Dialogue interreligieux sur les enjeux actuels 51 % des français déclarent ne pas avoir de religion. Et pourtant, sans nul doute, 100 d'entre eux se sont déjà écharpés sur des sujets religieux. Dieu a d'abord été créateur, puis vengeur, puis bon, puis fictif. Pascal l'a qualifié de se faire infinie. Niche l'a dit mort. Voltaire a même avancé que s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer. Bref, les religions sont un sujet primordial. Alors, quel que soit votre avis, que vous soyez croyant ou non croyant, soyez les bienvenus à cette première conférence. Dache ces débat. Cette chance est unique dans un pays dans lequel joué sur les fragmentations culturelles ou religieuses semble être un passe-temps politique médiatique dans un monde belliqueux où les religions semblent kidnapper, enferrée dans les chaînes délétères du fanatisme, voire de la guerre, recevoir un catholique, un protestant, un musulman et un juif. Ce n'est pas le début d'une mauvaise blague. C'est l'espérance irrésistible qu'en prouvant que c'est possible, nous réinvention les aurores du dialogue humain et religieux en promouvant le respect et la paix entre frères dans un monde qui est avant tout la maison commune de 5 000 000 000 de croyants. Ce soir, nous avons la chance de recevoir quatre grands représentants du culte en France. Monseigneur Dominique blanchet, évêque du diocèse de créteil ordonné prêtre en 1999. Vous êtes également vice président de la conférence des évêques de France. Votre devise met à joie dans le seigneur rm corsia, aumônier de l'école polytechnique grand rabbin de France. Depuis 2014, ancienne aumônier en chef du culte israélite des armées, vous avez publié en 2020 votre livre réinventé les aurores, un plaidoyer pour la république Christian krieger, président de la fédération protestante de France depuis 2022, ordonné pasteur en 1995. Vous avez également présidé la conférence des églises européennes de 2018 à 2023. Enfin, schem recteur de la grande mosquée de paris, avocat de profession. Vous avez plusieurs fois plaidé aux assises et êtes désormais membre de la commission nationale consultative des droits de l'homme. Soyez tous les quatre les bienvenus et merci. Coeur de votre HC débat est fier de commencer son cycle de conférences par un tel échange qui fait honneur à sa devise élever le débat et l'ouvrir à tous. Devise éminemment humaine et mondiale. S'il en est puisqu'en ce moment, à quelque 10 zéro kilomètres d'ici, les représentants indonésiens de l'islam, du protestantisme, du catholicisme, du bouddhisme, de l'hindouisme et du confucianisme, rencontrent le pape et appelle tous à la concorde notre campus si divers. Et internationale doit s'inspirer de cette entente fraternelle. L'exercice de nos responsabilités humaines, de cohésion et de respect ne commence pas dans notre vie professionnelle, mais ici et maintenant. Saisissons donc cette chance d'enrichissement interreligieux et faisons la fructifier. Je laisse la parole à Pauline à et à nos invités et je vous souhaite une excellente conférence à tous. Bonsoir à tous les quatre. Merci d'avoir accepté notre invitation et d'être venu sur le campus de chaussée. Bonsoir, cher public et bonsoir à ceux qui nous suivent par la diffusion en direct. Ce soir, nous allons aborder quatre thèmes, la place de la religion dans la société, le concept de laïcité, le dialogue interreligieux et enfin le rôle de la religion dans la géopolitique. Mais pour commencer, pourriez vous décrire chacun à votre tour. En quelques mots, la religion que vous représentez aujourd'hui. En quelques mots comme moi, bien sûr, c'est moi qui, m. École, moi, je représente le judaïsme, mais comme une forme d'humanisme. Et j'ai aimé la formulation 5 000 000 000 et demi de croyants, mais on peut dire, l'ensemble de l'humanité porte une espérance. Le judaïsme a été la première façon. D'ancrer l'homme et la femme dans une histoire, une histoire qui débute avec la création du monde et la responsabilité de l'humain sur cette terre. Donc c'est quelque chose de très contemporain. Ça s'est incarné dans le moment ou dieu donne sur le mont sin des règles à l'homme. Ça s'appelle les tables de la loi sur le mon sin. Et ensuite ça codifie à la fois les rapports qu'on a avec dieu, mais surtout le rapport qu'on avec avec les autres. Et pour résumer, ju en un mot, c'est occupe toi des autres avant de t'occuper dieu, ou plutôt la qualité de ta relation avec dieu dépend de la qualité de ton lien avec les autres. Il et quand je l'ai dit pour la synthèse et présenter les chrétiens, je le fais à côté de mon frère Christian. Le christianisme vient de Christ, le messie, c'est dire qu'on est vraiment nos grands frères dans la foi. Ce sont, ce sont nos frères et sœurs juifs. Et nous sommes issus du judaïsme. Jésus était juif et il a été reconnu comme le messie par les premiers chrétiens parce qu'il s'est manifesté ressuscité et ressuscité vivant après la mort. Après la passion, il était passé dans les villages, il a saisi les foules, il a fait du bien, il a, il a, il a donné une espérance spécifique. Il parlait, il parlait de son père de dieu, son père et les premiers chrétiens, le croyant en sa résurrection, en sa vie après la mort, ont dû ont dû approfondir la théologie de dieu unique en percevant de la relation en dieu, père, fils, esprit. C'est ainsi que l'église est née et est entrée dans le sillage et la suite de mettant en pratique l'enseignement de Jésus, mais sous la conduite d'une vie cherchée qui est celle de l'esprit saint, l'esprit de dieu à la fois dans le cœur de l'homme de l'homme de bonne volonté aussi de façon très large. Ce n'est pas simplement le croyant, mais un esprit qui nous conduit. Voilà. Bonsoir, bonsoir à chacun et à chacune. Alors le protestantisme, c'est toujours difficile de se présenter parce qu'on se présente par démarcation alors qu'on est tout d'abord chrétien, mais c'est une variante du christianisme. Alors par démarcation, on pourrait dire c'est une variante moins cléricale de christianisme puisqu'il n'y a pas de magister. C'est plutôt un archipel d'églises qui se construisent à partir de la base. C'est un christianisme bottom up si vous voulez, il n'y a pas de magister. Ensuite, c'est souvent, on dit que c'est une religion de livres. Vous avez ici les religions de livres. J'aime à dire que, en tout cas, le protestantisme est beaucoup plus une religion de l'étude et la spiritualité, elle est née, elle est la traduction, en fait de la renaissance et de l'humanisme dans le christianisme, elle est la conséquence. La renaissance et de l'humanisme dans le christianisme peut être vous dire aussi que quand je parle d'une variante du christianisme, c'est à dire n'ayant pas de magister, elle se construit autour de d'une gouvernance collégiale de l'église. C'est une démarcation par rapport au rôle que joue le pape dans le catholicisme. Elle se construit autour d'une gouvernance aussi avec des demandes à terme. Ce n'est pas une démocratie pour autant, puisqu'il y a beaucoup de discernement pour choisir des personnes qui occupent un certain nombre de fonctions, trois principes théologiques guide en fait le protestantisme. Le premier, c'est l'affirmation du salut gratuit. C'est à dire que de la bienveillance de dieu envers tout être humain. La deuxième, c'est que l'appel à vivre cette bienveillance ou accueillir sa bienveillance comme une confiance en so, l'avenir peut être qu'on en parlera tout à l'heure par rapport à tout aux thématiques. Et la troisième qui fait écho à l'humanisme, c'est l'autorité de l'écriture en matière de foi et d'organisations de vie ecclésiale. Ensuite, je dirais encore une dernière phrase, le protestantisme, puisque c'est du bottom up, c'est une un grand archipel de sensibilité avec des familles qui parfois sont en débat, parfois en débat fraternel vigoureux les unes avec les autres. Donc on construit en fait une unité et ce n'est pas simple. Alors que finalement la diversité existe aussi au sein du catholicisme, mais elle existe sous le magister de l'évêque de Rome et. Vous comprendrez quand je prends la parole, le dernier, c'est que l'islam chronologiquement, et le troisième grand mouvement monothéiste après le judaïsme et le christianisme, effectivement, au viie siècle. Donc le Coran, la parole divine a été transmise au prophète de l'islam par le biais de l'ange Gabriel, la particularité de l'islam. C'est un monot, un monothéisme absolu. Dieu est unique et indivisible dans le Coran. Si vous avez la possibilité de tourner quelques pages de ce livre saint d'abord, premièrement, il reconnaît la divinité des autres livres sacrés du judaïsme et du christianisme. Et surtout, il reconnaît les prophètes juifs et les prophètes chrétiens qui sont cités dans le courant. Il y a dans cette religion qui est assez méconnue aujourd'hui en occident, parce qu'on la voit sous le prisme, notamment du terrorisme. Mais l'islam est une religion qui est basée sur ce qu'on appelle les cinq piliers de l'islam. C'est à dire l'attestation de foi la dit en arabe, il n'y a de dieu que dieu et Mahomet, son prophète. Il y a également quatre autres obligations qui sont. La prière. Nous avons cinq prières quotidiennes et la prière collective du vendredi. Nous avons également ce qu'on appelle la zaque, la zaque. C'est l'impôt légal pour purifier nos biens. Nous devons payer une certaine somme chaque année. Nous avons également le jeune aujourd'hui qui est peut être un des piliers les plus connus. C'est le ramadan. Donc un mois par an pendant 29 ou 30 jours en fonction du calendrier lunaire, nous jons pendant 29 ou 30 jours. Et le dernier, on abordera, peut être aussi cette question puisque j'ai vu, on va parler de pèlerinage. Donc le pèlerinage et le cinquième pilier de l'islam qui doit être effectué par tout fidèle musulman lorsqu'il a les capacités à la fois physiques et financières pour aller donc à la maison de dieu, donc à la Mecque pour faire son pèlerinage. Je terminerai par un seul point. Il y a dit a dit ce sont les dits du prophète ou son comportement. Il rappelle et il dit aux musulmans vous m'aimez vous devez m'aimer. Mais n'oubliez pas d'aimer à mes côtés Moïse et Jésus. Merci beaucoup. Nous avons donc pouvoir passer au premier thème sur la place de la religion dans la société, en commençant par cette question, puisque le 2 novembre dernier, vous avez publié une tribune dans le Figaro à l'occasion de l'examen de la loi sur la fin de vie qui a depuis été ajournée par la dissolution de l'assemblée nationale. Et vous avez écrit ensemble, malgré nos différences pour nous tous, le suicide assisté et l'état nazi touche à un interdit fondateur, celui de donner la mort et les légaliser affaibliraient cet interdit. Vous avez ensuite été reçu par la commission spéciale de l'assemblée nationale chargée d'examiner cette question. Dès lors se pose la question, pourquoi les religions devraient elles prendre part au débat lors de l'élaboration des lois lorsqu'il s'agit de questions de société. Je peux peut être prendre la parole. Nous avons tous ensemble conscience que globalement, les les cultes ou les fidèles ne représentent pas la moitié de la population française. Et donc les cultes n'ont pas à écrire la loi et aucun de nous ne prétend dictées la plume du législateur. Donc, là dessus, nous sommes très, très clairs. En même temps, nous sommes tout aussi conscients que les religions sont une composante de la société française et que chacune est adossée un référentiel de valeurs, de spiritualité, de valeurs humanistes. Tu les a évoqué tout à l'heure et on ne verrait pas pour quelles raisons finalement, ce référentiel ne participe pas au débat public. Et c'est à ce titre là que nous tenons dans un pays laïque. Nous contestons pas du tout la laïcité à participer au débat. La plupart d'entre nous, en tout cas. Pour moi, c'est très, très clair dans le débat sur la fin de vie, nous n'avons pas n pas contribué en terme de interdit autorisé pour contre, avec des des contributions binaires. En fait, ce qui nous tenait à cœur, c'est de lever les enjeux sociétaux et anthropologiques profonds. Derrière la question posée, alors ça pouvait résulter à une réserve, une opposition, etc. Mais la plupart du temps, nous n'avons pas parlé de cet un péché, c'est interdit, etc. On a essayé de montrer ou résidaient les réels enjeux de cette question. Et donc c'est à ce titre là que nous sommes très sensibles, en fait, à la place qui nous est faite dans ce débat. Et nous nous bag en fait pour pouvoir exprimer notre notre point de vue sous cet angle, pour ajouter sur ce que disait le pasteur, qui est très juste, la question est ambiguë parce que la question qui pose c'est pourquoi vous la ramener, pourquoi vous parlez et moi je te pose la question. Il paraît que la spécialité des rabbins c'est quand on leur pose une question, ils posent une question. C'est pourquoi je parlerai pas. Dis moi pourquoi je parlerai pas mon jeu au sens de nous? Pourquoi nous ne parlerions pas? Parce que c'est une république laïque. Bravo. Bravo, d'a Pauline. Donc c'est une république laïque. C'est à dire revenons sur ce qu'elle a laïcité, même si on doit l'aborder plus tard, c'est à dire une république qui garantit un la liberté de pratique du culte et deux qui garantissent sa neutralité. Donc nous ce qu'on dit et le pasteur vous l'a dit, il absolument raison. On a débattu entre nous. Nous n'avons jamais donné un argument spirituel, jamais. On a dit tu vas aller crever un enfer. Tu vas machin, jamais dit ça. On a dit simplement comment construire une société de confiance. C'était presque sociologique. Comment bâtir une société de confiance si quand vous vous pointez à l'hôpital, vous ne savez pas si le médecin x y pique ou le médecin i y pique pas. Et brusquement, vous devriez choisir briser en fait le saut de confiance dans le système sanitaire, le système de soins, les hommes et les femmes qui assurent ses soins, celles et ceux qu'on a applaudi pendant le COVID. Brusquement, il a eu un élan de méfiance et on a dit, parce que nous sommes dans une république laïque, on veut pouvoir exprimer ce qu'on croit et qu'on accepte que le législateur n'en tienne pas compte moment qui l'entendent, qui ne disent pas, vous n'êtes pas en droit d'exprimer. On exprime comme 250 associations qui peuvent exprimer ce qu'elles veulent. Et nous, on exprime quelque chose qui se fonde non pas uniquement sur nos textes religieux, mais sur ma pratique, sans vouloir faire du benchmark. Enfin, 1300 ans d'expérience 2000 ans pour vous 3584 pour moi, bon, c'est un j un peu d'avance, mais c'est normal. Mais donc sur le principe de cette question, qui est une très bonne question en réalité, mais on s'exprime pourquoi on s'exprime parce que l'etat ne peut pas être schizophrène. Or, l'etat nomme dans le conseil national d'éthique. Un représentant de chacun de nos cultes plus un représentant des obédiences maçonniques plus un représentant des philosophies. Et donc l'etat ne pourrait pas dire dans le conseil national d'éthique et dans la commission consultative nationale des droits de l'homme là vous avez le droit d'être représenté. Mais quand on construit la loi, comme tous les citoyens, vous êtes les seuls citoyens à ne pas avoir le droit de vous exprimer. Donc on s'est exprimé en acceptant qu'on détruise nos arguments et ça a été le cas. Tu as parlé de la commission sénatoriale ou parlementaire. Ça a été comment je dirais engagé vigoureux tu, mais ils disent et on dit donc il y a des fois de l'illogisme, il y a des fois de la logique et on entend, tu sais quoi? J'entends même les questions, mais notre argument, en tout cas, le mien, a été très simple, c'est de dire, on entend ce qu'on dit après, c'est aux législateur de j dire faire son miel, c'est à dire de prendre des arguments, de les tordre, de les intégrer dans une pensée collective. C'est ça une république laïque qui laisse la place au débat et à l'expression de chacun de chacune. Monseigneur juste quelques quelques petits éléments aussi parce que moi, je me suis formulé de la même question aussi en voyant le pourquoi je me suis, j'ai répondu pourquoi pas? Pourquoi ne pas prendre la parole? Qu'est ce qui empêche en fait ce que merci au rabbin corsier d'avoir donné cette réponse qui est assez, qui est clair, mais je pense qu'il y a aussi un autre élément qui, du coup savez, quand il y a une diversité dans une société, chacun a son référentiel tout à l'heure, on en a parlé, chacun a son référentiel et quelque part un art de vivre une sagesse par rapport à ce référentiel. Et c'est toujours bon de pouvoir aller le chercher d'échanger nous. On a quand même un référentiel commun pour nous qui nous qui nous dit que notre vie, nous ne la sommes pas donnés à nous mêmes. Elle est un cadeau. Et c'est pour ça que on envisage pas de supprimer que la vie puisse être supprimée de notre propre autorité. Elle est un don. Et lorsque nous recevons la vie comme cela, comme un postulat effectivement qu'on peut débattre, eh bien, nous sommes obligés, on ne peut pas faire autrement que de chercher des ressources. Pour pouvoir vivre et vivre jusqu'à la fin de notre vie jusqu'à jusqu'à la mort avec ce que nous avons de capacité pour la fraternité, y compris notamment auprès des plus pauvres. Et je pense que dans notre engagement, il y a aussi la question de la défense des plus pauvres qui qui ne pourraient pas s'exprimer et pouvoir dire que leur vie, et ils là, ils l'aperçoivent, ils la reçoivent comme un don comme un cadeau. Ça, je pense, c'est des ressources honnêtement que nos religions avec bien d'autres qui pensent aussi la vie comme étant un don. Eh bien, nous pouvons, nous pouvons apporter avec une tradition de pensée derrière les années c. Il y a vraiment une tradition de pensée, de philosophie avec laquelle on peut discuter. Et lorsqu'on peut la mettre en dialogue, je pense que chacun progresse. Et moi je voulais rajouter pour dire que les religions sont partie intégrantes de la société et en même temps porte des valeurs universelles dans cette question aussi importante. Et effectivement, on n'a pas abordé les questions théologiques qu'on n'a pas mis en avant les positions que nous pouvions avoir en islam. Le suicide est interdit. Il y a, il y a un verseé coranique extrêmement clair là dessus, mais j'en ai pas fait mon cheval de bataille. Au contraire, on a essayé d'avancer sur des questions de valeur. C'est à dire la fin de vie. Nécessite quelque part une valeur, c'est la dignité de la personne. On a parlé également, notamment du côté je dirais d'environnement. On a, on a évoqué la question de ce tête à tête dont tu parlais, qui pique et qui pique pas du patient et du médecin. Et on a dit que la famille l'aumônier, que la personne qui est en train de vivre ces derniers moments, il doit être accompagné. Donc, ce sont des éléments qui ne vont pas en contradiction par rapport aux interrogations de la société, bien au contraire. Et donc, effectivement, ça a été des débats importants parce que effectivement, quand on nous a vus arriver, on s'est beaucoup imaginé que les religions allaient être un peu, je dirais ceux qui vont empêcher de tourner en rond la machine. Alors ça n'a pas été du tout le cas. On a eu, il y a eu la réunion avec au niveau du conseil économique et social, les 180 citoyens qui avait été désigné. On a eu des rencontres avec le président de la république, avec le ministre de la santé, etc, pour essayer de donner des positions, mais pas du tout théologique. Merci de nous avoir éclairé sur le sujet. Maintenant, on va parler de la place des femmes dans la société, dans les religions, parce que certaines voix s'imposent en France en cherchant à redéfinir la place de la femme dans la pratique religieuse, à la manière de delphine oriller ou de kaïa baul. Donc, La question, c'est quelles évolution de la place des femmes dans les cultes? Pouvez vous imaginer dans les décennies à venir? Moi, j'ai écrit un livre. Il y avait un chapitre qui s'appelait la femme et l'avenir de l'islam. Pourquoi j'en parle? Parce qu'effectivement on considère que l'islam est une religion misogyne bon, ce qui est totalement faux. Donc j'ai voulu argumenter pour dire que la femme est de l'homme dans la religion musulmane. Alors quand vous parlez de ces deux dames, l'une qui est rabbin et l'autre qui se dit imam là aussi, la question est un peu, je dirais ambiguë, parce qu'effectivement dans la religion musulmane, je laisserai le grand rabbin parler pour delphine, mais moi concernant kaïa beul que je connais qui vient régulièrement à la mosquée aujourd'hui dans l'islam, je dirais sunnites orthodoxes. Nous n'avons pas encore cette évolution pour laisser une femme monter sur le minbar, le minbar. C'est le lieu d là. L'imam fait son prêche le vendredi, mais en même temps, nous savons ce qu'on appelle les mou. Ce sont des femmes qui effectuent les mêmes études théologiques que les imams qui ont les mêmes responsabilités, les mêmes obligations que l'imam. Avec une formation égale, mais qui, pour des raisons historiques, n'ont pas la capacité de pouvoir diriger la prière. Alors j'espère que ça va évoluer. Mais pour le moment, dans le monde entier, je crois qu'on a quatre ou cinq femmes qui se sont déclarées imam et ça pose véritablement un problème. Je crois que la question elle se pose sur le plan social. Quel est le rôle de la femme dans la société musulmane, par exemple? Et moi, je considère qu'aujourd'hui, je l'ai dit, j'ai fait, il n'y a pas très longtemps, un cd sur les femmes musulmanes à travers les 1300 1400 ne m'enlève pas 100 ans. Donc donc ces femmes merveilleuses, parce que l'islam, à chaque fois ou la société musulmane, était la plus élevée en termes de civilisation, etc. C'étaient les femmes qui étaient très présentées lorsque la société musulmane s'est recroquevillé sur elles mêmes les femmes ont disparu. C'est pour ça que je dis aujourd'hui, notamment en occident, en France, la femme. Oui, c'est le curseur pour moi de l'évolution d'une société et si elle disparaît à l'intérieur de la société, je trouve que c'est alarmant. Il faut tirer la s sonnette d'alla oui, mais pardon pour j'ai, j'ai pensé poitiers plutôt que gir, mais c'est pas grave. T'en fais pas. Voilà bi. Alors sur le jeme, ce n'est pas historiquement. Ah bon. Et j'aime bien le symbole. J'aime bien le symbole, pas. Mais 732, ça me plaît bien. J'aime bien le symbole, mais bon, tu fais comme tu mais tu as raison. 1400, je te les accorde volontiers. C'est une fausse question. Tu me parle de delphine en ville. C'était mon élève. Quand j'étais rabbin reims, elle était à épernay et je suis très fière de ce qu'elle fait. Ce qu'elle dit. Elle le dit très bien, le fait très bien chez nous rabbins, ça veut dire enseignants et on doit appeler enseignants. Quiconque nous apprend une seule chose, c'est à dire, on doit reconnaître que, comme le dit les maximes des pairs, quel est le sage? C'est qui apprend de toute personne. Donc je ne faut pas pourquoi on considérait qu'une telle ou un tel serait plus ou moins capable d'enseigner, d'apprendre quelque chose aux autres. Mais globalement, je te donne raison pour cette question parce que la place des femmes se définit un peu comme celle qu'elles obtiennent dans la société. Et comme les religions sont plutôt un peu réfractaires, elles sont un peu de retard, mais moi par je remercie infiniment les protestants parce que dans la tribune là, c'est vrai que c'est mieux s'il y avait une femme. Et en général, on la prend chez les protestants parce qu'ils ont des pasteurs. Je appelle des pastorates, donc c'est formidable. Et eux, ils ont des sœurs. Donc c'est formidable aussi chez les catholiques. Donc c'est vrai qu'en terme de diversité aujourd'hui, c'est toujours génome pour moi d'avoir une tribune. Composé que d'heureusement tu assures une touche féminine formidable, mais sur le principe des représentants de religion, c'est vrai. Mais en même temps, personne n'empêche même pour le judaïsme, d'avoir quelqu'un qui représenterait le judaïsme sans un Rabin, par exemple, au conseil national du sida. C'était le premier truc ou je devais nommer quelqu'un. J'ai nommé une femme parce que je n'y ai pas marqué dans la bible qu'il faut qu conseil national du sida ce soit un rabbin j. J'ai mis une femme qui, une professeur qui connaît le Talmud et la bible probabl mieux que moi et et qui est très forte. Donc, la question de la représentation et de la place et de l'expression des femmes me semble importante. Dans mes activités de grand main de France, j'ai toujours poussé les femmes à prendre des responsabilités dans l'organisation des communautés. C'est à dire, présidente de communautés de présidente de régions. Et par exemple, la grande motte à synagogue de la grande motte a été victime incendie et la police était formidable de réactivité. La présidente, c'est une femme, c'est une femme, mais qui a été formidable. Elle a moi, je l'ai eu le samedi soir. C'est samedi matin. Samedi soir après le chabbat, j'ai pu lui parler. Elle a elle, elle a tenu bon. Elle a prévenu tout le monde, elle organisé la continuité des activités. Bref, les qualités des hommes ou des femmes sont complémentaires. Donc je ne veux pas pourquoi, dans la gestion des cultes, il n'en irait pas. De même sur le côté spirituel. Il y a des limites qu'on s'impose dans la vision qui est la mienne du disme, qui est un disme orthodoxe. Delphine en ville est un rabbin du courant libéral. Mais enfin, il y a déjà assez de bagarres contre nous pour que je me mette pas à dire du mal d'autres courant chez nous toi, c'est bon. Donc c'est formidable. Les filles, les femmes doivent prendre leur place dans la gestion des communautés dans la vie quotidienne des communautés parce que c'est le mouvement du monde et c'est un très bon mouvement. Et le pape, là justement, le pape a fait des modifications très, très importantes de ces derniers temps en nommant comme responsable des 10 casters à Rome au saint-siège, qui sont un peu comme comme des ministères des femmes, ce qui est vraiment tout à fait nouveau jusqu'à maintenant. C'est toujours non seulement des hommes et c'était aussi des cardinaux aujourd'hui, ce sont des femmes. Et donc la question qui se pose pour nous catholique, c'est la question de l'ordination des femmes parce que en terme de responsabilité, honnêtement, moi, j'ai dans mon conseil épiscopal, j'ai trois femmes et trois hommes, mais je ne l'ai pas fait exprès. Je n'ai pas cherché la parité. J'ai cherché la compétence, le bon conseil. Et en fait, je vois autour de moi dans la conduite puisqu, il y a la question de la responsabilité et sans doute plus de femmes que d'hommes. Mais ce qu'on donne à voir dans le culte, c'est que c'est que des hommes, un peu comme un peu comme missiles. C'est à dire que quand, quand vous, quand vous assistez à une messe catholique, une célébration catholique, il n'y a que des hommes dans le cœur. Il y a parfois des femmes pour les lectures et tout, mais c'est quand même très masculin. Et donc on donne à voir quelque chose qui ne correspond pas tout à fait à la réalité. Le pape a commencé en donnant à voir autre chose et nous invite à pouvoir sans la question. Il y a la question de l'ordination, qui est une question difficile. Je pense qu'il rejoint un peu celle celle que disait shaline ou la vôtre, qui est une question sur laquelle il va falloir continuer à comprendre ce que cela nous dit, mais en terme de responsabilité, honnêtement, il y a beaucoup de femmes en responsabilité très importantes et qui portent une vraie délégation. Ce n'est pas ce pas une délégation mineure. Moi, j'ai vraiment, j'ai plus de femmes déléguées épiscopales que d'hommes dans mon diocèse. Ça reste un travail dans l'ombre et il a fait, elle ne sont pas dans l'ombre. Il y a moins de reconnaissance que elles ne sont pas dans l'ombre, mais c'est moins public que les célébrations. Sous souvent nous, les prêtres, je pense que les pasteurs ont moins ce problème. Là, on a l'impression qu'on est un peu au travail que quand on est quand on est en aube, mais en fait, c'est vraiment très mineur dans notre, dans notre temps. Le fait d'être en autre. C'est pour pour moi, c'est une demi heure par jour, mais je, je ne suis pas en activité qu'une demi heure par jour, toute cette autre part, les 23 h 30 autres et pas les 23 h les 15 h 30 autres. Eh, c'est vraiment partagé et même plutôt féminin. C'est un peu le paradoxe sur lequel nous il faut qu'on travaille effectivement. Alors effectivement, pour le protestantisme, je crois que je ne crois pas. Je suis même certain que la première femme pasteur a été consacrée en 1930, aura bientôt un centenaire au niveau de la fédération protestante de France. D'ailleurs, c'est une alsacienne tout à dire si en 23 en 23 en 30 30 par tout à fait ce qu'il est de Strasbourg, au niveau de la fédération protestante de France, il est évident que nous avons une grande vigilance sur la constitution des différents collèges et on vise en fait une parité des genres. Donc, effectivement, je trouve que je suis président, mais j'ai deux vice présidente, la différence pour embêter un tout petit peu puisqu'on a, on parle de fraternité, parfois vigoureuse. La différence effectivement dans le protestantisme, c'est que les femmes acceptent tout naturellement non seulement aux fonctions de gouvernance. L'eglise protestante de France à une femme présidente, mais elle accèdent aussi à la fonction d'autorité spirituelle et d'autorité religieuse. Et c'est là que se situe en fait la réelle différence. Nous ne différencia pas entre l'une et l'autre fonction peut être parce que pour le dire sur un mot un peu rapide, le pastorat est principalement une fonction, même si elle touche spirituelle au sein de la communauté et elle, elle, elle exige en fait une formation. Et donc il n'y a aucune différence de genre à faire pour accéder à cette fonction. Merci beaucoup pour toutes ces réponses. Maintenant, nous aime, aimerions parler avec vous d'une notion qui est très débattue en France, celle de la laïcité et en particulier la laïcité à la française. M. Pourriez vous nous donner chacun votre tour ou pas d'ailleurs, parce que pour qu'on garde le tempo, votre définition de la laïcité et de la laïcité à la française, de ce qu'elle doit être et de ce qu'elle ne devrait pas être fait. Moi, j'ai déjà fait moi, j'ai déjà dit mais je rajoute une seule phrase. Donc je vous ai dit neutralité de l'état et liberté de pratique religieuse. Je rajoute, ne confondons jamais laïcité et athéisme laïcité. C'est les toutes les religions peuvent s'exprimer avec comme limite la liberté des autres et la liberté de l'etat. L'athéisme, c'est aucune religion. Et malheureusement, beaucoup de gens confondent l'un et l'autre. Or la république est laïque, elle n'est pas athée. Voilà. Moi, je vais bien vous donner une clé parce que quand j'étais européen, je devais expliquer la laïcité au niveau européen et personne n'y comprenait rien. Et en fait, en fait, j'ai expliqué la chose suivante que la laïcité est en fait le fruit de trois mouvements qui ont eu un objectif commun alors qu'ils avaient une finalité différente. Vous avez d'un côté, les enfants des lumières dont la finalité c'était l'émancipation par rapport aux religieux, connaissait les lumières, les catholiques, voilà, non. Après la deuxième bout, c'est les anti cléricaux, dont la finalité. C'était limitée, l'influence de l'eglise catholique sur l'état. Et le troisième mouvement a été notamment porté par les protestants. Et aujourd'hui, je crois que tous mes copains l'ont rejoint. C'était donc la finalité, c'est la liberté religieuse en France. Et en fait, on a obtenu la laïcité entre temps, les anticle Rico se manifestent plus, mais les héritiers des lumières et finalement cette position, un peu de liberté religieuse continuent être en débat dans notre société. Donc, pour nous, c'est très, très clair. La laïcité, c'est un principe de liberté religieuse et de liberté d'expression religieuse, parce que finalement on ne va pas contrôler ce que les gens croient, mais dès qu'il commencent à pratiquer une religieuse religion, ça devient compliqué. Donc, c'est un principe de liberté religieuse par le moyen de la neutralité de l'état et de la séparation lors de l'église aujourd'hui, des religions et de l'état. Donc, c'est très, très clair. Je me parle beaucoup pour que la laïcité ne soit pas une une idéologie ou une crypto religion accrochée comme quatrième th de la devise républicaine, parce que ce n'est pas ça, ce n'est pas ça. C'est un principe de liberté et la loi séparatisme, confortant le respect des principes de la république pour moi ou pour les protestants, même pour nous, dévoie ce principe de liberté puisqu'elle crée une culture du contrôle des religions et une culture du soupçon à l'égard du religieux. Et nous pensons que c'est vraiment cet effet. Là est un effet dommageable. Donc je souligne vraiment, d'ailleurs, c'est un protestant Ferdinand buisson qui a présidé la commission de l'assemblée nationale à l'époque et qui a rédigé ce projet de loi. Donc on n'a pas d'opposition à la laïcité, mais on a une compréhension très, très claire loi de liberté religieuse garantie par l'état et la république. Moi, je voudrais dire que pour les musulmans, en tout cas ici en France, la question de la laïcité, ce principe pour nous, la laïcité est vraiment une chance pour l'islam. L'islam, c'est la dernière religion à s'être assise à la table de la république. Il faut dire que c'était au début des années 2000 que l'islam s'est. C'est constitué, organisé, etc. Et ce qui est important, c'est d'abord l'égalité entre nous, parce qu'il faut rappeler quand même que la France fille aînée de l'eglise, s'il n'y avait pas eu la loi de 1905, pour que je sois nommé recteur, la grande mosquée de paris, on aurait dû demander la vie de l'archevêque de paris. Alors qu'aujourd'hui je suis à la tête d'une association parce que j'ai été élu par mes pères. La difficulté aujourd'hui, à mon avis, de cette notion de laïcité, ce n'est pas de revenir au texte. Le problème, c'est qu'aujourd'hui les français, on a l'habitude de ne pas connaître le texte, mais de l'interpréter, de le commenter sans véritablement le connaître. Et aujourd'hui, je crois que depuis une dizaine d'années, en tout cas, certains politiques, certains partis politiques ont utilisé la laïcité pour s'attaquer, notamment à l'islam, en disant que tout était interdit. Alors qu'en fait, on parle de liberté. Oui, il y a une liberté religieuse qui est affirmée. Et donc la laïcité véritablement pour moi, c'est une chance pour nous tous. On est là, assis ensemble et c'est important, c'est important d'en débattre. Et je crois qu'il faut rester dans cette, dans cette logique, parce que la laïcité permet d'être ici devant vous, etc. Donc il y a vraiment un acquis. Et je voudrais parler effectivement, quand le grand rabbin dit que la laïcité, c'est pas l'athéisme, le problème que nous avons nous, en tant que musulmans, l'islam vient notamment des pays arabes. Et aujourd'hui, le terme laïcité dans tous les pays arabes aujourd'hui, dans tous les pays musulmans, il est traduit par l'athéisme, l'allemagne, et donc dans les pays musulmans, dès qu'il y a un texte qui touche à la laïcité en France, on dit vous voyez, la France est un pays athée. Alors effectivement, je crois que c'est l'occasion pour nous de faire vraiment le distinguer entre la laïcité qui est la neutralité de l'etat et qui ne reconnaît aucun culte et ne subventionne aucun culte alors que la est toute une autre option simplement, mais on va, on se répète et on approche de différentes façons, mais en fait la laïcité, ma façon de le présenter tel que nous le présentons, nous dans l'église catholique, mais en le comprenant ensemble, c'est un cadre. C'est un cadre qui garantit justement l'indépendance et la neutralité de l'état. Mais c'est un cadre aussi qui concerne bien plus que que les religions, parce que il garantit la liberté de culte et la liberté religieuse, la liberté d'expression de culte, mais il garantit surtout la liberté de conscience. De chacun et la libre expression cultuelle dans la mesure ou elle respecte, elle respecte les autres. Donc c'est quelque chose qui nous qui nous protège, tout ce qui nous garantit tous bien plus largement que les religions. C'est un cadre effectivement, sans doute qu'on on peine à expliquer parce que le mot laïc a plein d'acceptions de du coup justement sur ce que pour rebondir, ce que venez de dire lors de la suppression du délit de blasphème, Georges clemenceau, et ainsi laisser tout attaquer afin qu'on puisse tout défendre car on ne peut défendre honorablement que ce qu'on peut attaquer librement. Quel regard portez-vous en 2000 sur ce droit au blasphème? Et quelle réponses pouvez-vous apporter aux croyants qui se sentent offensés par certains articles? Car car ou blague, s'il vous plaît, c'est l'histoire d'un rabbin, d'un pasteur en animal et d'un curé. Je vais vous en raconter 2000 ou le rabbin a le mauvais rôle. Donc je pense que la société française est faite au fond avec une matrice d'humour d'autodérision. Et si on abdique de ça, on abdique d'une part de l'âme française, ça peut agacer parfois, mais comme chacun en prend un tour de rôle, il faut garder raison. Voilà, c'est tout soft cool. Tout va bien. Alors, si vous voulez l'histoire, je vous la raconte après. En fait, dans la, dans la religion chrétienne, il n'y a pas de, il n'y a pas de blasphème autre que le blasphème contre l'esprit, en tout cas, dans l'évangile qui est assez difficile d'ailleurs à interpréter qui le blasphème contre contre dieu lui-même, qui de se prononcer contre contre dieu. Mais quelque chose de spirituel, c'est à dire de vraiment i, intentionnelle, spirituel et qui n'est pas condamné autrement que par dire tu veux pas vivre avec dieu. Tu vis pas avec vous dire c'est pas n'est pas de la condamnation extérieure. Par contre, je pense qu'il faut qu'on distingue blasphème et moquerie parce qu'on peut avoir de l'humour, mais à condition de se respecter. Et c'est peut être que là, il y a eu une certaines confusion régulièrement en fait, ou il y a quelque chose de l'ordre de la moquerie, de la dérision, de la mise en dérision et qui n'est pas de l'humour. Et à ce moment là, ça touche autre chose, je pense, ça touche le respect des uns des autres dans une société plurielle. Et là, ça vient toucher des ressorts qui sont souvent très maladroits, mal exprimés. Mais en fait, ce que ça touche comme ressort profond, c'est le fait de ne pas être respecté dans une société dans laquelle pourtant j'ai le droit d'être avec, avec ce que je suis sans qu'on se moque de moi. Alors c'est vrai que la frontière est, elle est, elle est, elle n'est pas simple à trouver sur l'humour. Et voilà étant mais par exemple, quand les gens se sentent blessés, mais il n'y a pas de faim dans les lois, il n'y a pas de, il n'y a pas de délit, il n'y a pas d'infraction. C'est comment répondre à ça et et à quel point on a le droit d'aller. Parce que s'il y en a qui trouvent ça, drôle est ce qu'on pourrait pas dire, c'est de l'humour. C'est ce qui c'est ce qui se passe régulièrement dès qu'il y a. Donc vous, votre conseil, c'est de dire laisser couler sur vous. La blanche du crapaud n'atteint pas la plus colon faux, mais est ce que c'est ça, c'est envoyé, mais est ce qu'on pourrait dire, non, moi, je dirais, je dirais, il faut, il faut prendre des choses avec détachement suffisant, mais quand même quand même se faire respecter. Et c'est là ou c'est assez subtil parce qu'effectivement parfois ça peut être conçu comme un manque d'humour. Mais la frontière est quand même assez subtile. Donc, en cas de manque de respect, il se passe qu'en cas de manque de respect, il y en a régulièrement parce qu'on évoque les blasphèmes, mais on peut évoquer, par exemple, pour nous, catholiques, les lieux de culte qui sont régulièrement abîmés, profanés saccagés, je pense à l'incendie, non, non, non, non. Je dis de ce que ça vient blessé dans le fait de dire on ne veut pas de vous en en gros. Et ça, je pense qu'on est tous, on est tous concernés. Il y a quelque chose à défendre qui est le droit d'exister dans cette société plurielle. Et donc le blasphème ou la moquerie et la moquerie insupportable, s'il y a un cadre suffisamment fraternel qui permet l'humour, parce que je pense que c'est ça aussi la clé de l'humour. Il faut qu'il y ait vraiment une fraternité entre nous. Il y a beaucoup d'humour et comme dit rahi, il y a beaucoup de blagues entre nous et entre nous, on se fait des blagues et on va, mais on va rire de ce qu'on dit la nôtre, mais parce qu'il y a la fraternité d'abord qui est posée. Et donc on n'a pas, on n'a pas de, on n'a pas à craindre de ce qui est dit. C'est comme ça pour l'humour. En fait, je pense que c'est ça la frontière assez subtile, en tout cas, dans la religion chrétienne, il n'y a pas de blasphème en tant que tel sur sur telle ou telle image. Mais par contre, il peut y avoir des groupes catholiques qui vont réagir trèsment ce qui se sentent blessés aux français, ce que le dél de blasphème, c'était lié à la religion catholique. Donc il y avait une définition à l'époque. Qui était l'outrage des figures religieuses. Et aujourd'hui on peut plus considérer, je vous dis a pas, je pense que peut être la question sur les images. Elle est plus sensible du côté musulman, mais peut être que j'aime dit pour le dire que du côté catholique, mais par contre, ce qui est sûr, c'est que parmi les catholiques dans la diversité, certains se ressentent, se sentent vraiment profondément blessés et réagissent très vigoureusement et en évoquant la question du blasphème, alors qu'au fond, c'est un manque de respect. C'est une, c'est quelque chose qui n'a pas un cadre qui n'a pas permis l'humour. Le cadre qui permet de l'humour, c'est quand même d'être assuré de la fraternité et d'être garanti de la ce que doit permettre la laïcité. Normalement, je voudrais poursuivre un tout petit peu pour peut être dire deux ou trois affirmations. Premièrement, j'ai un problème avec la notion de blasphème. Enfin, un problème philosophique ou une question philosophique. Je ne crois pas qu'un athée puisse blasphémer si ne conçoit pas dieu, il ne peut pas injurier dieu. C'est pas possible. Donc ça mérite réflexion. J'ai un problème avec la no définition du la rou. Si oui, oui, j'entends la question. Je vois le bla. Je vais venir pas le blasphème. Si ce n'était pas pour contester la question, j'entends une notion de droits de blasphème. La deuxième chose que je voudrais dire, c'est que. En fait derrière la notion de blasphème et on l'a eu sur les j sur la cérémonie d'ouverture. Nous on a été envahi par un tsunami de réaction plutôt international que national d'ailleurs, et se joue là derrière le rapport au sacré, la sacré qualité et le rapport à l'image. Donc c'est quand même un sujet important. C'est vrai que le seuil de sac dans le protestantisme est relativement bas. Donc donc je suis très à l'aise avec avec la question au fond, on touche à la question à la liberté d'expression et celle là, je crois qu'on est tous partant pour dire que c'est un droit fondamental. Il décrit quelque part et c'est l'apôtre Paul qu'il a dit tout est permis, mais tout n'est pas utile. Voilà, tout est permis, mais tout n'est pas utile. Et c'est vrai que moi, je pense, et ça, je suis prêt à le dire haut et fort. Je pense que blessé autrui n'est pas la quintessence de la liberté d'expression. Donc, à limite, on peut faire une caricature. Moi, j'ai rien contre les parodies parce que d'une certaine manière, ou les caricatures, parce que d'une certaine manière, soit elles sont totalement contre temps des réalités et produits par des gens qui n'y connaissent rien au protestantisme, à ce moment là, j'en ri avec les autres, soit effectivement, elles pointe un vrai problème. Et à ce moment, c'est utile pour moi. Donc je n'ai aucun problème. Ça fait partie de la liberté d'expression. Mais cette liberté d'expression, sa quintessence n'est pas la blessure d'autrui. De toutes les manières, la liberté d'expression, le législateur, lui même la limite, puisqu'il y a des différents délits qui sont prévus, tels que l'injure la diffamation. Alors moi, j'ai peur de dépasser le temps qui nous est imp partie parce que je suis l'avocat qui, en 2007, avait at trait en justice. Charlie hebdo, lorsqu'il y a eu les fameuses caricatures qui ont été publiées en 2007 et je ne me suis pas renié lorsqu'il y a eu en 2020 le procès qui a été fait après l'assassinat. Donc des dessinateurs de Charlie hebdo, j'ai fait une un article. J'ai publié un article dans le monde qui a cité Charlie hebdo à continuer à écrire, à caricaturer, parce que je voulais montrer que l'islam, dans un pays comme la France, qui est effectivement un pays de la satire, un pays ou moi, en tant qu'avocat, en tant qu'avocat, j'ai vécu les caricatures de domier qui croquaient très souvent les avocats. Donc je sais qu'elle était la particularité, mais si en 2007, on a fait ce procès, c'est parce que, en même temps, la grande mosquée de paris voulait montrer que le gardien de la liberté d'expression, c'est le juge et que, en fait, lorsqu'on se sent injustement. Caricaturé, c'est au juge de décider. Et moi, je me rappelle le président du tribunal de grande instance de paris lorsqu'il avait rendu ses attendus, il considérait que le numéro spécial de Charlie hebdo qui avait pris la précaution de dire que c'était un numéro spécial contre le fondamentalisme. Et quand cabu faisait cette caricature du prophète de l'islam avec je ne suis aimé que par des cons. Les con, c'était les fondamentalistes. C'était pas l'ensemble des musulmans. Moi, je me suis satisfait de cette décision et la grande mosquée de paris n'avait pas fait appel. Et donc c'est là ou effectivement, cette liberté d'expression est tout à l'heure. Tu parlais de l'image, moi, le petit bonhomme qui est qui est dessiné par cabu c'est cabuc a décidé de dire que c'était le prophète, le prophète de l'islam. Dans mon coeur, il est totalement différent de ceux de cette moucheté qui est caricaturée. Donc je, et c'est ce que j'ai dit à mes coreligionnaires, ce n'est pas parce que quelqu'un a dessiné un prophète en disant c'est lui Mahomet que je vais me sentir out, créé, etc, etc. Donc. Tout cela fait qu'il y a une vraie nuance. Mais moi, je sais que Charlie hebdo a été attaqué récemment par deux associations catholiques. Quand on voit ce qui a été caricaturé, on se pose des questions, est ce que c'est la liberté d'expression ou c'est de la méchanceté gratuite. Et je crois que à l'époque où nous vivons, ce n'est pas parce que nous sommes des religieux qu'on doit être, je dirais le déversoir de l'ensemble des fantasmes des uns et desordres. Je pense que la liberté d'expression, à un moment donné, elle a ses limites. Merci beaucoup si vous le voulez bien, on va passer au troisième thème, celui du dialogue interreligieux. Et c'est un thème d'actualité. Jean-Baptiste en parlait tout à l'heure, puisque le pape a rencontré aujourd'hui les représentants de six cultes officiels en Indonésie. Et il a déclaré nous sommes tous frères, tous pèlerins. Et pour la première question sur ce thème et ça fera écho au paschi qui sont sur la table depuis le début dans sa lettre, monseigneur saliège, qui était évêque de Toulouse en 1942, écrivait les juifs sont des hommes, les juifs sont des femmes, tout n'est pas permis contre ces hommes contre ses femmes, contre ses pères et mères de famille. Cette prise de position a amené de nombreux croyants de toutes les religions à rejoindre ce qu'on appelait plus tard les justes de France. Quelles responsabilité les dignitaires des cultes ont ils aujourd'hui pour apaiser les tensions interreligieuse ayant été. Pris à partie pour mes pastilles qui m'empêche de tousser d'abord ce texte. Je suis très touché que vous liiez citer dans son intégralité. C'est les juifs sont des hommes. Les juifs sont des femmes. Les étrangers sont des hommes. Les étrangères sont des femmes, tout n'est pas permis contre eux. Ça liège en août 42, 23, 42 sort. Ce texte oblige tous ces curés à le lire en chair, dans tout son diocèse. Monseigneur théâtre en fait autant à montauban et d'autres monseigneur Raymond plus tard, monseigneur gerlier à Lyon. Bref, il y a eu en août 42, ce qu'on a appelé le réveil des consciences chrétiennes. Parallèlement, les protestants qui faut toujours rendre hommage pour cela après un appel du pasteur Boer au désert, c'est à dire l'épicentre de la spiritualité protestante en France à ce moment. Là dit, il faut aider les juifs et ça lance un process qu'on a vu s'incarner littéralement sur le plateau du vivarais, en particulier au chambon, sur lignon avec le pasteur trocmé pasteur high, qui ont sauvé des milliers de personnes en les cachant dans les maisons, dans les fermes partout et ça, un mouvement font qu'il dit les religions sont un sont parfois un levier, parfois un acteur d'une espérance qu'on peut ré implanter dans la société. C'est valable pour tous les cultes. Un moment, tous les cultes peuvent porter cette espérance et je dire, je parla de schizophrénie de l'état. Je pense que quand l'état constate qu'il y a un risque majeur de fracturation de la société, par exemple, après les attentats de Charlie hebdo, les assassinats de journalistes, de Charles hebdo, de la policière montrouge et des clients de l'hyper cacher en 2015, l'état nous demande et rassemblez, vous faites un message commun, comme si on était que des acteurs d'une pub benetton ou il faut qu'on montre, on est différent, on est ensemble, chouette, on est fraternel, tout va bien. Mais surtout, ne parlez pas soy ensemble qu'on vous ensemble, mais c'est pas possible. La réalité, c'est que les cultes, et en particulier en France, ont sauvé quelque chose de l'âme de la France. Mais quand je te parle du réveil des consciences chrétiennes en 42 en août 42, ça va complètement changer la façon que les juifs avaient d'être confrontés à la pire des choses qui est dans la société, pas la haine. C'est les visel qui disait l'inverse de l'amour n'est pas la haine, c'est l'indifférence. Et donc nous étions en tant que juifs confrontés à l'indifférence et brusquement, il y a une armée de juste des hommes et des femmes de peu ou des gens très importants, peu importe des couvents, des monastères, des prêtres qui ont sauvé. Trois quarts, la mosquée avec ton prédécesseur qui ont sauvé trois quarts des juges de France. Si tu prends, par exemple, un pays comme la Hollande, trois quarts de la communauté juive de Hollande, ils étaient 105 zéro, trois quarts ont été déportés en France. Trois quarts ont été sauvés parce que les autorités spirituelles ont lancé une volonté forte de dire ça ne peut pas se faire dans mon silence ou je ne peux pas détourner mon regard. En fait, les religions se sont rappelées de ce qu'elles portent en elles de manière con substantielle. Je suis le gardien de mon frère. Je suis responsable de mon frère ou de ma sœur. Et donc, quand les religions, quelles qu'elles soient ou qu'elles se trouvent, rappellent cela, elles sont conformes à leur vocation. Je dirai assez volontiers que nous sommes tous les héritiers des justes et nous avons vocation à incarner ces valeurs et à devenir à devenir nous mêmes des justes en ces valeurs. Je voudrais peut être ajouter que nous, particulièrement responsables des cultes, on porte cet héritage et cette vocation, c'est assez fondamental. Souvent, on dit que c'est des religions. Le problème, c'est les religions, les vecteurs de conflits de, etc. Moi, je suis intimement convaincu. Je pense qu'on partage cette conviction que nous sommes une partie de la solution. Et quand on se présente devant vous, vous voyez bien comment nous débattons entre nous. On n'est pas tous d'accord. Et il y a des nuances. Il y a un spectre qui s'ouvre, mais on fait partie de la solution en débattant comme ça. Et je crois que c'est assez fondamental parce que d'une certaine manière, les tensions, elles sont ailleurs, elles sont politiques, elles sont géopolitiques, elles sont sociétales. Nous vivons une énorme tension actuellement dans l' interreligieux depuis le 7 octobre, on l'a encore vécu. Elle s'est encore cristallisée au moment des élections. Comment les uns et les autres vont se positionner si un duel. La fille est reine pour ne pas les nommer moi. Même au sein du protestantisme, j'avais une ligne de démarcation. Le monde évangélique a était plutôt r reine que la fille. Et puis le monde réformé classique était plutôt la fille, mais tout contre la reine. Donc, vous voyez, les démarcations sont ailleurs, mais les lignes de c'est de démarcation se situent parfois au cœur des religions comme ce que je vous ai évoqué pour le protestantisme, parfois entre nous. Et c'est là que nous devons jouer, en tout cas, en tant que responsables de culte, une fonction symbolique, mais qui est aussi une réalité pour nous, c'est à dire d'être réellement lié des uns aux autres par un lien de fraternité, un lien d'amitié que nous soignons que nous cultivons. Vous avez dit tout à l'heure dans le propos introductif que, en fait, c'est une espérance, non? Pour nous, c'est le quotidien. On surprend toujours quand on se présente comme ça, mais c'est notre quotidien, cette fraternité, elle fait débat entre nous, parfois les vigoureuse, c'est vrai, on a des sujets. Et puis on en parle. Vous imaginez qu'on a des sujets, mais on a presque un devoir de fraternité parce que je terminerai répète par ça. Vous savez, on est très sensible à cette devise républicaine dont Victor Hugo disait que la liberté, c'est un droit. L'égalité lui dit disait c'est un fait a fait aujourd'hui, c'est compli qu'on va parler, peut être plutôt dit mais mais bon et disait la fraternité, c'est un devoir. Elle n'existe pas sans sans la contribution des citoyens. Et elle joue quelque part une clé de voûte entre cette échelle entre liberté et égalité. Parce que plus vous voulez donner de liberté, plus vous allez fragiliser l'égalité des citoyens et plus vous voulez réguler l'égalité des citoyens, vous allez restreindre les libertés. Et c'est la fraternité qui crée en fait une clé de voûte qui permet de sortir de cette échelle binaire. Donc, nous avons de quoi à la fois de fraternité entre nous et je crois qu'on la vit, on la vit bien, on la vit vigoureusement, mais on la vit et on la manifeste. Alors j'entends qu'elle surprend et elle continuera à surprendre. Mais je peux vous dire que pour nous, c'est quelque chose de quotidien et de normal. Moi, je commencerai par un l'adage d'un grand savant musulman Averroès qui disait que l'ignorance génère la peur et la peur génère la violence et effectivement déjà, le fait que les responsables des cultes. Puissent mieux se connaître, puisse s'échanger même sur des questions théologiques, mais en même temps sur des questions aujourd'hui sociales. C'est important. Moi, je voudrais simplement tout à l'heure, j'avais rappelé au grand rabbin lorsqu'il a cité que des églises avaient caché les juifs. Moi, je voudrais rappeler que la grande mosquée de paris, d'abord a été créée suite à la première guerre mondiale. C'est à dire, il a fallu attendre que les musulmans puissent montrer leur attachement à la France et que le sang musulman a coulé pour la France et à partir de là, en 1900. Donc, après juste après la première guerre mondiale, il a été décidé de créer une mosquée à paris, de créer une belle mosquée qui se trouve à côté du jardin des plantes devant les plus belles institutions de la république dans le quartier latin et le fondateur de la grande mosquée de paris. Lorsque la deuxième guerre mondiale a éclaté, il a organisé l'ensemble de la mosquée des salariés, de la mosquée, des imams, de la mosquée, un plan de sauvetage des juifs, parce qu'à l'époque, les juifs qui étaient pourchassés à paris étaient pour la plupart des sépharades qui venaient d'Afrique du nord. Il y avait cette cette similitude, je dirais, lorsque le barrage nazi interpellé. Un maghrébin parce qu'à l'époque, c'était un peu ça ilétait considéré comme un peu louche. Tu es juif, non, je suis musulman. Et donc le recteur de l'époque de la grande mosquée de paris délivrait des attestations de confession au point ou il y a un imam qui aujourd'hui porte le nom d'un parvis ici à paris, qui a été qui a été envoyé à au Auschwitz parce qu'il avait été arrêté par la police allemande parce qu'il l'avait, il l'avait arrêté en train de sauver des juifs. Donc ce travail a été fait. Et en même temps, la grande mosquée de de paris n'a jamais réclamé quoi que ce soit parce qu'effectivement c'était le devoir religieux. Je rappellerai simplement lesir ab del Kader. Pour ceux qui le connaissent, lesir ab del Kader, lorsqu'il a été, il est resté un certain nombre d'années ici au château d'amboise. Et puis par la suite, il est parti en Syrie, à Damas et il a sauvé des chrétiens. Et monseigneur, la vigerie, qui a écrit un superbe livre sur et qu'il a intitulé mon chemin de Damas, mon seigneur, la vigerie qui s'est trouvait en Algérie à ce moment là s'est posé à la question. Mais pourquoi l'émir abdel Kader a pris le risque physique d'aller protéger des chrétiens à ce moment là, en Syrie et lorsqu'il lui a posé la question l'mir del Kader lui a dit ce sont mes obligations religieuses. Qui m'ont poussé à sauver ces chrétiens. Et donc cette fraternité humaine aujourd'hui, elle est concrétisée régulièrement matériellement. Ça va au delà du dialogue interreligieux, tout simplement. Ce sont des des actions, je dirais simplement, et je terminerai par cela en 1967, le troisième recteur, la grande mosquée mosquée de paris à zabou Baker, en pleine guerre des six jours, il a été interpellé pour dire qu'est ce qu'il pensait de cette guerre des six jours? Il leur a dit c'est tout sauf une guerre de religion. C'est une guerre de territoire. Et ce jour là, il a créé à l'époque avec les responsables des cultes de l'époque, une association qui s'appelle la fraternité d'Abraham. C'est pour ça que quand j'ai commencé mon propos tout à l'heure, en disant que notre, je dirais ancêtre le plus ancien à toutes les religions, c'est quand même Abraham pour nous, Ibrahim. Et c'est ça, je dirais le message que nous devons passer en permanence avant d'être, je dirais, musulmans, juifs, nous sommes des êtres humains et nous devons nous aimer. Nous devons nous protéger les uns les autres. C'est ça le message universel que nous devrons aujourd'hui transmettre simplement peut être un petit mot de sur la difficulté quand même de cela, parce que effectivement, on a l'habitude d'être ensemble. Pour nous, ça fait vraiment, absolument aucune difficulté. C'est de l'ordre du devoir, c'est de l'ordre du travail. Et c'est ça, ça n'est pas une option en fait. Et ça nous coûte pas. Il y a, mais moi, je fais l'expérience quand même comme comme évêque. Et je pense que chacun de nous, je crois, on le fait dans nos dans, c'est que il y a à la fois quelques chose jours. Il y a un peu un paradoxe entre ceux qui saisit et quand on fait des rencontres inter religieux, moi, je vais en faire une encore bientôt à sur créteil avec santé, idiot. Dans peu de temps, il y a toujours de l'intérêt médiatique. Il y a quelque chose de l'ordre de la com. Alors que pour nous, notre difficulté, c'est de faire en sorte que, comme responsable religieux, on entraîne aussi les communautés. Et là là, il y a un vrai travail à faire, très lent et sur lesquels sur lesquels les événements peuvent interagir sur sur lesquels beaucoup de facteurs ne nous appartiennent pas directement. Nous avons à charge d'être un peu modélisés en quelque sorte en même temps qu'il y a le devoir. Mais si on n'était simplement que modélisés par l'image vraiment fait pas notre job. Et c'est une vraie préoccupation. Ça, je pense que de travailler est ce que dans les rencontres interreligieuse, il n'y a pas seulement les responsables qui se rend comptent, mais que les chrétiens soient sur s. Nous avons quelque chose que je trouve magnifique que j'ai trouvé en arrivant comme évêque et avec asa ou de secours alimentaire. Il y a une distribution alimentaire pour des personnes qui ont besoin au mois d'août alors que beaucoup de guichets sont fermés. Et on le fait ensemble que diocèse est mosquée de créteil. Et c'est magnifique de voir ces hommes, ces femmes chrétiens musulmans qui discutent absolument pas de théologie ou de quoi que ce soit, mais qui discutent simplement de l'attention et de la compassion envers les familles qui ont besoin. Il y a besoin de choses pour les bébés ainsi de suite. Et ça crée une amitié, une joie, une fraternité, vraiment, ce serait mon rêve que ça puisse se déployer, mais c'est un vrai travail. C'est là où ne faut pas faire d'angélisme. Et il y a quelque chose de très précieux à soigner de difficile. Merci beaucoup, monseigneur, à continuer avec les deux prochaines questions qui sont très vastes, mais on n'a plus beaucoup de temps, selon vous et selon les dogmes de vos religions respectives, peut on dire qu'il existe un seul dieu appelé sous différents noms, selon les religions, le Christ à la ou l'éternel à travers plusieurs religions ou s'agit il de trois dieux distincts dans chacune de ces traditions religieuses. Moi, ça va être très facile, en fait, parce que je vous ai dit que le protestantisme est un archipel. Et donc, en fait, sur cette question, il oscille entre comment dire une certaine, un certain complexe de supériorité ou un impérialisme d'un côté et puis un relativisme de l'autre. Et je peux vous dire que ce pas, moi, c'est vrai, on parle pour moi. En tout cas, j'ai envie de vous dire qu'il n'y a pas de doctrine sur l'inter religieux, mais que d'une certaine manière, le dialogue intere est est une nécessité qui s'impose à nous, notamment dans un pays pluriel. C'est très clair. Donc ce n'ai pas de doctrine pour cela, mais c'est une nécessité. Et j'ai envie de rajouter une phrase sur cette notion de dialogue, parce qu'en fait, tout le monde parle de dialogue. Il y a plusieurs types de dialogues. En tout cas, il y a des dialogues de sourds. Et puis il y en a qui ne sont pas des dialogues de sourds. Alors pour ne pas être un dialogue de sourds, pour ne pas s'engager dans un dialogue de sourds, il faut tout simplement accepter d'être transformé par l par l'écoute de l'autre. C'est très exigeant. Faites ça. Si vous entrez dans un dialogue pour juste convaincre l'autre, ça peut être peine perdu d'emblée, c'est lui est dans la même posture. Donc acceptez d'être transformé par l'autre. Et c'est un peu de cette exigence là que que nous devons vivre ici entre religion. Donc je n'ai pas de doctrine, mais j'ai une exigence philosophique de l'écouter. Moi, je crois que pour moi, un musulman, il n'y a qu'un seul dieu là quand vous avez cité à la là, le no c'est en arabe. Pour nous, c'est un dieu, un dieu unique et pas différentes. Chacun de nous. Bien évidemment, je ne parle pas de syncrétisme, mais chacun avec sa voix, considérant que c'est sa voix dans laquelle il est, je dirai le plus juste, il va vers la rencontre d'un seul dieu. Je tendrais simplement un exemple. Un jour, j'étais en Egypte, au Caire et j'ai voulu vraiment assister à la messe du dimanche. Donc je me suis précipité aller dans une église. Et quand je suis rentré, j'avais l'impression d'être dans une mosquée parce que le prêtre disait rab c'est dieu en arabe comme mal là. Et j'étais vraiment extrêmement interpellé par par cela, parce qu'en fait, j'étais dans un lieu de culte qui n'était pas un lieu de culte musulman, mais en même temps, voilà, on implorait dieu. Et j'ai trouvé ça que c'était très beau. Donc c'est peut être un problème de traduction. Mais à mon niveau, à mon avis, je crois que nous sommes, nous croyons le même dieu, mais de différentes manières. Voilà, c'est très simple. J'aime a raison. Si tant est qu'on croit à un dieu unique, il ne peut pas être plus réel. Donc c'est un peu importe son appellation et d'ailleurs. Dans le prophète isaï il est bien dit car ma maison sera une maison de prière pour tous les peuples. Moi, je vais juste souligner un des propos du pape actuellement à Jakarta, ou, vous savez, ce tunnel de l'amitié entre et entre la cathédrale de Jakarta et la mosquée dit quelque chose comme ça et qui s'appelle le tunnel de l'amitié entre les deux et le pape a employé une expression que j'ai trouvée très belle que vous que je vous cite ici, il a, il a développé à partir de ce tunnel sa pensée sur le rôle des religions, en disant que chaque religion devait aider chacun à traverser le tunnel, les yeux tournés vers la lumière. Et j'aime assez cette façon un peu de détourner la question, dire l'essentiel, c'est de marcher vers la lumière et la lumière doit respecter l'hôte comme un frère. Et à ce moment là, les choses vont se faire. Abraham d'Abraham, on l'invité à regarder les étoiles, qu'on regarde plus haut, plus loin que simplement des questions de théologie de tique. Et si c'est la lumière qui consiste à considérer l'autre comme un frère, comme une sœur de dignité infinie, et voilà, le tunnel, le tul sera traversé. Merci beaucoup. On va donc passer au dernier thème sur les liens entre géopolitique et religion puisque dans la guerre menée par Vladimir poutine en Ukraine, le patriarche kirill bénit les soldats avant leur départ en Ukraine. Et donc comment les religions peuvent elles avoir une responsabilité dans les conflits alors même que chaque religion revendique un message de paix. Le passeur l'a très bien dit à l'heure, tous les conflits ou et la mosquée de paris, il a dit aussi à l'heure, tous les conflits supposés être religieux sont en réalité toujours des conflits territoriaux, des conflits politiques qui utilisent à un moment ou à un autre. La religion comme prétexte est que si tu mobilises sur on va reprendre pas de 200 kilomètres carrés chez le voisin, tout on s'en fout de 200 kilomètres carrés. Si tu dis la religion est en danger, sauvons la religion. Ça motive des gens qui sont excités, qui se disent qu'ils peuvent être bénéficier d'un avantage spirituel, arriver au ciel. Bien. Donc, une fois qu'on a dit ça, honnêtement, les religions ont toujours partout dans le monde un devoir d'apaisement et de rappelle d'une seule chose, une seule la dignité humaine pleine et entière de chacun et de chacune. Et d'ailleurs, si vous regardez un rabbin formidable qui s'appelle rachi, qui est un rabbin qui a vécu il y a longtemps né en 1040, il est mort en 1105 à trois. Dans l'aube sur le verset. Trois du chapitre 15 de l'exode. Je donne mes références. Il dit parce qu'il est marqué dans ce verset, l'éternel et son nom et dit oui, parce que même lorsqu'il doit mener la guerre contre les ennemis, il continue à les nourrir. Parce qu'on pense que si dieu fait la guerre contre des gens, il est capable d'arrêter leur subsistance. Ils continuent à les nourrir parce qu'ils sont avant tout et avant toute chose, ces enfants. Donc, le job des religions, c'est de rappeler que, quelle que soit la personne humaine, c'est un enfant de dieu. Et donc un frère ou une sœur, la question que je me pose, c'est comment ça se fait que le patriarche Kerry, il accepte de bénir les soldats en Ukraine. Si c'est, je crois qu'il est libre. Le brave homme est ce que tu penses qu'il est libre. Tu peux poser une question avec moi. Il y la question. Toujours des religieux qui ont instrumentalisé la religion, lui, le responsable des chrétiens européens. Voilà. Il y a une très belle histoire dans la bible que vous devriez lire un jour. Effectivement, le peuple hébreu a perdu une bagarre contre les Philistins. Et puis ils sont allés chercher l'arche de l'alliance en disant avec dieu avec nous, on va le battre et ils ont encore perdu. Ils ont même fait chipper l'arche. C'est une très belle histoire. Et puis finalement, elle a fait tellement de torts au dieu dago que finalement, les Philistins l'ont mis sur une charrette avec des vaches qui sont revenues la ramener à sichem à l'époque. Oui, j'étais effectivement en fonction. Donc une critique biblique, presque 3000 ans sur le dieu avec nous bénir les troupes. Et pourtant en 1900 1914, etc. On ait encore des deux bords du Rhin. Oui, effectivement, j'ai été en fonction et moi, j'ai eu affaire faire. J'ai fait une correspondance avec poutine et qui il sur ce sujet précisément dès avec Vladimir. Oui. Bon, vous savez, c'est plus complexe que simplement bénir les troupes. Le projet idéologique de poutine est un projet civilisationnel qui est bâti sur sur trois piliers, ce pas les cinq piliers de l'islam. Il y en a que trois un, c'est effectivement la langue russe deux. C'est l'orthodoxie trois. C'est la culture socialiste ou communiste. Et en fait, il a besoin de kil dans son triptyque pour son idéologie et kil le serf, parce qu'en contrepartie, il a une position, un monopole religieux. Certes, il y a quelques luthériens, etc. Il y a d'autres cultes, mais il y a vraiment un statut privilégié pour kiil qui lui permet de restaurer sa position derrière ce conflit. En fait, vous avez au moins cinq strs religieuses que j'ai essayé de gérer. Alors je ne vais pas toutes les détailler. C'est très complexe, y compris des liens avec l'islam. C'est très, très complexe. Et par contre, ce que j'ai essayé de faire dans un premier temps à essayer de rencontrer kyil pour dire que ça ne va pas du tout. Il nous a posé deux fois un lapin parce qu'au début, il pensait avoir à faire à un blitz Creek et que 15 jours après, il pourrait nous rencontrer et jouer les grands seigneurs. Après, j'ai écrit une lettre publique pour essayer de rappeler la vision que je crois pouvoir déduire du christianisme en disant que finalement, notre identité chrétienne dépasse nos identités particulières d'hommes, de femmes, d'appartenance national, de blancs, de culture, etc. Et que je contestais en citant l'apôtre Paul, il n'y a plus ni homme des femmes, les maîtres ni esclaves parce qu'il y a une communion en Christ qui dépasse toutes nos identités et je contesté en fait sa capacité à devenir le vassal d'une idéologie politique. Et je le rappelais à à cette dimension là et je disais de prendre parti et de condamner, de condamner, de se distancier, en tout cas, de cette guerre en Ukraine. Je n'ai pas eu de réponse. Par contre, mes amis orthodoxes m'ont dit ne va plus à Moscou. C'est pour vous dire il y a cette dimension et puisque vous parlez d'un message de paix, alors après, je vous raconte pas toute l'histoire puisque leur tourne. Mais je vais vous dire que j'ai découvert quelque chose. J'aimerais partager avec vous très, très rapidement. Je me suis rendu compte que nous ne pouvions pas simplement rester sur un message d'appel à la paix. Bien sûr, ne devons tout le temps appelé à la paix, mais il y dans dans un conflit. Trois temps en tout cas. J'en ai identifié trois. Il y a peut être plus un spécialiste. Il y a premièrement, le temps où les armes me parlent et notre objet doit être un, cessez le feu et un appel à la documentation justice et vérité afin de pouvoir effectivement faire faire un bilan de ce qui était fait des accessions de le deuxième temps. C'est une paix durable. C'est à dire que ce cessez le feu devienne en fait soit stabilisé dans le temps. Et le troisième temps, c'est la guérison des mémoires. Si vous pensez aujourd'hui à ce qui a lieu entre le Hamas et Israël, on aura besoin de deux ou trois générations pour guérir les mémoires. C'est pour vous dire qu'il y a un temps. Donc aujourd'hui, pour moi, le plus urgent, c'est que les armes soient déposées, que les différence soit discutée et réglée comme l'humanité le demanderait. C'est à dire, en se parlant par la diplomatie, c'est compliqué, mais pour moi, il y a trois stages, etc. Même si la religion parlera toujours de paix et je peux vous montrer à un exemple, alors il n'est pas très flatteur pour le Saint-Père. C'était juste au début du conflit en Ukraine, le Saint-Père a voulu montrer la vision de la réconciliation dans le chemin de pas dans le chemin de croix du vendredi saint. Il a fait porter la croix par une femme russe et une femme ukrainienne, mes amis ukrainiens, parce que je suis allé en Ukraine très tôt, quatre semaines après le début du conflit, j'étais en Ukraine, mais ukrainien était, outré, était outré. Ce n'est pas le temps de la réconciliation. Il est trop tôt, c'est le temps de déposer les armes stabiliser et après en travailler sur la réconciliation. Donc, garder en mémoire, c'est trois temps parce que je pense que c'est fondamental et on se trompe de propos. Emmanuel macron s'est trompé aussi. Il a dit quelque chose de très juste, mais au mauvais moment, il a dit il ne faut pas humilier la Russie. C'est un, c'est très juste, mais c'est le jour, on aura à la paix et finalement on aura évacué. On aura repoussé poutine qu'il faudrait pas humilier la Russie aujourd'hui. Ce n'est pas le propos. Moi, je réponds si à la question comment les religions peuvent avoir une responsabilité dans les conflits, on peut croire que les religions disent simplement prêcher la paix comme ça, mais un peu, un peu hors sol. Je pense que ce n'est pas très sérieux. En fait, et ça, on en a bien conscience. Il faut qu'on prenne en compte l'épaisseur, l'épaisseur humaine affrontée à de multiples conflits intérieurs. Et puis, bien sûr, qui se déploient dans des conflits dans des conflits extérieurs. Pour ma part, je pense que quelque chose qui doit nous conduire aussi qu'on va trouver pour nous dans la bible est à versé du du psaume amour et vérité se rend compte justice épaisse, s'embrasse si amour et vérité se rencontre. Justice ép, paix, s'embrasse j'aime bien se verset parce que l'amour sans la vérité, ça ne tient pas ça. Ça se détruit de l'intérieur et la vérité, sans l'amour, ça détruit aussi. Voyez, c'est, il y a deux modes de amour et vérité se rend compte. C'est très exigeant. Et je pense que là nous nous avons un rôle à poser et justice, paix s'embrass. C'est un peu comme un fruit. Ça rejoint la temporalité, je crois de ce que disait Christian à l'instant et sur, il faut respecter le temps de chaque chose et et le temps de hameau et vérité se rencontre est un temps est un temps temps sur lequel il ne faut pas cesser de travailler. Mais voilà, il voulait dire quelque chose. Maintenant, on va passer un format plus court de questions courtes qui appelons des réponses courtes dans votre religion à chacun pour le coup. Quelle est la valeur la plus importante fraternité humaine? Je l'ai dit elle et prochain comme toi, même pas oui. Et avant tout craint dieu, c'est le respect de l'altérité, celle de dieu et celle des humains. Pour moi, ce serait l'amour, mais en se laissant enseigner sur ce qu'est l'amour en recevant de dieu, il y en a beaucoup, mais je dirais la patience. Maintenant, on va vous demander votre figure préférée dans la religion que représente votre voisin de droite. Et pour vous pouvez faire mon voisin de droite. Moi. J'aime beaucoup la blanche colombe, tout entre la blanche Colomb et le drapeau. Je préfère la blanche comme voisin de droite, ce qui est dit. Alors moi, je vais, je vais flatter, mais j'aime beaucoup. Mais en fait ce que j'aime beaucoup. Et j'ai souvent dit ça à corset. J'aime beaucoup écouter un ravin parce que ça me, ça me fait ouvrir et comprendre des pages d'évangile et de ma religion, de ma tradition que je ne saurais pas comprendre sans l'enseignement des rabs. Et donc je l'élargit un nombreux rabbin, mais je précise sur Moïse, ça va mieux. Moi, je vais vous peut être vous surprendre. J'aime beaucoup le pape François. J'ai eu l'occasion de le rencontrer. Et puis dans le cas d'une audience privée, d'ailleurs, en fait, il m'a serré la main très fort à la fin, me disant prier pour moi, donc que depuis je pris pour le pape, c'est peut être surprenant pour vous. Mais si c'est honnête, c'était tout juste avant la pandémie. C'était un moment, c'est un typ extraordinaire, enfin de repartir type pour le pape, non? Mais c'est une personnalité extraordinaire. Vous savez, j'ai beaucoup parlé à un certain d'autorités au niveau européen de tous les sujets européens. Donc, quand il a parlé des migrants, en disant une phrase, la Méditerranée est devenue un grand cimetière. C'est d'actualité avec tout ce qu'on a dans l'actualité et il pleurait. Il y avait des larmes qui coulaient moi. Je n'ai jamais vu un politique, mais moi, j'avais de la honte puisque je n'étais pas ému, lui était ému au tripes. C'est un homme pour qui j'ai énormément de respect pour moi aussi. J'ai rencontré le pape et il m'a demandé de prié pour lui et tous les mes cinq, mes cinq prières quotidiennes à la fin, j'ai une pensée pour le pape moi. Pour moi, c'est saint-augustin. Pour ceux qui connaissent saint Augustin, il a un dénominateur commun avec le grand rabbin et moi il est natif d'Algérie. Et donc saint Augustin. Pour moi, c'est. C'est quelqu'un d'exception et mais je pourrais parler également de Moïse de marie. Vous savez qu'il y a une sonate marie dans le Coran qui qui déclare que marie, c'est pour les musulmans. La femme, je dirais idéal au sens spirituel du terme, parce que c'est véritablement celle qui s'est complètement dévouée et la sol de marie, les musulmans, lorsqu'ils la lisent, rappelle cette relation avec le christianisme et en même temps avec le judaïsme, puisque le prophète Moïse Moussa est le prophète qui est le plus cité dans le Coran, c'est celui qui a parlé avec dieu. Pour nous, le prophète de l'islam n'a ni parlé ni vu dieu. Et donc, pour nous, avoir des références autres que des prophètes ou des savants musulmans, c'est quelque chose pour nous qui est tout à fait naturel maintenant, la prochaine, la prochaine question, M. Le grand rabbin, vous en vous avez fait un petit ing tout à l'heure est ce que vous pourriez nous faire partager la meilleure blague sur votre religion. Moi, je voudrais, moi, je voudrais dire que haïm corscia. À chaque fois qu'on se voit, il nous raconte quatre ou cinq blagues. J'ai un gros problème, c'est que je m'en rappelle d'aucune. Hier, j'ai essayé à la question. Je me suis dit il faut que j'y pense que je me suis dit non, je vais me reporter sur haï. Il nous raconte des blagues sur les musulmans, sur les juifs. Et je raconterai simplement un jour, nous étions ensemble au barreau de paris à l'auditorium du barreau de paris. Effectivement, je vivais un véritable réquisitoire ou c'était juste après le bataclan et ses toiles musulmans, etc. Terroristes, etc. Et reim à un moment donné, il a vu que dans l'amphithéâtre, c'est un auditorium de 600 personnes. Re prend la parole et leur dit je vais vous raconter une histoire. Et donc la tension brutalement, le grand rabbin qui vient à la défense du recteur, la mosquée de paris et dit, vous savez qu'il y avait un prêtre dans une église. Donc imaginez, il ne parlent pas ni de musulmans ni juifs. Je ne sais pas si, en rappel et il leur dit il était en plein office et à un moment donné, le feu a pris et il a commencé à demander à ses o et de quitter rapidement l'église, etc. Et a pris lui ont dit, mais, et vous, mon père, il leur a dit dieu va venir va me venir en aide. Je l'ai appelé à l'aide. Et puis on lui dit oui, mais c'est le moment sorti, regardez, tout va tomber. Tout est en train de brûler. Il aura dit dieu va venir en aide. Et un moment donné, il va monter. Vers le clocher parce que vraiment les flammes sont de partout, etc. Et regarde dieu et lui dit dieu vient moi en aide. Et à un moment donné, a des pompiers qui arrivent et les pompiers arrivent en montant, ils prennent le prêtre, il leur dit lâchez moi, lâchez moi, non. Mais j'ai demandé à dieu de m'aider. Il le voit comme ça. C'est quand même le prêtre, c'est le notable du village. Ils s'en vont, ils le laisse. Et à un moment donné, bien évidemment, le feu prend toute l'église et le prêtre meurt. Et quand il se retrouve devant son créateur et dieu demandé de m'aider, pourquoi tu n'aimes pas venu? Il m'a dit je t'ai envoyé les pomp et je t'ai envoyé tout le monde et tu n'as pas voulu de mon ne alors le problème, c'est que c'est filmé que bon, je suis puis, mais ce n'est pas grave. Fou. Je l'aime beaucoup. Elles m'amusent beaucoup. C'est un Rabin, un curé un pasteur animal, mais ils sont très copains. Très, très, très copains. Et ils sont dans le grand nord, ont pris une semaine de vacances dans le grand nord. Et puis au bout de deux jours, il semble ils s'ennuient, ils ont étudié, ils ont pris des bouquins vier, mais et disent qui c'est le plus fort qui c'est le tolier c'est pas compliquer le premier qui convertit le grizzly, celui de tolier. Quand quand au bout de quatre jours, ils se réunissent. Alors curé fastoche fast touch. Je suis arrivé devant la forêt. J'ai fait le mystère de l'eucharistie me se retourner. Il y avait le grise lit derrière moi. J'ai mis hostie il y avait une sorte de lumière dans les yeux. On fait sa commun la semaine prochaine. Voilà pasteur. Il est mort de rire ça, son truc, mais c'est n. Ce que tu as fait moi, je suis allé devant la forêt. J'ai commencé le mystère de la parole. J'ai interprété les textes, le gresil y avait des lumières dans les yeux. Il est sorti et on fait sa confirmation. Tu la semaine prochaine, tu vois lui même une mordeur pliant deux. Ça c'est rien du tout me suis mis devant la forêt, tourné vers la Mecque. J'ai commencé de l chez vu gris il y a côté de moi à genoux, y prier. On a pris ensemble la semaine prochaine. On part au au personnage ensemble et le rabbin, le pauvre, il est défait. La clavicule éclatée la bouche lacérée. Il est il n'arrive pas à marcher une canne. Il éclater et il leur dit moi, j'ai fais une grande erreur. Quand le grizzly est sorti de la forêt, je n'aurais jamais dû lui parler de circoncis tout de suite. Mon histoire, même bien. Bon, je n'irai la voir raconter vous laisser une blague. Oui, oui. Moi, je vois que la blague sur les cataux elle a déjà été prononcée avec la complicité de cine et dram une blague qui m'a fait rire qui me fait rire, mais qui concerne nous tous, c'est sur la question de la religion. C'est, c'est quelqu'un qui se qui se promène et puis qui tombe dans un précipice et qui se raccroche à des branches. Et il n'y a personne. Et il sans que là, c'est la fin. Alors il crie à l'aide, à l'aide, au secours, au secours, à l'aide, au secours et tout d'un coup, il entend une voix, mon enfant, je suis là. Et alors il dit il n'y a pas quelqu'un d'autre. Bon, donc aussi vous racontez une blague. C'est un petit garçon qui ça touche un peu à la question de la transmission et de l'identité et au débat protestants. Éventuellement, c'est un petit garçon qui va voir sa mère pour lui demander, mais tout, nous venons. D'où nous venons. C'est un peu la question philosophique. Et puis la maman du boule là ça, c'est une question compliquée assied toi qui elle lui dit au commencement de créer le ciel et la terre. Et puis elle lui fit toute l'histoire du salut par Abraham, la fuite en Egypte, le retour d'Égypte, conquête de la terre, la chute tout tout jusqu'à Jésus, les prophètes, etc, etc. Et puis après quatre, cinq h, il est, il a la tête rouge, etc. Il sort, il n'en peut plus. Il rencontre par à son père dit, mais qu'est ce que t'as comme tête, etc. Puis le garçon écoute, si je, m. Ai posé une question à maman et puis elle m'a fait toute une histoire là, c'est incroyable, etc, mais non, c'est beaucoup plus simple. Ta question. L'homme descend du singe et le singe descend de l'arbre. Alors furieux, il va voir sa mère et écoute, ça ne va pas du tout là. Tu tu as abusé. Tu m'a fait toute une catéchèse, etc. Et la mère lui répond d'un grand aplomb. Écoute ton père, te parle de sa famille? Moi de la mienne. On va devoir dire au revoir, M. Le grand rabbin qui qui a des obligations? Oui, j'ai une obligation. J'ai un cours dans un petit moment. C'est un petit garçon qui sort de ce qu'on appelle le tel littoral équivalent du catéchisme. Il sort, il rent à la maison et sa mère lui dit alors à qu'est ce qu'il a compter ce matin au cours? Bon. Mais raconte moi, mais il nous a parlé de la sortie d'Égypte. Un machin, les hébreux raconte moi ce qu'a dit le rabbin, mais rien ma raconte moi. Et bien, il m'a raconté que as que les hébreux sont arrivés devant la mer rouge. Les américains ont envoyé deux porte, avions le limite. C'est le Ronald Reagan. Il y a des bars de débarquement. Ils ont envoyé des missiles Thomas walk sur l'armée égyptienne. Ensuite, ils ont envoyé des Raptors des 22 les f deux, qui sont des avions vieux. Ils ont tapé les égyptiens après, ils ont envoyé des barges de débarquement. Ils ont les hébreux, ils ont mis sur le la mer. Elle s'as soit dit que c'est pas possible, ne dit pas que le rabbin a raconté ça puis lui dit non, il m'a pas raconté ça. Mais si je te ra racontais, ce qui m'a dit tu me croirais jamais doute. Voilà, est bonne soirée. Il nous reste trois questions. Trois questions encore courtes. Le premier. La première c'est quel lieu symbolique de votre religion conseilleriez vous de visiter en France la grande mosquée vivre? Je conseillerais lourde parce que c'est un rassemblement incroyable de tous les de tous les peuples, de toutes les cultures et qui est absolument fascinant comme lieu où les pauvres ont la première place avec les malades, il y a vraiment un très beau lieu. Je trouve qui est inspirant. Alors moi, c'est une question plus embarrassante puisqu'on n'a pas de lieu. Il y a bien sûr des événements dans certains lieux. Moi, je vous dirais rencontrer une communauté, en fait, peu importe ou peu importe, vous avez tout une offre, mais peut être ça. J'ai passé la question suivante. Tout le monde devrait il faire un pèlerinage une fois dans sa vie, pas dans le pèlerinage, au sens religieux. Bien évidemment, tout à l'heure, je disais que c'était un des cinq piliers de l'islam, donc faire un pèlerinage. Mais je crois que la question mérite beaucoup plus de réflexion parce que je crois que faire un pèlerinage d'abord, toutes les religions monothéistes l'ont, mais en même temps, des athées, je crois que le pèlerinage est une façon d'aller de prendre un chemin qui en fait nous permet de se retrouver soi même parce que ça nous permet de réfléchir. En général, un pèlerinage se déroule dans des conditions difficiles de souffrance et je crois que oui, il est important, à un moment de sa vie, se poser de faire une forme de pèlerinage. C'est un voyage intérieur qui peut se faire et. Alors, là encore, le protestantisme n'a pas trop de lieux sacrés à visiter, mais je vous répondrai volontiers dans le sens de ce que vient dire mon ami Michel zine. Je suis marathonien et j'ai un coureur de fond et j'ai vécu la course de fond comme un exercice spirituel qui est comparable en fait aux pèlerinages. Donc il y a effectivement un lieu de de créativité intellectuelle, spirituelle, voire de contemplation de profonds sentiments d'unité avec avec le cosmos et l'humanité qu'on peut vivre en tout cas dans la course de fond, si a dépassé un h et demie très rarement d'ailleurs, mais qui vit aussi quand on fait un pèlerinage. Donc disait le bouquin de s'appelle sur le pèlerinage jean-christophe oublié. Oui, oui, oui, c'est le p de Saint-Jacques. Il y a un livre là dessus qui montre combien c'est un exercice de d'authenticité qui donne sens à l'existence et qui permet de construire sa propre cohérence. Je répondrai ça aussi le même la même chose, ceci pour ma part. Très très. Dès que j'ai l'occasion l'été de faire un bout de pèlerinage vers un sanctuaire à pied, je profite. Je trouve que c'est très unifiant et je pense que le pèlerinage est est une très belle métaphore de notre vie. En fait, on est. Tout ce quelque part pèlerin et il y a un devenir et nous devenons au fur et à mesure du chemin parcouru. Et je pense que de vivre un pèlerinage qu'une petite parabole, petite métaphore, c'est stimulant. Et une dernière question pour terminer, avez vous un message d'espoir pour l'auditoire, s'il vous plaît. Un théologien qui s'appelle jrgen boltman est décédé le 3 juin. Il était connu pour la théologie de l'espérance, c'est à dire, il a pensé l'espérance et en fait, il faisait la différence entre le futur et l'avenir. Le futur, c'est en fait le prolongement du présent. Quand j'ai encore suis pas un demi lit d'essence dans mon réservoir, le futur est écrit, c'est la panne sèche, l'avenir, c'est ce qui ce qui surgissent, qui advient. Alors bien sûr, pour pour le chrétien aussi un peu l'œuvre de dieu qui fait toute chose nouvelle et en fait, dans le contexte de anxieux et anxiogène que nous vivons, j'aime beaucoup sa distinction. Tout n'est pas écrit dans le présent de ce qui va advenir. Et donc si je dois vous donner un message d'espoir ou d'espérance, ça se situe là, l'humain ou pour ceux qui croient au ciel, dieu et écrit une page imprévisible peut être et qui n'est pas simplement le prolongement de notre présent. Simplement peut être dans la continuité aussi, faire la différence entre l'espoir et l'espérance et l'espoir et repose sur nos forces, nos seules forces humaines. Et parfois on peut se dire si c'est fini, on ne peut pas. Et alors que l'espérance nous fait porter le regard plus haut et fait rechercher des potentiels des ressources dans le cœur de l'homme et que nous avons, et chaque génération le montre, et je pense que votre génération montrera de nouvelles possibilités de nouvelles potentialités pour pour mieux vivre ensemble tout à l'heure. Lorsque m'a posé la question sur une des valeurs, j'avais parlé de la patience et je reviendrai sur ce mot parce que je considère pour vous qui êtes étudiant. La patience permet de traverser des épreuves et en fait, ce qui est vrai aujourd'hui ne l'est pas le lendemain et en islam, on le dit souvent, lorsque vous traversez des épreuves, des maladies, des des décès, etc. Il y a toujours à un moment donné ou la vie reprend l'espoir. Et à ce moment là, on peut continuer à vivre, mais sans la patience, parce qu'on veut tout tout de suite, surtout maintenant ou nous sommes avec les réseaux sociaux avec l'instantanéité, je crois qu'à un moment donné, il faut se poser ces questions et se dire aujourd'hui il pleut, ça ne va pas pour moi. Mais est ce que demain ça sera pareil. Je ne crois pas. Et si je peux répondre pour le grand rabbin dans le prolongement? Et il a écrit un livre que vous avez cité tout à l'heure au moment du propos liminaire. Et dans ce livre, il cite apollinaire, jamais les crépuscules ne vaincront les aurores. Jamais les crépuscules ne vaincront les aurores. Alors si vous avez le sentiment de vivre un crépuscule apollinaire ou le grand rabbin, merci. Merci beaucoup. On va maintenant donner la parole au public. Donc si vous avez des questions et puis aussi remercier ceux qui nous sunt en direct, si jamais la diffusion doit s'arrêter pour des raisons de taming, on m'a jamais tous d'être devenu. C'était une super conférence très intéressante. Je vais adresser une question au recteur de la grande mosquée de paris directement. Et c'est une question peut être un peu directe, mais beaucoup de curiosité. Il me semble que l'interprétation du courant dans l'islam, mais elle est assez littérale. Et je voulais savoir comment vous vous positionner vis à vis des versets du courant qui sont plus belliqueux, je dirais, vous savez, lorsque. Je disais tout à l'heure que le Coran parole divine a été révélé au prophète de l'islam par l'intermédiaire de l'ange Gabriel. Nous étions au xie siècle, ça a été ce message a été délivré en langue arabe. Mais aujourd'hui, quand on est le courant, il y a des mots qui ne sont pas arabes. Il faut savoir que la gram arabe est intervenue un siècle plus. Et ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'il y a eu énormément de traductions. D'abord pendant, je dirai toute une grande partie, juste après l'avènement de l'islam, le christianisme ne voyait pas d'un bon œil la religion musulman. Donc il y a eu des traductions qui ont été faites à partir du x e siècle. Ça s'est arrêté au début du XIXe siècle ou en fait du tout des traductions. Mais c'était vraiment des diatribes à l'égard de l'islam. Et on considérait que le prophète de l'islam était un faussaire, était un usurpateur, etc. Et en fait, le véritable traduction à se faire au début du XXe siècle. La langue arabe est une langue très difficile. Et effectivement, lorsque vous pouvez prendre connaissance du courant, il y a des passages qui sont considérés comme belliqueux. Moi, je pense que les traductions qui ont été faites à ce jour, même par des musulmans, par des pays arabes. En fait, d'abord, il y avait des messages importants qui venaient d'une caste qui était le patriarcat. C'est pour ça que je disais tout à l'heure également, que lorsqu'on lit aujourd'hui des traductions, on considère que la femme n'a aucun droit. Alors que moi, j'ai osé prétendre depuis un certain nombre d'années, que c'est au moment de la révélation coranique que la femme qui était considérée comme un reste nulu à l'époque, c'est à dire une chose qui n'appartenait à personne. Ben, à partir de l'avènement du Coran, vous pouvez lire les versets coranique ou la femme devient un sujet de droit. Malheureusement, je vous dis, il y a eu tellement de manipulations du message coranique qu'effectivement on peut arriver à ces conclusions. Moi, je suis recteur de la grande mosquée de paris depuis cinq ans, j'ai commencé un travail de traduction qui est extrêmement difficile et nous avons aujourd'hui, j'ai réuni une trentaine d'experts de traducteurs, de savants, etc. Je vous donne un simple exemple. Il y a un verset coranique qui dit vous pouvez frapper vous musulman, votre femme. Alors c'est choquant. Et moi personnellement, je me disais comment les femmes qui sont autour de moi, ma mère, mon épouse, mes filles, comment aujourd'hui je peux avoir cette autorité sur ma femme de la frapper alors que c'est une croyante. Elle pratique la religion souvent peut être plus que moi. Et j'ai commencé à m'intéresser aux terme d'aba et en fait, quand vous voyez dans dans l'étymologie du terme d'aba en fait, c'est comme lorsqu'il y a un couple qui se dispute, l'homme se s'éloigne de son épouse. Il y a un terme qui parle de la grève de la faim. D rada, qui veut dire, donc je frappe les aliments et à ce titre, là donc la traduction de frapper votre femme tombe. Et je peux vous dire qu'il y a deux ans aujourd'hui, ici en France, un imam pendant son prêche du vendredi exhorté les musulmans a frappé leurs femmes sur la base de ce verset coranique, il a été expulsé. C'est un como rien qui a fait l l'objet d'une décision d'expulsion du territoire national. Donc aujourd'hui, il y a toute une matière qui fait que. La religion musulmane. Je vous le dis depuis le 11 septembre 2001, on découvre cet ennemi et on doit aujourd'hui montrer à la fois le côté belliqueux. Moi, j'ai dit devant le grand rabbin qu'il n'y a pas d'antisémitisme musulman. Il n'est pas possible aujourd'hui, lorsqu'on est musulman de pouvoir avoir un comportement antisémite. Mais malheureusement, on a utilisé manipulé interprété de façon, je dirais, totalement fausse. C'est ce concept parce que d'abord, pendant pratiquement neuf siècles, les chrétiens ont tout fait pour montrer que le Coran était une à un subterfuge, que le prophète de l'islam était quelqu'un qui était un malfaiteur et que au début du 20ème siècle, il y a eu des orientalistes. Il y a eu aujourd'hui des traductions, mais qui restent encore à discuter parce qu'il faut revenir à l'essence même de la langue arabe. Comme je vous disais, un siècle après la grammaire arabe que nous connaissons aujourd'hui n'existait pas. Et donc il y a un vrai travail de réflexion à faire. Alors ce n'est pas uniquement un travail qui est fait par les musulmans simplement moi. J'ai commencé depuis aujourd'hui trois ans et Christian. Et un des témoins de ce travail. J'ai commencé à travailler sur l'adaptation du discours religieux parce qu'aujourd'hui l'extrême droite, qu'est ce qu'elle dit? Et puis maintenant c'est plus l'extrême droite. Il y a beaucoup de français qui considèrent que les musulmans ne doivent pas continuer à vivre en France parce que leur religion est incompatible avec les règles de la république. Moi, j'essaie de démontrer le contraire. C'est difficile. Et donc on a fait un travail où les protestants sont présents dans ce travail à les catholiques qui sont extrêmement présents également. Les juifs chez le oui, a fait un travail exceptionnel au niveau du travail, de l'adaptation du discours religieux à la grande mosquée de paris. Donc il y a aujourd'hui un travail de reconstruction à faire. Et j'espère, je serai encore vivant. J'espère que je ferai une traduction du Coran, en tenant compte de ces éléments. Et vous voyez que les concepts sont très, très faciles à manipuler. Et donc aujourd'hui, si on ne veut pas faire ce travail, ça sera extrêmement difficile. Il y a la question, par exemple, il y a effectivement des versets coraniques qui parlent de le d head, vous savez, très bien, alors que le DH c'est un concept religieux. Le d head, c'est l'effort sur soi même, mais il est devenu aujourd'hui, voilà, il y a des mouvements djihadistes, etc, etc. Là aussi, on aé chercher à créer des concepts pour créer l'armée ou l'état islamique, etc, etc. Donc c'est extrêmement difficile, mais moi, je persiste à dire je sais que je suis enregistré filmé, je crois. Je dis aujourd'hui que. Le Coran n'est pas plus belliqueux que les autres livres sacrés, mais en même temps, nous devons faire ce travail. Les autres religions l'ont fait avant nous, les juifs de France, avec énormément de difficulté. Ici, il y a eu le cé andrin. C'est Napoléon qui est venu que les at tous convoqués enfermés en leur disant vous devez être citoyen avant d'être juifs. Nous aussi, musulmans, nous devons faire ce travail. Nous devons montrer que nous sommes des citoyens à part entière que l'islam, que notre notre, je dirais nos obligations religieuses, vous ai parlé des cinq piliers de l'islam, les cinq piliers de l'islam. Vous pouvez les analyser. Il y en a aucun qui va à l'encontre des principes de la république. Malheureusement, aujourd'hui, il y a des mouvements islamistes qui aujourd'hui ont pris le pas. Quand on parle du Hamas, le Hamas est une organisation islamiste qui a pris aujourd'hui en otage la question de la Palestine. Et ça, c'est malheureux. Tout à l'heure, Christian parlait du Hamas et d'Israël. Je ne suis pas d'accord sur cette façon de mettre l'un en face de l'autre aujourd'hui, il y a une question qui doit être posée qui doit être réglée, le fait qu'on mette en avant le Hamas. Ça veut dire qu'on ne réglera jamais ce problème est ce qu'on veut ou pas aujourd'hui, en 2024, bientôt 2025, se résoudre ce dernier conflit qui. A des répercussions dans le monde entier et qui a causé une vraie fracture ici en France depuis le 7 octobre. Bonsoir, merci d'être venu ce soir. Je me demandais par curiosité, si dans vos formations respectives qui vous ont conduit à vos fonctions actuelles, vous aviez une part qui touchait à la culture des autres grandes religions qui existent dans le monde. Et sinon, quel est ce que vous considérez ça comme un devoir personnel d'avoir une une connaissance ou une ouverture aux autres religions du monde ou comment vous l'avez acquise? Il y a toute façon. Il y a de toute façon des des cours, un peu académiques sur sur ces questions qu'on peut toujours suivre. Et voilà. Mais je pense que l'essentiel est l'itinéraire intérieur. Pour ma part, j'ai vécu trois années au Burkina Faso et j'étais donc avec dans une région ou les chrétiens étaient très minoritaires, un avec beaucoup de musulmans. J'ai travaillé avec eux avec beaucoup de musulmans et on, c'est là ou j'ai appris à en fait à se respecter à cause du bien que nous cherchions à faire ensemble puisqu'on cherchait à aider les paysans, à pouvoir développer des capacités, de retenir l'eau au Sahel. Et il y a un ami idrissa qui m'a dit au moment de partir, il m'a dit, tu sais, on sera, on sera jamais, on est sur sur deux doigts différents. On sera jamais sur le même doigt, mais on est sur la même main de dieu. C'était sa façon à lui de comprendre comment nous étions différents et que pourtant nous étions agissant ensemble pour le bien et cette image là, elle m'a jamais quitté ensuite. Et puis aussi du coup, l'intérêt de rencontrer les autres, mais à partir de ce que nous faisons, de ce que nous pouvons produire pour la communion humaine, pour la fraternité humaine, c'est vraiment ça qui, pour ma part, me motive et ça oblige nécessairement à comprendre. Les limites pour l'autre, le potentiel de l'autre. Comment il réfléchit pourquoi et ça ça? J'ai l'impression d'être devant un livre infini que le père Christian de chargé, qui était le prieur du monastère de tibérine, ne savait ou ou ses moines ont été égorgées avec de nombreuses autres personnes, dont beaucoup de musulmans aussi au moment du terrorisme algérien. Eh bien, il disait que quand il discutait avec un ami Mohamed, il, il s'était Mohamed qu'il avait demandé peux tu m'apprendre à prier? Et le père Christian de sergé s'était lié d'amitié avec cet homme. Il avait trouvé une expression. Je crois que c'est Mohamed lui-même qui l'avait qui l'avait donné en disant c'est un peu comme si on creusait ensemble un puits et régulièrement, il se disait si nous retournions creuser notre puits, vous voyez comme quelque chose qui n'est jamais fini qu n'est jamais abouti. Et le père Christian chargé dit et à Mohamed, il lui dit. D'après toi k l. Allons nous trouver au bout est ce que ce sera de l'eau musulmane ou de l'eau chrétienne. Et Mohamed lui a dit lui même tu mais c'est pas possible. Cette question, c'est l'eau de dieu que nous allons trouver au bout. Mais je pense qu'il y a c, faut accepter d'être dans un itinéraire très long pour se comprendre, pour se respecter, pour chercher ensemble et vérifier qu'ensemble. Et pour moi, c'est la condition sine qua non que c'est vraiment à partir du respect de toute personne et puis de la volonté de faire le bien, mais c'est comme un livre, c'est comme un livre ouvert comme un livre infini ouvert devant lequel nous sommes. Voilà ma façon de répondre. Donc c'est de la formation absolument continue. En ce qui me concerne, c'est vrai que je peux parler pour moi, pour le protestantisme, les parcours de formation des pasteurs sont très variés selon les églises. Moi, j'ai fait ma formation pour partie en Allemagne et pour partie à l'université de Strasbourg à l'université de Strasbourg. Elle est relativement complète parce qu'il y a à la fois les langues de l'écriture. Donc l'hébreu et le grec ancien les deux. Et puis il y a des cours sur l'exégèse, l'herméneutique, comment interpréter quelle distance, quelle fidélité au texte et la connaissance biblique. Donc tout le segment biblique, puis il y a des cours sur toute l'histoire. Compris l'histoire de la théologie. Vous avez des disciplines historiques, puis vous avez des disciplines systématiques avec de la dogmatique, de la philosophie, etc. Et de la phénoménologie des religions, c'est à dire analyser le phénomène de la religion parce que, d'une certaine manière, la religion est un langage et c'est peut être un des grands problèmes de notre société, c'est que pratiquement 50 des français des citoyens français ne comprennent plus le langage de la religion et d'une certaine manière, avec une école très laïque formée à une forme d'analphabétisme ou dtisme religieux. Et c'est un grand problème puisque du coup c'est source de beaucoup d'incompréhension, voire de tension ou d'inquiétude ou de peur. Et donc la formation aux autres cultes fait partie de mon parcours de formation, mais elle est d'une certaine manière insuffisante. Elle le vaut une fine et rien. Si je ne fréquente pas les musulmans, les juifs, si je ne vais pas à la rupture du je, mes frères catholiques fait partie finalement d'une démarche personnelle. Et finalement, chacun doit engager cette démarche pour construire la fraternité. Dans notre pays, on sait la formation des imams. Effectivement, nous avons énormément de retard et rien n'est prévu aujourd'hui pour que l'étudiant imam puisse travailler sur les autres religions. Alors nous étions, nous essayons de pallier l'insuffisance de cette, je dirai manque d'information sur les autres religions par des séminaires. Nous avons organisé des rencontres entre imam et bouddhistes entre imam et catholique. Je crois qu'on a un projet avec Christian pour faire des rencontres entre imam et pasteur. Donc ça, c'est des choses que nous devons faire. Et vous avez raison de poser la question. Je crois qu'il est important pour les hommes de religion qui soient rabbin, prêtres ou pasteur ou imam de pouvoir connaître la religion de l'autre parce que c'est important de mieux se connaître. Et oui, oui, on a fait une, tu peux en parler si tu veux la seule pour le moment. Expérience, non, c'est ça. On a quelques expériences aussi. Par exemple, avec avec science po, il y a eu une, une, un cycle de formation proposé à pour pour faire se rencontrer des responsables religieux qui s'appelle les mouna et qui permettent d'aller de faire déplacer une petite promotion chaque année. De personnes qui sont choisies par chacune de nos confessions pour pouvoir aller chez les autres dans leur lieu de culte explorer telle ou telle question. Et ça me voyait, c'est un petit nombre chaque année, je crois que c'était la huitième promotion cette année. C'est des promotions environ entre 20 et 30 personnes. C'est vraiment chaque, chaque petit pas compte. Merci beaucoup à prendre une toute dernière question. Bonsoir déjà. Merci pour vos réponses très claires à chaque question. J'avais une question. Vous avez dit que pour des questions historiques, une femme ne pouvait pas être ordonnée ou imam est ce que vous considérez qu'il y aura un élément qui pourrait provoquer une rupture avec ses traditions ou est ce que ces traditions historiques sont selon vous, immuables et intouchables. C'est une question difficile parce que effectivement, le pape François, lui même, dont on, dont on sait par ailleurs l'ouverture et la volonté de transformer l'église, et notamment cette question de la place des femmes dans l'église, lui même, a dit. Dès le début de son pontificat qui ne s'engagerait pas sur la question de l'ordination des femmes est ce que c'est alors. Et parce qu'il y a des arguments traditionnels qui sont qui sont forts, qui est un argument historique qui pousse au maximum à comprendre pourquoi il y a de la différence entre nous. On ne sommes pas les mêmes. Les ministères ne sont pas les mêmes et ça nous oblige à réfléchir vraiment très, très loin cette question, en prenant en compte la dignité égale de chacun, qu'il soit homme ou femme. Et ça part à donner à la vie de l'église après l'argument de tradition. C'est un argument théologique. La théologie bouge, se développe avec son temps. Je pense qu'il y a une forme de résistance à bouger. Et là, je crois que dans les années à venir, effectivement, c'est quelque chose qui sur lequel on doit se confronter s'il est de trouver les les ressources qui sont possibles pour avancer et puis développer en même temps la pensée. Alors le pape François avait demandé et je crois que les conclusions n'ont pas vraiment été données, mais il n'a pas donné suite avait demandé ce qu'il y a une réflexion sur l'ordination des femmes au diaconar, qui est un autre type de ministère ordonné. C'est pas, ce n'est pas des femmes, ordonnées prêtres, mais ordonné diacre des gens. On emploie le mot de l'ordination, mais il a demandé une réflexion théologique sur cette question. Effectivement, je crois que la tradition, pour chacun de nous fait partie des éléments. On ne peut pas balayer ce qui a été fait avant nous. On peut pouvoir le le comprendre. On ne peut pas le comprendre simplement comme si on faisait un risette ou on repartait de rien. Les racines sont quelque chose de très précieux. Et la tradition fait partie de ses racines que je crois qu'effectivement chacun de nous est en train d'évoluer sur ces questions. Mais moi, je pense qu'il y a encore des priorités. La théologie fait avancer les choses effectivement. Mais par exemple, pour nous, musulmans, aujourd'hui, les femmes font la prière derrière les hommes. Vous imaginez aujourd'hui cette forme, peut-être de discrimination. Il y a certaines mosquées qui pratiquent, je dirais la prière ou il n'y a pas cette cette distinction, mais en même temps, tout à l'heure, vous vous voyez la difficulté que nous avons à la fois pour expliquer ce qu'est je dirais, je dirai la la quintessence même de la religion musulmane. Et ça viendra avec le temps. Aujourd'hui, on doit, je dirais, le défi que nous devons relever à nous. C'est cette radicalisation de notre religion qui fait que sur la base d'une interprétation fausse. Des verset coraniques que nous sommes en train aujourd'hui. Vous voyez la question du foulard aujourd'hui, elle n'est toujours pas résolue et tous les plus grands exégètes du courant se sont trouvés dans la difficulté au moment ou il fallait dire est ce que le foulard est une obligation religieuse ou pas? On voit bien que même récemment encore, le grand imam de Lazare, qui est un peu, je dirai le Vatican entre guillemets, musulmans, n'arrive pas encore à résoudre cette question. Moi, j'essaie de le faire dans le travail de l'adaptation, mais c'est extrêmement compliqué parce qu'on touche, je dirais presque à l'irrationnel. Et donc il faut du temps, malheureusement, mais comme on le disait tout à l'heure, et je crois qu'on était tous d'accord. Et même le grand rabbin quand il parlait de delphine vel, delphine vel s'est fait connaître d'abord par quand on parle du judaïsme libéral. Comme pour moi, quand je parle de kaïa balo, ce sont des femmes qui ont décidé de mener ce combat. Et moi personnellement, je soutiens kaïa balo, mais je ne peux pas aujourd'hui imposer à la mosquée de paris qu'une femme imam vient diriger la prière. Ça serait extrêmement compliqué de le faire. Pour moi, c'est une question, mais je voudrais, je voudrais vous donner encore une blague à ce sujet là. Oui, jour on a posé la question à un protestant très pratiquant un grand fidèle. Qu'est ce qu'il ferait si c'était la fin du monde? Mais je me réfugie dans une église. Et pourquoi elle a toujours 50 ans de retard. Il y a un peu de cela. Il y a un peu de cela. Les religions sont très rivées à la tradition, le protestantisme j dire dans la conflict actualité de son émergence avec la papauté et s'est émancipé de la tradition et a posé ce critère de l'écriture comme seule l'autorité en matière de foi et d'organisation d'églises peut être qu'il évolue un peu plus facilement puisque ça joue du coup juste sur l'herméneutique par rapport au texte. Et on peut nous revenir sur ce qu'on a pensé il y a 15, 20 ans. C'est beaucoup plus compliqué pour l'église catholique ou pour l'islam ou le judaïsme ou la tradition joue un rôle important. Donc je vous explique ce mécanisme. Donc on a du retard et sûr dans une histoire accélérée comme la nôtre. C'est très compliqué pour les religions. Quand bien même je peux qu'encourager les uns et les autres, le protestantisme vu vraiment au bénéfice du ministère féminin des pasteurs femmes dans les communautés. Actuellement, dans mon église, en fait, c'est pratiquement 50 50. Donc aujourd'hui, on a atteint ce seuil là, c'est une profession qui se féminise comme la médecine ou d'autre. Merci beaucoup à tous. Merci à vous quatre d'être venu. Merci au public et merci à la direction générale et à la direction de la communication d'avoir permis de continuer à créer des ponts au sein du campus ds.