation quelque part de l'intérêt général, soit parce que je vais avoir une politique auprès de mes salariés qui va faire que je vais accepter qu'ils s'engagent auprès de d'associations avec du mécénat de compétences une journée par mois pour certains cadres et de pas attendre d'avoir 60 ans. Et d'être en pré-retraite pour que votre DRH vous dise, vas-y Michel, c'est bon, tu peux devenir comptable dans l'association. Maintenant, on n'a plus besoin de toi parce que la réalité, c'est celle-là. Le mécénat de compétences, ça doit pouvoir être accessible quand on a 30 ans, quand on a aussi envie de contribuer, de donner ses compétences pour un champ associatif qui lui est départi de considérations lucratives ou en tout cas de considérations de transactions. En réalité, parce que notre modèle économique, il est très lié, c'est un modèle transactionnel qui valorise pas du tout. Le relationnel, pour vous donner un dernier exemple, il y a 20000000 de bénévoles en France, alors ils ne sont pas tous à 100% bien sûr, mais il y a 20000000 de bénévoles dans notre pays. L'Insee a fait le calcul, ces 20000000 de bénévoles, ça correspond à 24 milliards d'euros de PIB. Sauf qu'en fait, ce n’est jamais compté parce que ce temps passé, il n’est pas facturé, c'est du temps qui est donné. En revanche, dans le calcul du PIB de notre pays, le narcotrafic, lui, il en fait partie. Parce que là il y a une transaction, parce qu'il y a de l'argent. Bah moi je ne trouve pas ça normal. Et ça ne contribue pas non plus à déployer une culture de l'engagement, notamment aussi dans les entreprises. Parce que si elles pouvaient valoriser aussi ça de manière très claire et pas uniquement en défiscalisation, je pense que beaucoup emboîteraient le pas aussi pour contribuer à l'intérêt général. Marieke Huysentruyt Oui, et je partage peut-être vite qu’ici on travaille pas mal avec des entreprises comme Schneider Electric. Qui a défini comme 1kpi pour les 5 ans à venir, qui voudrait que 30% de leurs salariés, il y a 150000 salariés chez Schneider, 30% s'engagent. Du coup, c'est ça devient vraiment quelque chose stratégique. C'est Il y a des organisations qui sont en train de se différencier sur cet axe-là. Et peut-être on pourrait dire un mot sur les entreprises à mission qui sont aussi de. Du coup, c'est aussi un cadre juridique qui encourage les entreprises à expliciter leur engagement social. Tu veux parce que tu en parles aussi, tu veux en parler? Elsa Da Costa En fait, je suis un peu provoc dans le livre parce que je dis-moi je préfère les entreprises à conviction plutôt que les entreprises à mission. En France, on aime beaucoup avoir des nouvelles normes tous les 4 matins, donc on a créé les entreprises à mission alors que certaines n'avaient pas besoin de mettre. La mission qu'elles avaient dans leur organisation au service de l'extérieur pour déjà avoir beaucoup d'actions en leur faveur. En France, vous avez, je crois qu'il y a, je ne voudrais pas dire de bêtises, je passe, je parle sous contrôle certains d'entre vous. Il y avait à peu près 6000000 de boîtes en France et il y en a un peu plus de 2000 qui sont sociétés à mission, donc ça vous montre un peu la marche. Qu'on a à franchir quand même pour pouvoir faire en sorte que tout le monde le devienne. Et ça peut être un objet statutaire, donc ça peut être écrit dans les statuts de l'organisation. Mais ce qui est intéressant dans ce. Dans ce développement de devenir une entreprise à mission, c'est que c'est à discrétion du chef d'entreprise, que c'est consultatif avec les salariés et que c'est un comité de société à mission qui définit avec l'ensemble des collaborateurs de l'entreprise la mission. Donc, c'est y a une démarche démocratique en réalité qui est mise en place ensuite pour vérifier si oui ou non les engagements sont pris. Oui, ça existe, mais comme c'est discrétionnaire et qu'y a aucun incentive, y a aucun aucune récompense. Qui est donné aux entreprises qui décident d'emboîter le pas pour devenir société à mission ? C'est la raison pour laquelle aujourd'hui y a que 2000 entreprises en France qui le sont malgré en fait des répétitions assez fortes pour embrasser ce modèle-là. Marieke Huysentruyt Est-ce qu'il y a d'autres commentaires ? Autre remarque sur cette question, intérêt général, est-ce que c'est l'affaire de tous ? Parce que sinon on fait alors on était à 7,6 on fait juste un check. S'il y a des gens qui ont changé d'opinion en l'espace de 20 Min, est-ce que du coup hop c'est bon ? Vous avez de nouveau la question et on regardera s’il y a eu un petit changement dans vos opinions. Elsa Da Costa 7 6, ça ne bouge pas. Bon, on a moins de votants aussi, à 170, ils sont moins nombreux. Marieke Huysentruyt Les updates, vous allez le faire pendant des jours et des jours, et des semaines et des mois. En fait, l'idée c'est vraiment on s'engage dans un débat et on revisite, on revoit les croyances, les positions et c'est ça qui est chouette. Et peut-être pour la prochaine question, on verra plus de mouvement. Est-ce que vous êtes prêts pour une 2e question ? Elsa Da Costa Alors, sans reconnaître la valeur de l'engagement, peut-on encore parler de transformation économique ? Donc toujours pareil, vous êtes d'accord plutôt vers le 10, vous n'êtes pas d'accord, vous allez vers le un. Marieke Huysentruyt Compliquée celle-là, c'est moins facile, je pense, cette question. Elsa Da Costa Il va y avoir du débat. Marieke Huysentruyt C'est bien, on aura le débat. Elsa Da Costa Donc si vous êtes plutôt entre 1 et 5, ça veut dire que vous dites que non, on ne peut pas reconnaître, on ne peut pas faire de transformation économique sans reconnaître la valeur de l'engagement. Et si vous êtes plutôt en train de vous dire oui, Vous allez plutôt entre 8 et 10. C'est plus clair ou pas ? Non, pas clair. Je suis bien d'accord avec vous. Alors on va reformuler. Sans reconnaître la valeur de l'engagement dans l'entreprise, est ce qu'on peut encore parler de transformation économique de nos systèmes ? C'est mieux ou pas ? Pas du tout, toujours pas ? En gros? J'essaie. L'idée, c'est si on ne reconnaît pas la valeur de l'engagement, si on valorise. 24 milliards d'euros, 20000000 de bénévoles, c'est mieux. En gros, si on ne reconnaît pas la valeur, la valeur économique de l'engagement dans notre société. Est-ce qu'on peut encore parler d'une transformation de notre société? Marieke Huysentruyt Oui, c'est à dire toute cette valeur des bénévoles, on ne les compte pas, ce qui est le cas actuellement. Est-ce qu'on peut encore parler d'une transformation économique si on ne compte pas la valeur créée par les soins, les et cetera? Elsa Da Costa En gros, tout ce qui est bénévolat, tout ce qui est don en nature, tout ce qui est don de temps, N'est pas comptabilisé aujourd'hui comme étant un actif économique. En revanche, si demain toutes les associations s'arrêtent, je ne sais pas qui pratiquait du sport avec un une association parmi vous ou qui voilà ou une association culturelle a appris à jouer au violon ou prenait des cours de danse ou tout ça. Tout ça, ce sont des associations derrière. Si vous aviez dû payer la réalité de votre abonnement, je pense si vos parents avaient dû payer la réalité du coût de l'abonnement du cours de danse. De violon ou de basket, ça aurait été beaucoup plus que 150 ou 250€ par an. Parce qu'il y a aussi toute une toute une activité qui n'est pas quantifiée économiquement, qui pour autant permet d'avoir aussi des coûts de ce type-là. Vous voyez, est-ce que c'est plus clair ? Non, bof, pas meilleur. En gros, est-ce qu'il faut changer d'indicateur de PIB pour parler en fait de la viabilité d'une société ? Le PIB ne fonctionne que en regardant la valeur ajoutée transactionnelle et jamais la valeur ajoutée relationnelle du lien. En réalité, si on fait un, c'est ça. J'ai peut-être dit des bêtises depuis le début. Oui, oui, c'est inversé. Ouais, je pense que la réponse à cette question de votre part ne sera peut-être pas tout à fait probante en fonction de si on a bien expliqué ou pas. Donc je. Je vous prie de m'excuser au préalable. On peut regarder les réponses sur les 153 vaillants qui ont accepté de répondre. Marieke Huysentruyt Voilà, je pense que y avait beaucoup de 5 qui n'ont pas trop compris. Elsa Da Costa Non mais en fait c'est génial parce que ça prouve un truc. Et merci beaucoup d'avoir posé 4 fois la question, comme quoi on avait un peu de mal à ça prouve en fait qu'il faut qu'on explicite beaucoup mieux ce que ça veut dire. Qu'il faut qu'on soit plus audible dans le choix des mots et qu'on soit plus clair en fait aussi sur l'économie lucrative, je dirais financière. Voilà l'argent, la transaction financière et l'autre économie. Ce qui est économie, je ne sais pas si certains d'entre vous le savent, mais économie ça vient du grec et ça veut dire la gestion de la maison. Ça veut pas du tout dire les sous, c'est à dire la gestion de la maison. Et ce n’est pas la finance, c'est autre chose. La finance, c'est un moyen d'entretenir l'économie en fait, mais l'un ne se ne se substitue pas à l'autre. Donc c'est vrai qu’il faut repenser l'économie avec tous les éléments qui font partie du système économique, pas forcément ceux qui sont liés uniquement à la transaction financière. Marieke Huysentruyt Est-ce qu'il y a quelqu'un qui voudrait partager un argument ou un une pensée suite à cette ce sondage ? Etudiant n°3 Je reste à ma place ? Je vais monter. Elsa Da Costa Ah, bravo. Etudiant n°3 OK, c'est un peu impressionnant. Elsa Da Costa On est en stress tous les 2 depuis tout à l'heure, on ne dit rien, mais oui oui. Etudiant n°3 Alors du coup, moi je pense qu'on ne peut pas parler de transformation économique si on ne reconnaît pas la valeur de l'engagement. C'est quelque C'est peut-être quelque chose que vous aviez vu en bien en cours d'économie. Pas tout le monde a fait l'économie ici, mais c'est vrai que comme ça a été dit, le PIB prend en compte des choses, oublié de prendre en compte certaines choses. Bah notamment le travail domestique, ou bien l'engagement, ou bien la destruction de nos stocks de ressources naturelles. C'est pourquoi le PIB aujourd'hui ne prend pas en compte les enjeux de demain. Donc ça c'est ça, c'est ça, c'est une évidence. Maintenant, le PIB aujourd'hui est un peu est utilisé comme souvent. Comme production de richesse nationale pour établir des politiques publiques. Et c'est vrai que on ne peut pas établir des budgets enfin de d'un sens purement pratique si on ne regarde pas les ressources qui sont à notre disposition. Et aujourd'hui, le PIB est, entre guillemets, la meilleure indication pour indiquer les ressources purement financières pour le budget. Maintenant, si bien sûr on parle de richesse en tant que telle, je pense qu'il faut revoir la définition de richesse et de création de richesse. Et pour moi justement. L'engagement est une source de richesse et une source de croissance et de progrès pour une société. Et plus de progrès au sens accumulation de ressources, plus de progrès au sens de toujours de croissance inexorable, mais aussi, eh bien, de progrès humain dit humain dans les valeurs humaines. Et je pense que c'est ce qui manque aujourd'hui à la société. Je vais faire un lien avec la question précédente. Je suis un peu long, je suis désolé, mais j'ai je réfléchis beaucoup à ces à ces questions-là. Et c'est vrai que ce que je voulais dire, c'est que la société pour moi est par définition une somme d'individus. Pour autant, la direction que prend une société, justement, dépend des actions collectives et dépend justement de ce que ces individus font de manière collective. Et donc, je pense que pour une pour que la société évolue, il faut que les hommes et à tout, enfin n'importe. Enfin, ça peut être toutes les cases sociales, enfin toutes les tous les groupes sociaux. Doivent participer à ce changement, doivent s'engager à leur échelle puisque justement la société ne peut pas, ne peut pas véritablement changer si rien n'est en marche collectivement. Et c'est pourquoi je pense que si on fait l'engagement, l'engagement ou bien la protection des ressources, une source de richesse, alors oui, ça engagera une transformation sociale après une revalorisation. Des valeurs humaines et de ce qui est aujourd'hui gratuit, entre guillemets, bénévole. Merci beaucoup. Elsa Da Costa Votre prénom ? Ulysse, merci Ulysse. Alors Ulysse, on va échanger nos 06 je pense, comme avec aussi avec vous pareil, et puis avec la jeune fille aussi au fond, comme ça au moins on est tranquille. Merci beaucoup, Ulysse. Alors, j'avais envie de réagir à ce que vous venez de dire en posant la question à l'audience qui a vu les 2 films qui concernent le général de Gaulle ? Eh bien, vous n'êtes pas assez nombreux. Parce que justement, cette notion d'individu qui décide un jour que le déshonneur n'est pas acceptable, que les valeurs qu'on a défendues. Tout petits doivent être remis au goût du jour et qu'il faut lutter pour continuer à défendre ce qu'on croit être juste. On y revient franchement, je vous invite à aller le voir et je vous invite surtout à aller à bien regarder le 2e avec ce qui se passe avec le Général Leclerc et de voir ce dont est capable le Général Leclerc justement pour défendre ce qu'il estime être juste pour la patrie française. Parce qu'effectivement c'est le collectif, mais parfois on a des individus. Qui en fait ? Alors certains diront-ils sont cintrés, d'autres diront-ils sont-ils habités, d'autres diront-ils ont un niveau de ce qu'est l'honneur qui est qui trône en majesté dans leur dans leur propre triangle de valeurs. Peu importe, je pense que ça nous enjoint à nous dire qu'on est tous capables en fait de pouvoir faire quelque chose à son échelle. En fait, c'est ça en fait, c'est dans quelle mesure vous avez envie de contribuer au débat public ? Et je vais vous dire un truc, moi je suis convaincue que le débat public il va forcément s'arc bouter sur la transformation de nos cadres. De comptabilité, on en revient. Ulysse parlait du PIB, évidemment. Le PIB, c'est une notion qui date de 1930, qui était là pour évaluer la performance des politiques de New Deal sur le territoire américain après la crise de 29. Votre téléphone portable, vous le changez tous les combiens ? 2 ans ? 5 ans, OK, mais vous n’attendez pas plus de 100 ans pour le changer, on est d'accord ? Or là. On a une manière de compter l'économie, la production de richesse des pays qui date de 1930. On est en 2026, les amis, donc y a peut-être des choses qui ont changé en fait dans la manière de faire économie, dans la mondialisation, dans la libéralisation. Donc y a peut-être des choses qui font qu'on ajoute. Et Ulysse a eu la gentillesse de dire que on avait oublié de compter ce qui ne se comptait pas, ce qui était invisible. Je ne suis pas sûre que ce soit forcément un oubli. Je pense qu'il pouvait aussi y avoir une fête de toute façon, c'est tellement dévalorisé que ça n'a aucun intérêt. Et tant qu'on n'est pas capable de faire justement ces transactions, ces traductions, c'est à dire que 1 h de temps passé d'un chef de projet, de telle entreprise, d'une association, bah ça vaut tant. Bah Le bénévolat, voilà, d'un seul coup, il prend aussi une valeur financière et qui peut rentrer dans la comptabilité de notre pays. Etudiant n°4 Pardon, oui, j'avais une question enfin sur vous parlez donc de repenser les indicateurs économiques comme le PIB, mais enfin c'est plus une question, enfin c'est plus pour avoir votre opinion plus qu'autre chose. Sur comment le remplacer, par quoi le remplacer ? Enfin, pour vous, ce serait quoi la solution ? Enfin, c'est voilà, y a plusieurs, enfin y a des tableaux de bord, y a plein d'autres façons de mesurer d'autres formes de richesse comme vous le disiez. Mais je voudrais savoir, vous, qu'est-ce que vous penseriez qu'il serait possible de faire concrètement en quelque sorte? Elsa Da Costa Bah, y a déjà beaucoup de travaux en fait qui commencent à émerger et qui sont là depuis pas mal de temps. On parle de triple comptabilité pour les entreprises aujourd'hui pour justement voir les impacts directs et indirects qu'on peut avoir sur leur environnement ou sur justement le la dimension sociale de l'action d'une entreprise. Ça pourrait aussi intégrer la manière en fait de regarder les rapports d'activité des boîtes et pas simplement de les voir à l'aune de l'EBITDA, parce que c'est aujourd'hui, c'est ce qu'on regarde principalement. Y a eu évidemment la loi de vigilance qui est passée par-dessus parce qu'on a d'un seul coup battu en brèche tout ce qui était de l'ordre. Je vais peut-être parler un peu jargonneux là, donc dites-moi si vous me perdez en route. Mais on a parlé de la CSRD aussi. On avait demandé aux entreprises de regarder justement ce qu'elles produisaient en termes de d'impact positif comme négatif pour qu'elles puissent faire leur propre balance. Longtemps, on a vu ça sur la décarbonation, on a associé ça à la décarbonation, mais en fait, c'est beaucoup plus large que ça. Donc y a déjà des travaux qui sont en germe. Simplement, ça demande une telle énergie pour les entreprises de revoir complètement. En fait, c'est comme par exemple, vous venez d'acheter une maison, mais vous y croyez à fond parce que vous dites que votre maison ça va être un super endroit où tout le monde va venir. En revanche, vous en avez pour je ne sais pas combien de milliers de travaux. Bah certains vont se dire OK, je vais faire du home staging ou je vais faire 3 photos avec Claude et puis on va voir à quoi ça va ressembler, puis je vais revendre le truc, ça donnera des idées à d'autres. Et moi, je me ferai une culbute là-dessus. Ça peut aussi être une manière de fonctionner et la et donc la manière de regarder en fait la transformation, elle n’est pas toujours évidente pour le commun des mortels qui est l'être humain, c'est un être d'habitude, donc on est dans un. Et puis du coup, bah le statu quo il s'installe. Mais aujourd’hui, vous le voyez bien, le statu quo il est plus possible pour tout ce qu'on a pu observer déjà cet été, simplement ne serait-ce qu'au niveau climatique, mais aussi au niveau géopolitique. Et aussi au niveau social et aussi au niveau technologique. Donc il va falloir faire rentrer des indicateurs qui vont valoriser ce qui est invisible en réalité, et notamment tout ce tout ce relationnel ou tous les investissements ou a dette qu'on a envers la nature, par exemple, parce qu’on ne lui demande pas son avis quand on déforeste au Brésil pour derrière faire des champs de soja qui derrière vont alimenter les vaches de France, par exemple. Donc c'est tous ces impacts là qu'il va falloir qu'on quantifie au maximum pour prendre des décisions qui vont faire en sorte qu'on reste tous sur une planète qui soit habitable en fait le plus longtemps possible. Mais y a déjà des travaux qui existent. Moi, je vous invite à lire le bouquin, peut être que certains d'entre vous l'ont lu, de Timothée Parric. Ralentir ou périr, qui l'a lu ? Super, non mais c'est vachement bien. Donc lui, c'est un économiste aujourd'hui qui regarde la manière de transformer les modèles de comptabilité aussi des entreprises pour justement accompagner celles bah qui ont une contribution à l'intérêt général qui est un peu plus importante. Et tout à l'heure, Marieke, tu parlais des profs. Des profs, mais pas que les profs, les profs, les policiers, les infirmières, et cetera. C'est à dire que toutes ces premières lignes de l'intérêt général, effectivement, sont sous valorisées par rapport aux autres métiers comme le conseil, la finance, et qui sont nettement moins contributeurs à l'intérêt général que peuvent l'être ces métiers-là. Vous avez vu les annonces peut être aujourd'hui qui sont tombées. Vous avez Édouard Philippe qui dit qu'il va augmenter de 20% les profs parce qu'on arrive à la rentrée, donc on a des mesures très fortes pour les profs. La réalité, ce que je propose dans le livre, ce n’est pas tellement une augmentation, c'est que je demande qu'on revoie l'assiette fiscale de tous ceux qui contribuent à l'intérêt général. C'est à dire qu'aujourd'hui les journalistes, par exemple, je ne sais pas si vous êtes au courant de ça, mais les journalistes ont un abattement fiscal parce que à une époque, en fait, ils avançaient les frais de reportage. Donc, bah voilà, on leur permettait d'avoir une défiscalisation. Après, être journaliste, ça contribue aussi à l'État démocratique. Donc pourquoi on n’imaginerait pas d'avoir un autre barème d'imposition pour les policiers, pour les infirmières, pour justement les professeurs, de telle sorte que l'augmentation elle existe de fait parce qu'en fait ils payent moins d'impôts tout simplement. Et voilà. Et comme ça, ce serait beaucoup plus efficace. Marieke Huysentruyt Peut Être juste pour compléter, y a aussi OCDE qui travaille sur un « well being indicator », du coup un autre indicateur qui pourrait. Enfin, qui englobe beaucoup plus de dimensions de d'une économie que le PIB, du coup, qui élargit le champ. Et il y a quelques pays qui ont déjà testé ces nouveaux indicateurs. Un problème actuellement, c'est que ça demande beaucoup plus de données et ça demande en fait, ce sont des énormes projets au niveau de data. Ça c'est négatif. En même temps, peut être avec le les innovations technologiques, on va devenir plus, plus efficace à trouver les données qu'il nous faut et de en effet avoir un indicateur au niveau d'un une nation, une un pays qui est plus fiable que ce qu'on a en ce moment, qui n'élimine pas du tout une économie, qui en fait est très important pour la santé publique, qui est très important pour le bien être, la cohésion sociale, et cetera. Est-ce qu'il y avait une dernière question, je pense, ou pas, y avait une personne. Sinon, c'est très bien parce que on est un petit peu au bout de cette au bout du rouleau. Est-ce que tu veux qu'on fasse un 2e vote? Elsa Da Costa Vous voulez qu'on fasse le 2e vote ou maintenant que tout le monde a bien compris la question, on y va, allez, et tout le monde, tout le monde participe. Vous êtes 216. On aura les noms de ceux qui n'auront pas participé. Ah, ça a bougé. Marieke Huysentruyt Ah, ça a beaucoup bougé en plus. Bon, c'est bien, on a bien travaillé, bravo à Elsa, bravo. Elsa Da Costa Ben, c'est Ulysse qui a tout fait. Marieke Huysentruyt Très bien, merci. Oui, merci Ulysse, merci tout le monde. Elsa, je te laisse un dernier mot s'il vous plaît. Elsa Da Costa Ouais, moi je vais vous. Je vais conclure en vous disant que vous êtes à l'endroit où tout va se passer parce que c'est l'endroit de la transformation, vraiment, que vous allez avoir une sacrée responsabilité, mais que ça va être passionnant parce que tout est à reconstruire. Et moi, je trouve que c'est génial. Je suis tellement jalouse, vous ne pouvez pas imaginer. J'aimerais tellement être à votre place. Et me dire que tout est possible, justement, que c'est une question de timing, mais que le timing maintenant il se rétrécit fortement. Et que, avec les intelligences qui vous constituent, les énergies qui vous constituent, le parcours d'engagement et d'enseignement que vous allez avoir, franchement, vous avez toutes les clés pour transformer cette société profondément, pour devenir des entrepreneurs de premier plan qui vont penser intérêt général, pour trouver des solutions technologiques qui vont nous aider aussi, nous accompagner. À faire en sorte que notre esprit critique se développe pour faire en sorte que on ait des consommations qui soient raisonnées, qu'on comprenne les enjeux systémiques de l'énergie, de la géopolitique. Vous avez eu tout à l'heure, je crois, ou hier, quelqu'un de chez Nexans qui vous a expliqué les câbles, les 694 câbles qui sont sous la mer et qui transmettent toutes les informations qui sont la clé. Parce que 90% des informations elles transitent encore que par les câbles qui sont sous-marins et pas par les satellites d'Elon Musk. Donc vous êtes à l'endroit où vous allez découvrir tout ça et vous avez en plus des parcours qui vont vous permettre aussi de vous engager soit dans le tissu associatif de votre école. Moi, j'ai tout appris au bureau des élèves de l'EM Lyon et ce n’est pas Valérie qui dira le contraire parce qu'on était toutes les 2 il y a plus de 30 ans en campagne BDE. Moi, j'ai tout appris là-bas. Franchement, le collectif, le démarchage, vendre un projet, avoir une mission et les stages aussi vont être extrêmement formateurs. Franchement, je parie sur vous. Et je serai très mécontente, très mécontente justement que vous ne contribuez pas à votre juste part à la transformation de cette société parce que vous allez la transformer. De toute façon, on va avoir besoin de vous. Donc moi, je compte vraiment sur vous et aidez aussi. Gardez en tête ce que peut faire le tissu associatif quand vous serez soit en son sein, soit quand vous serez au sein des entreprises pour pouvoir l'accompagner au mieux. Donc merci d'avoir choisi ces carrières là parce qu'on va avoir sacrément besoin de vous. Marieke Huysentruyt Merci, Elsa pour prendre le temps. C'est la fin du module un, mais c'est le début de votre parcours. Et les mots d'Elsa vont rester avec nous et hâte de voir ce que ça va donner dans les mois, les années à venir. Bonne chance, bonne route et à bientôt. Elsa Da Costa Dernière chose, pardon. J'avais dit que je vous le dirai. Général Leclerc a dit un truc, gardez ça en tête, ne me dites pas que rien n’est impossible.