Transcript for HEC Débats reçoit Yaël Braun-Pivet Mesdames, messieurs, chers étudiants, chers invités, merci d'être présent ce soir pour cette nouvelle conférence d'HEC débat. Depuis plus de 45 ans, notre association s'attache à faire vivre le débat d'idée dans toute sa pluralité en invitant des personnalités qui incarnent la vie intellectuelle, politique et institutionnelle de notre pays. Fidèle à cet engagement, nous sommes très honorés de recevoir ce soir une figure centrale de la vie démocratique française. Madame la présidente de l'Assemblée nationale, madame Bron Pivet, merci d'avoir répondu à notre invitation. C'est un honneur pour nous de vous recevoir à HEC Paris. Dans votre livre à ma place, vous écrivez "La politique a besoin de tous les engagés et chacun a sa place dans la vie de la de la cité. Il ne faut pas hésiter à la prendre. Si mon exemple pouvait parvenir à convaincre quelques-uns que toutes les expériences sont les bienvenues en politique, j'oserais peut-être dire un jour que j'ai réussi." Ces mots traduit d'une certaine conception de l'engagement politique envisagé non comme un parcours défini, prédéfini, mais comme un chemin qui se construit au fil du temps. Et à HEC, nous sommes nombreus à nous interroger sur cette place, sur la nôtre. euh la place que nous occupés dans la dans une société qui doute, qui qui parfois se fracture, mais qui cherche toujours et encore à se réconcilier avec la politique. À l'heure où une partie de la jeunesse questionne la capacité du politique à transformer le réel, votre engagement raisonne. Votre parcours illustre précisément cette idée d'un engagement qui ne relève ni de l'évidence ni d'un profil unique. Issu d'une famille juive polonaise réfugiée en France après la Seconde Guerre mondiale, vous vous formez au droit et devenez avocate au barreau de Paris. Vous exercez ensuite pendant de nombreuses années, notamment en droit de la famille au contact direct de situations humaines et sociales complexes avant d'entrer en politique relativement tardivement. Élu député des Yin en 2017, vous prenez rapidement des responsabilités sur les questions institutionnelles. En tant que présidente de la commission des lois à partir de 2018, vous êtes amené à travailler sur des textes structurants concernant les libertés publiques, l'état de droit ou encore l'organisation des institutions dans un contexte politique et social particulièrement exigeant. En 2022, finalement vous accédez à la présidence de l'Assemblée nationale, devenant dès lors la première femme à occuper cette fonction sous la 5e République. Concrètement, cette fonction vous a conduite à présider des séances marquées par une conflictualité parlementaire inédite, notamment lors de des débats sur la réforme des retraites et des multiples motions de censure. Et à plusieurs reprises, vous avez été amené à faire des à faire usage des rappels au règlement, à suspendre des assemblées, des séances ou à rassembler les le enfin ou à ou à réorganiser le cadre des échanges. illustrant de manière très concrète les les contraintes et les responsabilités qui sont attachées aujourd'hui à la conduite du débat parlementaire. Une fonction qui n'est pas seulement un poste institutionnel mais bien une place au sens fort. La place du parlement dans nos institutions, la place du débat dans la démocratie et la place de chacun dans la vie de la cité. Dans un contexte marqué par la polarisation du débat public, la défiance envers les institutions, la montée des extrêmes et la fragilisation des équilibres démocratiques, cette responsabilité prend une dimension particulière et il pose une question très essentielle. Comment faire vivre le débat démocratique sans le dénaturer ? C'est autour de ces enjeux que nous aurons le plaisir d'échanger avec vous ce soir. Merci encore madame Brune Pivé de d'avoir accepté notre invitation et nous sommes impatients de vous écouter. [applaudissements] Bonsoir à tous. Bonsoir madame Bron Pivé. Merci beaucoup d'être avec nous ce soir. Pour commencer, peut-être que vous avez envie de répondre à la présentation que Talia a faite de vous. Alors merci beaucoup pour l'invitation. Je suis ravie d'être là. Euh ça fait des années que je voulais venir à ces débats. Mon fils qui faisait partie de l'association il y a quelques années voulait absolument que je vienne. On a jamais réussi à trouver une date. Et l'autre jour, il m'a envoyé un SMS en me disant "Mais quoi avec la photo de la de la soirée ? Tu vas chausser des bas sans me le dire ?" Et donc voilà, j'ai peut-être qu'il nous regarde ce soir si c'est si c'est retransmis. En tout cas, je suis vraiment ravie d'être avec vous parce que je sais à quel point euh cette association est importante et à quel point c'est important, je crois, de pouvoir avoir des échanges. Et moi, j'aime particulièrement cela et je crois que cette nature à retrouver un lien de confiance et ce lien de confiance, il doit se construire et on voit bien et vous l'avez dit que dans une société fragmentée, dans une société polarisée où les débats sont de plus en plus empreint de radicalité, on a besoin de se parler, on a besoin d'échanger, on a besoin de se connaître et donc il faut absolument multiplier ce type d'échange. Donc bravo à vous d'avoir de maintenir cette association vivante et de continuer à avoir des débats et à les animer. Je pense que c'est essentiel parce qu'en résonance avec ce que vous avez dit, dans la situation qui est la nôtre et dans la société qu'on pourrait avoir envie de construire ensemble, il faut que chacun prenne sa part. Il faut que chacun prenne sa juste part. Et ne faut pas se dire que en fait on est simplement des spectateurs d'un débat qui ne nous satisferait pas ou qui serait imparfait. où euh on n'est pas là pour simplement avoir des critiques, des observations ou simplement dire ça m'intéresse pas. En fait, vous êtes tous, nous sommes tous des citoyens, nous avons tous une part à prendre et justement dans le fait d'avoir une société qui débat et bien justement le fait d'organiser ses débats entre vous et bien vous êtes une partie de cette société qui débat et ne vous dites pas que c'est juste le boulot de l'Assemblée nationale ou des politiques. C'est notre boulot à tous. de construire une société qui se parle et une société qui construit ensemble. Donc merci d'être là aussi nombreux et merci à vous d'organiser ce débat et donc je suis à votre disposition. Merci beaucoup, c'est très gentil. Euh pour débuter justement comme euh comme le disait Talia et avant peut-être de parler de justement la polarisation dont dont vous avez parlé, euh on aimerait vous demander euh et vous parler de votre livre que vous avez récemment publié, donc à ma place euh en parallèle donc de vos fonctions institutionnelles. Qu'est-ce que l'écriture vous a permis de dire en votre propre nom que votre fonction ne vous ne vous permet pas d'exprimer ? En fait, j'ai écrit le livre parce que j'avais besoin de dire qui j'étais et donc parce que je voulais déjà déconstruire un certain nombre d'idées reçues. On a le sentiment que la politique est réservée, surtout la politique à haut niveau en exerçant de hautes fonctions, est réservé à une élite, est réservé à des personnes qui seraient destinées à faire de la politique et à exercer des fonctions importantes que on a besoin forcément de commencer très jeune. On a besoin de mentors qui vous prennent la main et qui vous aident à franchir les obstacles. et je voulais déconstruire un peu tout cela et euh c'est pour ça que j'ai beaucoup parlé de moi dans mon livre pour montrer que justement euh on peut devenir président de l'Assemblée nationale. On peut être donc la 4e personnalité de l'État sans être né dans la politique, sans avoir de parents, de grands-parents euh qui ont été élus auparavant et qui vous auraient mis le pied à l'étrier. On peut devenir dans notre République en France aujourd'hui 4e personnalité de l'État en étant issu d'une famille et vous l'avez rappelé qui vient de l'immigration. On peut avoir ce parcours là en étant issu d'une famille qui n'a pas fait d'études. Moi, j'ai fait des études mais je suis la première de ma famille à avoir fait des études. On peut atteindre ce niveau-là en politique en ayant pas forcément fait de la politique depuis qu'on est adolescent. On n'était pas obligé d'avoir un poster de Chirak ou de Jiska au-dessus de son lit quand on avait 15 ans. Et je crois que ça permet en fait d'ouvrir des horizons, de dire en fait à chacun vous pouvez y arriver. La politique n'est pas l'affaire de quelques-uns, c'est l'affaire de tous et vous avez tous une place à prendre en politique et ne vous dites pas que vous n'avez pas le bon parcours, que vous n'avez pas le bon CV, que vous n'avez pas la bonne gueule, que vous n'avez pas le bon sexe. Vous la politique est ouvert à tous. Et j'ai parlé de bon sexe parce que évidemment on a encore une République aujourd'hui qui n'est pas encore égalitaire que ce soit dans la vie politique, que ce soit dans la vie professionnelle, que ce soit dans la vie associative. Malheureusement, nous avons encore un peu de chemin à parcourir et dans Mol, je voulais aussi raconter cela aussi raconter qu'il y avait une place pour les femmes en politique que cette place il fallait la prendre, il ne fallait pas attendre qu'on vous la donne. Mais ça c'est valable dans tous les domaines de la vie. Et donc madame la présidente, vous êtes justement l'une des rares femmes avoir occupé votre fonction. Euh la première est la seule en fait. Oui, c'est vrai. Mais quel a été le moment ou quelle a été l'expérience déterminante qui vous a donné envie de bah de vous engager en politique ? Alors, de m'engager en politique, en fait, moi j'étais engagée et bien souvent les gens qui font la politique sont des personnes qui sont engagé dans le monde associatif, que ce soit le monde associatif, sportif, culturel, caritatif, mais c'est bien souvent dans ce cet engagement bénévole associatif qu'on va vraiment puis les viviers pour des gens qui vont faire après de la politique. Et donc moi, j'étais engagée dans le monde associatif, j'étais euh engagée au Resto du cœur et euh en fait c'était la rencontre d'une envie d'engagement que j'avais dans le bénévola avec une offre politique qui m'a parlé. Et en fait c'est ça aussi la politique c'est tout d'un coup ou pas vous avez quelqu'un qui a des convictions qui raisonne en vous qui a une façon de faire de la politique qui raisonne en vous qui vous parle et vous vous dites bah en fait j'ai envie de suivre cette personne-là et moi c'était Emmanuel Macron mais que je ne connaissais pas que j'ai vraiment vu en tant que citoyenne venir dans le débat public et ça m'a parlé. Je me suis dit bah en fait j'ai envie de m'engager derrière lui. Et j'ai commencé à militer. Mais j'ai milité dans mon département, dans les Yvelines sans le connaître, sans connaître personne autour de lui. Et euh après, il a fait un appel à la société civile justement parce que ça faisait partie de son projet d'avoir des personnes qui présentent des nouveaux visages. L'idée, c'était de remplacer les anciens politiques et de faire un appel à la société civile et aux femmes. Et ça m'a parlé. Je me suis dit bah pourquoi pas moi ? Et donc je me suis engagé présenté à l'élection pour être député. J'ai été élu président de commission des lois, ministre président de l'assemblée et à chaque fois et c'est ça qui est génial c'est que c'est de l'élection sauf quand je suis devenu ministre. Ça va pas durer longtemps. Justement, vous rappelez votre parcours. Aujourd'hui, vous êtes présidente donc de l'Assemblée nationale. C'est un rôle qui est pas tellement connu du grand du grand public. Du moins, on ne sait pas précisément ce que vous faites. Concrètement dans dans donc dans cet équilibre de la 5e République, comment est-ce que vous vous définiriez votre rôle ? Est-ce que vous pensez que vous êtes plutôt arbitre, garant des institutions ou une actrice politique à part entière ? Alors moi je suis les deux parce que en fait le modèle français est un modèle où le président de l'Assemblée nationale est en fait dual et on a une partie de notre activité qui est qui doit être vraiment au-dessus des groupes politiques et c'est un rôle d'arbitre. Arbitrer les débats, organiser la vie de l'Assemblée nationale et cetera. Là, il faut être assez neutre. Mais le modèle français est un modèle où lorsqu'on accède à ces fonctions, on est politique avant tout et on reste politique avant tout. Et donc, je m'exprime, j'exprime des convictions politiques, je porte des idées politiques et lorsque il y a des débats qui raisonnent en moi et qui touchent des sujets qui m'importent considérablement, je viens les présider. Je vais me battre pour que certains sujets viennent à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale et là jus de mon influence de présidente de l'Assemblée nationale. Donc c'est vraiment un rôle double, ça s'organise très bien. Après le rôle de président de l'Assemblée nationale c'est d'une part un chef d'orchestre, il y a il faut organiser les débats et ça c'est vraiment ma mission première, c'est faire en sorte finalement que l'Assemblée nationale puisse remplir la mission qui est la sienne. L'Assemblée nationale, elle est c'est les représentants du peuple qui doivent se réunir pour exercer des missions constitutionnelles qui sont le vote de la loi, le contrôle de l'action du gouvernement et l'évaluation des politiques publiques. C'est l'article 24 de la Constitution. Donc mon premier job, c'est de m'assurer que l'Assemblée nationale remplisse cette mission constitutionnelle au service des Français. Et donc très concrètement, c'est l'organisation des débats, c'est l'organisation de la vie de l'Assemblée nationale. Assemblée nationale, c'est 1500 fonctionnaires contractuels. C'est plus de 2000 collaborateurs de députés qui sont là tous les jours. Donc comme ici à HC, moi il faut que j'organise la vie de l'Assemblée nationale de la restauration, du chauffage, des espaces verts, des transports, des nuités. Enfin, il y a on a plusieurs bâtiments. Donc, il y a toute la stratégie immobilière. Donc, il y a aussi ce rôle-là. Après, donc organisation des débats, il y a je préside toutes les instances de l'Assemblée nationale. Elles ne peuvent être présidées que par moi, conférence des présidents, bureaux de l'Assemblée nationale. J'ai le pouvoir de sanction, un pouvoir disciplinaire. J'ai aussi, et c'est un pouvoir qui est méconnu mais qui est fondamental dans une démocratie, j'ai un grand pouvoir de nomination. On est dans un espace démocratique où il y a beaucoup d'autorités administratives indépendantes, d'institutions, conseil constitutionnel, haute autorité pour la transparence de la vie publique, défenseur des droits et cetera et cetera. Et j'ai un pouvoir de nomination au sein des collèges de ces autorités ou institutions. Et ça, c'est un pouvoir qui est très important et le président du Sénat a le même et le président de la République a le même. Donc, on est souvent trois autorités de nomination. chacun avec la légitimité qui est la sienne, mais toujours avec une élection qui confère cette légitimité. Et puis j'ai un rôle diplomatique. Je représente l'Assemblée nationale à l'étranger et je donc là je reviens. La semaine dernière j'étais de jours au Maroc avec le président du Sénat et je reçois des chefs d'état à l'Assemblée nationale, des chefs de de gouvernement, des chefs de parlement et j'organise par exemple cette année, on organise le G7. La France est euh présidente du G7 et bien moi, j'ai un format parlementaire du G7 et donc en septembre, je recevrai les mes homologues des sept pays membres du G7. Donc le speaker Mike Johnson de la Chambre des représentants aux États-Unis, euh Julia Clockner, la présidente du Bundesag et là on se on se voit pendant 48 heures. Donc moi je dans ces cas-là, je suis toujours une femme politique mais je représente l'institution assemblée nationale. Donc c'est très varié en fait les fonctions de président. Passons maintenant au rôle tel qu'il se vit. Donc madame la présidente, vous avez vécu bah deux moments d'instabilité, voir de crise institutionnelle avec bah l'usage répété euh de l'article du 493 et la dissolution. Donc ma question c'est comment et avec quelles ressources avez-vous euh géré cette période et quel a été votre rôle ? Alors, la dissolution, la dissolution c'est un moment personnellement très difficile, très douloureux et c'est un coup de massu pour l'Assemblée nationale. Faut imaginer la dissolution à partir du moment où le président de la République dissou l'Assemblée nationale, en fait en en une fraction de seconde, il y a plus rien. Ça veut dire que nous les députés, on a des collaborateurs, les contrats disparaissent. Il y a pas d'entretien préalable pour les collaborateurs, il y a rien. Du jour au lendemain, à la minute même, ils ont perdu leur contrat de travail. L'Assemblée nationale s'arrête, tout s'arrête, les débats que nous avions s'arrêtent. On était sur un débat qui me tenait particulièrement à cœur, qui tient au français, qui était le débat sur l'aide active à mourir qui est a été interrompue net et tous les projets que vous avez, tout s'arrête du jour au lendemain sans préavis. Donc ça c'est très dur à vivre. Après c'était encore plus dur à vivre parce que comme femme politique, comme présidente de l'Assemblée nationale, je trouvais que c'était pas justifié. Je pensais qu'il y avait d'autres moyens de faire et donc j'étais contre la dissolution. Donc c'est ça rend encore plus difficile le moment. Après là où j'ai un petit peu de chance, mais ça c'est mon rôle institutionnel, c'est que moi j'ai pu dire au président de la République que j'étais contre avant qu'il le dise et qu'il l'annonce au français. Pour autant, j'ai pas réussi à le faire changer d'avis. Donc euh c'est peut-être une de mes plus grandes déceptions finalement en tant qu'avocate. Moi, j'aime convaincre là, j'ai pas réussi à le convaincre que c'était pas une super bonne idée de dissoudre l'Assemblée nationale. Donc ça ça a été dur. Après vous en fait vous repartez au combat. Donc je suis repartie au combat. Je suis j'ai j'ai mené la campagne législative. J'ai été réélu dans ma circonscription. Et quand j'ai vu le résultat des élections, je me suis dit "Mais il y a un petit trou de souris, je vais peut-être pouvoir récupérer la présidence." Et là, je suis rentrée en campagne pour récupérer la présidence. On avait plus du tout de majorité. Et ça c'est peut-être le combat politique que j'ai mené le plus difficile. Et jusqu'au 3e tour, j'y croyais pas puisque j'ai été élu au 3e tour. C'était la première fois dans toute l'histoire de la 5e République qu'un président de l'Assemblée nationale était élu au 3e tour. Avant ça se passe soit au premier soit au 2e. Et jusqu'au 3e tour, j'y croyais pas. et à tel point que j'avais rien, j'avais pas de discours, j'avais rien. Et en fait, je vois que je suis élue, je monte au perchoir et je parle et j'avais j'avais j'improvise un discours avec voilà donc toute cette période, elle a été très dure, très douloureuse, beaucoup de tension et cetera. Après, les 493, c'est très différent. Déjà les 493, ça met pas en jeu. Voilà, ça met pas en jeu tout ça. Donc en fait les les c'est c'est il y a moins de d'enjeux humain. Après c'est un ça dépend lesquels en fait. Le 493 sur les retraites est très difficile. Les 493 sur le budget, j'ai envie de dire, ils sont naturels dans le sens où on est malheureusement dans un pays où on n'arrive pas sur le budget à réussir à réunir des majorités quand on n pas de majorité. Je sais pas si je suis clair. Vous n'avez pas de majorité politique. Vous êtes obligé de constituer des majorités. On le fait sur tous les textes et on vote tous les ans, plus de 100 textes à l'Assemblée nationale. On arrive toujours à trouver des majorités. Mais sur le budget en fait, ça définit qui vous êtes, majorité ou opposition. Donc, on ne peut pas structurellement tel dans dans l' vie politique qui est la nôtre, avoir une majorité sur le budget. Et donc structurellement, vous êtes quasiment obligé de passer par un 493. Et c'est ce qui a été fait depuis qu'on est en majorité relative et c'est ce que faisait Michel Recard quand il était en majorité relative aussi. Mais le 493 retraite, c'est très différent. C'est très différent parce que il y a une tension folle dans le pays. Il y a des manifestations, il y a voilà, il y a une société qui qui est très mobilisée contre la réforme des retraites. On a eu une bataille dans l'hémicycle assez homérique et vient le moment où on doit passer au vote et on se retrouve à 8h du matin à l'Élysée avec la quelques responsables de la majorité. On est 5 6 autour de la table avec le président de la République et on commence à compter et en fait on voit que le compti est pas qu'on a pas la majorité. Alors, on se dit bah, on va peut-être l'avoir. Donc, on est en défini une stratégie pour essayer d'avoir la majorité. On dit "Bon, on se quitte, on se retrouve à midi, on revient à midi, on refait nos comptes, les tableaux et tout ça." Toujours pas, on n pas fait bouger beaucoup de lignes, il nous en manque encore. On se sépare, on se retrouve à 14h. 14h, la séance prend à 15h et à 14h, toujours pas de majorité ni quoi. Et on réfléchit, on réfléchit, on réfléchit. Puis à moins le quart, je dis au président là va falloir vous décider parce que moi dans 15 minutes, j'ouvre la séance et pour faire un 493, il faut un conseil des ministres. Donc le président dit "Bon, je convoque le conseil des ministres, moi je vais à l'assemblée". et je lui dis faites vite, je vais à l'assemblée parce qu'à l'assemblée, je sais pas si c'est comme ça ici, la sance elle s'ouvre à 15h, c'est pas 15h2, c'est pas 15h05, c'est 15h. On prend la séance et si on n pas de membre de gouvernement au banc, on lève parce qu'on a pas le droit de siéger sans membre du gouvernement au banc. Mais donc l'idée c'est que j'ouvre à 15h, je lève et j'attends un membre du gouvernement. Donc je j'arrive à 15h et en fait tout l'hémicycle est super mobilisé puisque les députés pensaient qu'ils allaient voter. Donc j'ai 577 députés dans l'hémicycle. Un hémicycle, vous imaginez surchauffé, une tension mais comme jamais j'en ai vu dans cet hémicycle. Et j'arrive, il voit bien qu'il y a personne au banc et donc je monte au perchoir et je j'ouvre la séance, je constate l'absence du gouvernement et je lève. Là [rires] ça voilà, ça fait du bruit, ça râle, ça proteste et cetera. Et je réouvre peut-être 15 minutes après quand Ellisabeth Borne arrive. Et forcément, il voit Elizabeth Borne arriver dans l'hémicycle. Tout le monde sait que c'est un 493. Elle monte à la tribune et elle fait un 493. Et là, j'ai un hémicycle qui voilà qui explose. Il y a une tension incroyable et on lève la séance et puis après ça repart. Et c'est ça qui est génial dans cette assemblée aussi, c'est qu'en fait vous vivez des moments de tension fous. vous vous dites "On va jamais réussir à réparer, on va jamais réussir à rediscuter, on va jamais réussir à débattre à nouveau et à voter des textes ensemble." Et donc, j'ai ma vice-présidente qui était une vice-présidente insoumise qui m'appelle, qui me dit "Elle, qu'est-ce que je fais ? "Tu as levé, je reprends, je reprends pas ?" Et je dis "Mais bon, on attend 1 heure" et puis tu reprends dans une heure, tu montes au perchoir et tu vas voir, ça va très bien se passer. Et une heure après, elle monte au perchoir, elle appelle l'ordre du jour avec le texte suivant et ça repart comme si de rien n'était. Alors, il y a moins de députés dans l'hémicycle évidemment, mais ça repart et l'assemblée repart comme avant et on délibère sur un autre texte et on vote et on fait passer le texte et cetera. Et donc c'est assez particulier en fait et c'est ça aussi qui me rend optimiste, c'est même quand on a eu les moments de tension les plus fous, on voit une assemblée et c'est ma préoccupation majeure. Je disais que mon job c'est de faire en sorte que l'Assemblée nationale fonctionne. Et bien dans ces moments-là, ma préoccupation majeure c'est de faire redémarrer la machine Assemblée nationale pour pas qu'elle se bloque. Parce que si l'Assemblée nationale se bloque, l'Assemblée nationale c'est le cœur de la démocratie. Si l'Assemblée nationale se bloque, on rentre en crise politique majeure, vraiment majeure. Et donc voilà, la mécanique doit toujours fonctionner. Donc c'était ça mes deux beaux moments. Ouais. Et justement à propos de cette mécanique donc de l'Assemblée nationale, Gabriel Atal affirmé hier que l'Assemblée nationale était en ce moment un théâtre sans public. En tant que metteuse en scène de ce théâtre, quel moyen pouvez-vous mettre en œuvre afin de réduire l'absentéisme, préserver l'ordre et restaurer la crédibilité de l'institution ? Al moi je suis déjà je suis pas du tout d'accord avec cette cette assertion de Gabriel. L'Assemblée nationale, comme je le dis, elle remplit son rôle et elle est brouillante, elle est turbulente et cetera, mais c'est une la vie démocratique et l'Assemblée nationale et c'est Gérard l'Archer, il dit toujours ça, c'est les pulsations de la nation. Et donc c'est normal dans une dans un pays démocratique d'avoir une assemblée qui soit vive et qui justement reflète les pulsations d'une nation. Et ça a toujours été le cas. Il y a toujours eu des incidents à l'Assemblée nationale. Il y avait dans à une époque pas très ancienne des duels à l'assemblée. Moi, j'ai encore les dernières épées qui ont servi au dernier duel. Le dernier duel, c'est Gaston de Fire, hein. C'est pas au 19e siècle he c'est pas si vieux que ça. J'ai une cellule à l'Assemblée nationale dans laquelle mes antés prédécesseurs pouvaient enfermer des parlementaires trop turbulents. Donc voilà, c'est vous dire à quel point euh il faut pas il faut pas faire aujourd'hui les vies Jeffouché parce que les débats sont un peu agités à l'Assemblée nationale. C'est le propre d'une démocratie et c'est le propre de l'Assemblée nationale qui reflète la société. Et vous êtes tous témoins ou acteurs des radicalités qui existent dans la société, des opinions qui peuvent être très opposées que vous pouvez avoir avec d'autres camarades et cetera. C'est normal que l'Assemblée nationale soit comme ça. Moi après j'ai un pouvoir de régulation, j'ai des outils à ma main. Donc ça peut être des suspensions de séance, ça peut être des sanctions. J'ai des sanctions financières, j'ai des sanctions qui peuvent aller jusqu'à l'exclusion pendant 2 semaines de l'Assemblée nationale. Ça c'est pas moi qui doit les qui peut les prononcer mais c'est l'Assemblée nationale dans son ensemble. Donc on a des instruments de régulation. Après on est dans une assemblée à l'heure des réseaux sociaux. On peut pas reprocher aux députés d'utiliser l'assemblée et les réseaux sociaux et de combiner les deux pour faire de la politique. Notre job, c'est de faire de la politique, c'est de porter des idées, c'est de porter des convictions, c'est de mener des combats. Et donc ces combats aujourd'hui, ils sont menés et nous sommes des politiques. Donc il s'agit pas d'avoir une assemblée silencieuse. Il s'agit pas de museler les paroles des uns et des autres. Nous faisons de la politique et nous sommes tous élus par les Français pour faire de la politique. Et c'est pas un gros mot de faire la politique et c'est pas un gros mot aussi de voilà de de d'être vraiment euh je crois très euh voilà d'avoir des convictions et de les porter. Et j'ai même envie d'ajouter on a le droit d'avoir des idées radicales et on a le droit de les porter de façon radicale et à nouveau, c'est le preuve d'une démocratie. Et mon boulot, c'est aussi de défendre ça. Et je suis la première à défendre les parlementaires qui agissent de façon radicale, même si la limite c'est le règlement et donc on a des règles, il faut les respecter. Je suis la première à sanctionner si si je dois sanctionner, mais en tout cas, je ne veux pas d'une assemblée caporalisée. Et à l'opposé de ça, justement à l'opposé de ces pulsations, il y a quand même le problème d'absentéisme. On nous dit souvent que les députés de travail en commission s'ils ne sont pas dans l'assemblée mais de fait il y a quand même ce problème qui qui se maintient. Comment on fait pour Mais en fait c'est un c'est un c'est pas un problème et c'est et c'est un faux problème en fait. Il y a pas d'absentéréisme. Les députés ne sont pas des élèves. Ce sont des hommes et des femmes politiques. Et lorsque l'on est un homme ou une femme politique, on est titulaire d'un mandat. On représente les citoyens. Et c'est ça la beauté du de l'exercice d'un mandat, c'est qu'on est très libre d'organiser son mandat comme on le souhaite. Après, il y a la présence dans l'hémicycle, il y a la présence en commission, il y a des missions d'information, il y a des commissions d'enquête et vous avez vu qu'il y a certaines commissions d'enquête qui défraient la chronique. Il y a des missions parlementaires à l'étranger. Par exemple, je vous disais que là avec le président du Sénat pendant 2 jours, on était au Maroc. On a emmené chacun de notre côté h parlementaires donc h députés h sénateurs et bien nous étions donc 18 parlementaires à ne pas être dans nos hémicycles respectifs pendant 2 jours. Pour autant nous étions en train d'exercer nos mandats pleinement. Donc en fait il faut pas se dire que le mandat d'un député c'est uniquement l'hémicycle. Ça n'est pas uniquement l'hémicycle. Et il n'y a pas de présence obligatoire dans l'hémicycle parce que à nouveau nous ne sommes pas caporalisés. Il y a et c'est en fait assez simple quand il y a un enjeu, quand il y a un texte très important, quand la présence des parlementaires est importante parce que ça va se jouer à une voie que il y a du débat, qu'il faut mener de la bataille parlementaire, l'hémicycle il est bondé, tout le monde est là. Après, sur un débat qui n'intéresse pas beaucoup, pour lequel il n'y a pas de vote, qui a lieu un moment où les parlementaires sont de préférence en circonscription, et bien oui, l'hémicycle sera quasiment vide. Mais parce que pour les parlementaires, il y a pas d'enjeu et leur présence n'est pas nécessaire dans le sens où s'ils sont d'accord avec la prise de position de leur groupe et que l'organisation des débats fait que il va y avoir qu'une seule prise de parole dans le groupe, à quoi ça sert qu'il y ait 30 parlementaires pendant 2 heures dans le groupe dans l'hémicycle alors que il n'y en a qu'un qui va parler et qui va avoir une prise de parole qui reflète exactement la position de tout le groupe. Ça ne sert à rien. Et bien moi, je préfère que les parlementaires dans ces cas-là fassent autre chose. Ils sont pas là pour simplement tenir le siège, ils sont là pour travailler et je préfère des parlementaires sur le terrain dans leur circonscription avec les citoyens ou en mission ou à l'étranger plutôt que assis dans l'hémicycle à juste attendre que ça se passe. Je pense que ça il faut mais c'est pour ça que c'est important de discuter, c'est important d'expliquer comment marche la démocratie pour que justement on se dise pas juste "Ah bah les parlementaires ils foutent rien parce qu'ils sont pas dans l'hémicycle en fait." Bah en fait non, ils foutent pas rien et je pense que c'est important d'en avoir conscience justement il foutrai rien s'ils étaient dans les micycle. Non mais justement à l'inverse c'est vraiment ça. Il foutrait rien. Après je peux vous dire débat retraite, j'ai 577 parlementaires dans l'hémicycle. quand on fait euh le en décembre 2023, non décembre 2024 quand l'Assemblée nationale vote la motion de censure et fait chuter le gouvernement de Michel Barnier, il manque pas un parlementaire dans l'hémicycle parce que tout le monde sait que c'est un moment grave important dans la vie de la nation et les parlementaires sont des personnes intelligentes qui savent où ils doivent être et quand ils doivent l'être. Donc pour continuer, j'aimerais parler de la défiance envers la politique et les institutions qui ne cessent de croître. Il y a beaucoup de jeunes qui doutent aujourd'hui de l'efficacité de l'action publique et du rôle de l'État. Donc ma question, c'est selon vous, comment motiver les jeunes à devenir fonctionnaires ou responsables public dans ce contexte et quel conseil leur donneriez-vous pour franchir le pas de l'engagement politique ? Alors en fait, on entend effectivement ces doutes et on entend euh certains qui disent "Non mais en fait blanc bonnet, bonnet blanc, de toute façon, ça sert à rien de voter parce que finalement ils font tous la même chose, c'est tout pareil et cetera." Moi je crois pas, je crois pas. Et je crois que selon la personne qui est élue, ça change beaucoup. Faut pas imaginer que c'est blanc bonnet et bonnet blanc. Et moi, je crois profondément à la capacité justement de la politique d'impulser des orientations phénoménales. Regardez en ce moment les États-Unis. Je crois que aujourd'hui les États-Unis ne seraient pas les mêmes si Kamala Haris avait gagné. Je crois que le monde, la scène internationale n'aurait pas été la même depuis 6 mois si Kamala Hararis avait gagné. C'est une évidence et donc la politique qui dirige l'État, ça n'est absolument pas indifférent. Un homme ou une femme politique, il peut aussi impulser des choix structurants pour une nation. Vous prenez l'exemple du Costa Rica. au Costa Rica après-ger guerre, il y a un dirigeant qui a dit "Ben moi, je ne veux plus mettre de financement sur les armées et il a décidé de démitariser le Costa Rica et il a dit l'argent que normalement je mettrai sur mes armées, on va les mettre sur l'éducation et la santé." Et bien vous allez au Costa Rica, il y a des écoles partout, il y a des centres de santé partout et ils ont un taux d'alphabétisation, un taux de décès à la naissance et cetera qui n'est mais en rien comparable avec les pays à voisin parce que c'est un choix politique qui a été fait et qui a été réitéré par ceux qui l'ont lui ont succédé. Et donc les choix politiques, ça n'est pas neutre. Prenez et c'est mon dernier exemple, l'Ukraine si ça n'avait pas été Volonimer Zelinski au responsabilité, nous ne sommes pas sûr que l'Ukraine aurait tenu parce qu'il a été capable avec sa communication, avec sa façon de s'adresser au peuple, de le faire tenir, de le faire très solidaire et de fédérer les nations autour et en soutien de l'Ukraine. Et bien ça c'est s'appelle et ça vous l'avez aussi dans vos entreprises, c'est du leadership. Et ben faire de la politique c'est avoir du leadership, c'est être capable de convaincre, c'est être capable d'avoir une vision stratégique et après de pouvoir euh la mettre en œuvre. Et donc ça n'est pas neutre et je pense que si vous avez envie d'avoir une influence sur le destin d'une nation, et bien il n'y a qu'une façon de le faire, c'est de faire de la politique et vous aurez une influence sur le destin de la nation et sur le destin commun. J'y crois mais profondément. Après sur le fait d'être fonctionnaire, de s'engager dans le service public, et bien je crois qu'il faut là aussi pas hésiter. Déjà on a besoin de talent, on a besoin de personnes qui ont le cerveau bienfait. Je pense que vous avez tous le cerveau bienfait. Et donc je crois que il faut pas se dire que euh dans la vie parce que évidemment il y a une question après qui intervient financière mais il y a pas que l'argent dans la vie et je crois profondément là aussi que le sens du service le sens avoir le sens de l'intérêt général se dire que on est utile à son pays à son prochain c'est quelque chose d'extrêmement porteur. Après l'administration, elle a besoin de se transformer profondément et donc en fait elle a besoin de vous. Elle a besoin de personnes qui ont des profils différents, qui ont qui apportent des des regards nouveaux, des regards différenciés. En fait, si et c'est ce qu'on essaie de faire dans la magistrature, dans un certain nombre de corps, on essaie d'ouvrir dans le corps de diplomatie aussi, on essaie de faire en sorte que les diplomates ne soient plus seulement des personnes qui sont diplomates de carrière et cetera. Et je crois que dans l'administration, quelle qu'elle soit, on a besoin de multiplier les profils. Et donc je ça peut être bon pour vous, mais ça sera surtout bon pour l'administration. dans laquelle vous rentrerez et ça sera donc bon pour notre pays. Notre pays. Et donc un petit conseil final pour les étudiants en une phrase. En une phrase ? Non mais euh déjà c'est c'est c'est bête he mais écoutez-vous. Non mais écoutez-vous. C'est-à-dire suivez vos intuitions, suivez vos envies, suivez vos audacces. N'hésitez pas, écoutez-vous. Euh ne vous dites pas, n'écoutez pas. Faut faut évidemment euh recevoir des conseils, s'interroger et cetera, mais à l'heure des choix, des grands choix de vos vies, écoutez-vous, faites-vous confiance. Et quand à l'intérieur de vous-même, vous vous dites "C'est ça, c'est ça ma voix, c'est là que j'ai envie d'aller". Et ben n'écoutez pas les autres, foncez, allez-y parce que je crois vraiment profondément aussi que en fait moi je suis une femme très intuitive mais je pense que c'est important de bien se connaître et après d'avoir une vie, un chemin professionnel, personnel qui vous corresponde. Il n'y a que vous qui pouvez savoir profondément ce qui vous correspond. Merci. Au-delà de la défiance croissante donc avec envers les responsables politiques, on observe en France une remise en question plus globale peut-être de la démocratie elle-même qui se traduit par une hausse du taux d'abstention aux élections et aussi par la progression des partis extrêmes qui souhaitent réviser en profondeur la démocratie et le système politique. Quelle solution permettrait selon vous de réengager les Français dans la question citoyenne et démocratique ? Est-ce que vous pensez que la par exemple l'instauration de la proportionnelle le permettrait ? Alors déjà un tout petit bémol aux dernières élections législatives en 2024, il y a eu une participation comme jamais. Donc pourquoi ? Parce qu'il y avait de l'enjeu. Vous êtes comme mes députés en fait c'est pareil. Les députés, ils viennent dans les mycles quand il y a de l'enjeu. Et ben les électeurs, ils viennent voter dans les bureaux de vote quand il y a de l'enjeu, quand ça sert à rien, quand c'est jouer d'avance, quand c'est gagné, quand il y a pas euh une grosse frayeur et un vote contre à effectuer, bah vous ne venez pas. En revanche, quand il y a un enjeu, quand vous vous dites "Ma voix compte et ça peut changer les choses", bah vous déplacez en masse. Et on a vu au législatif, il y avait la crainte de l'arrivée de l'extrême droite aux responsabilités et ça a mobilisé les électeurs qui ont été votés. Donc déjà, je pense que quand il y a de l'enjeu, les électeurs sont présents. Après, il faut absolument retrouver de la confiance dans le système, retrouver de la confiance dans les hommes et les femmes politiques. Et ça passe par une meilleure connaissance des institutions. Ça passe par des hommes et des femmes politiques qui font davantage confiance au peuple. La confiance, ça va dans les deux sens. On demande, on nous on demande la confiance du peuple, mais est-ce que nous faisons confiance au peuple ? Donc la conclusion que je tire de cela, c'est il faudrait faire davantage de consultation, davantage de référendum pour justement faire confiance au peuple et lui demander de trancher un certain nombre de sujets de débat directement. Donc davantage de démocratie participative, je pense que ça c'est une des voies euh d'action d'avantage de démocratie représentative, donc davantage de pouvoir à l'Assemblée nationale. Ouais. Et je prêche pas pour ma paroisse, je prêche pour la vôtre. Parce que à l'Assemblée nationale, nous sommes les élus de la nation des nous sommes 57 parlementaires qui tous avont été élus par les citoyens français et je pense que c'est important. On a une légitimité et on a un pluralisme qui a été souhaité par nos concitoyens et ça donne beaucoup de force et ça c'est la vitalité démocratique. Donc davantage de pouvoir à l'Assemblée nationale et vous là où vous avez raison, c'est une assemblée nationale plus représentative des citoyens et donc là c'est le mode de scrutin et oui il faut mettre de la proportionnelle. Alors c'est compliqué parce que est-ce que c'est une dose ? Est-ce que c'est une proportionnelle intégrale ? Est-ce que c'est régional, départemental ? Est-ce qu'on fait enfin voilà, il y a 100 et une proportionnelle donc on a jamais réussi. Là, j'ai des députés qui relancent la le sujet de la proportionnelle qui ont fait une proposition de loi transpartisane qui est un peu compliqué puisque eux, ils prévoient une dép une proportionnelle départementale mais avec une liste nationale qui couvrira à peu près la moitié de l'Assemblée nationale. Et moi ça, je suis pas fan de la liste nationale parce que là vous retrouvez vraiment tous les apparices des partis puisque c'est le président de parti qui va va faire sa sa liste et moi ça me plaît pas trop. Mais oui, une Assemblée nationale en tout cas plus représentative et puis euh du résultat parce que ce qu'on a aussi, on l'a évoqué tout à l'heure, on a une crise du résultat avec les hommes et les femmes politiques, ils servent à rien. Euh de toute façon, ils arrivent pas à transformer notre pays et cetera et cetera. Et donc euh tant qu'on aura cette crise de du résultat, et bien les Français soit se désintéresseront de la politique, ils n'iront pas voter, soit iront vers les extrêmes puisque on les a jamais essayé. Et donc le résultat, on l'a pas avec les camps modérés, on l'a pas avec la gauche social-démocrate qui a été aux responsabilités, on l'a pas avec la droite républicaine, mais tout ce monde là a géré le pays et c'est pas très reluisant. Donc allons voir ailleurs. Extrême gauche, la France insoumise, extrême droite, Rassemblement national. Et c'est ça la tentation de la radicalité qu'on observe avec des gens qui sont en plus en colère, qui sont voilà remontés et auquels on a du mal à parler. Et si vous n'avez pas de bande passante, c'est vachement dur de convaincre des gens qui ne veulent pas vous écouter. Donc comment on arrive à retrouver l'oreille des personnes qui sont aujourd'hui gagnées par de la radicalité ? J'ai pas la solution mais il va falloir la trouver puis il va falloir la trouver vite. Et vous parlez donc d'une crise de résultats quand même donc actuelle mais vous dites que il faudrait qu'il y ait plus de pouvoir à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce que ça implique ? Est-ce que justement ça ça ne mènerait pas à un blocage plus global en France ? Mais non mais parce que tout n'est pas du le rôle de l'Assemblée nationale. En fait le gouvernement gouverne, c'est le pouvoir exécutif. La plupart des politiques publiques ne dépendent pas de l'Assemblée nationale. Tout heureusement ne passe pas par la loi. Euh dans le vous prenez euh l'enseignement, il y a quasiment pas de législatif dans l'organisation de notre système scolaire. Donc en fait, vous n'avez pas besoin de passer par la loi pour réformer notre école qui en a grand besoin. Vous n'avez pas besoin de passer par la loi pour réformer notre hôpital. Et donc en fait, il faut pas se dire l'Assemblée nationale est difficile à manier donc on ne peut rien faire. C'est pas vrai. C'est pas vrai. L'assemblée, le gouvernement a toute une palette d'action possible sans passer par l'Assemblée nationale et heureusement. Et ça ça vaut pour le déploiement de politique publique. Vous décidez de créer des maisons de service public, vous n'avez pas besoin de faire une loi pour ça. Vous décidez de dire il faut que le numérique soit accessible sur tout le territoire français. C'est le cas aujourd'hui, on est à quasiment 99 % du territoire couvert. Vous n'avez pas besoin de loi pour ça. C'est des politiques publiques. Et donc, en fait, il faut pas non plus s'abriter derrière euh une assemblée nationale qui serait difficile à manier pour ne rien faire. Ça c'est c'est c'est en fait faut pas se défausser sur cette assemblée, c'est trop facile. Et donc vous estimez que ce serait peut-être sur le secteur éducatif que l'assemblée pourrait avoir plus de pouvoir ? Non, non, non, non, je veux pas de pouvoir euh Non, ça c'est en fait comme euh les pouvoirs de l'Assemblée nationale sont définis par les articles, on a en fait les articles 34 37 qui définissent le 34, c'est le domaine de la loi. C'est dire dans tel et tel et tel domaine, c'est il faut passer par la loi si on veut faire des modifications. Dans tous les autres, le gouvernement n'a pas besoin de passer par la loi. Je ne veux pas changer ça. Je dis simplement quand je dis plus de pouvoirs à l'Assemblée nationale, je ne veux pas étendre nos pouvoirs sur les domaines dans lesquels nous sommes compétents, mais je voudrais plus de pouvoir dans le sens plus de pouvoir de contrôle, plus de moyens de contrôle et d'évaluation avec des organismes qui pourraient nous être rattachés type franc stratégie le haut commissariat au plan. Plus de capacité à faire naviguer des textes. Aujourd'hui, on est très dépendant du gouvernement pour ce qu'on appelle la navette parlementaire. Euh on a par exemple, je sais pas si c'est des choses qui vous sont familières, la navette parlementaire, donc c'est le trajet entre l'Assemblée nationale et le Sénat pour un texte de loi. La procédure classique, c'est lecture assemblée, Sénat, assemblée, Sénat. Donc deux lectures dans chaque chambre. Une commission mixte paritaire qui réunissent sep députés, sep sénateurs. Si accord, vote des conclusions dans les deux chambres, si des accords assemblée sénat assemblé qu' dernier mot. Ça c'est la procédure classique. Le gouvernement a la possibilité de déclencher ce qu'on appelle la procédure accélérée. Procédure accélérée, ça fait assemblée, Sénat, CMP. Donc on gagne une lecture dans chaque chambre. Et bien par exemple, le gouvernement est le seul à pouvoir déclencher cette procédure accélérée. L'Assemblée nationale et le Sénat sur leur proposition de loi, donc des textes qui émanent deux parlementaires. Nous n'avons pas le pouvoir de déclencher ces procédures accélérées. On est obligé d'aller la quémander au gouvernement pour dire "Ah, là-dessus, on aimerait bien que vous déclenchiez une procédure accélérée." Donc, c'est des petites choses mais qui sont fondamentales parce que une procédure accélérée, c'est un texte qui va naviguer en 6 mois. une procédure lente, c'est un texte qui va prendre 2 ans. Donc ça change tout. Après, on voit par exemple sur la prise des décret d'application que les le gouvernement est plus prompte à prendre des décrets d'application sur des projets de loi que sur des propositions de loi. Estce que c'est bien normal ? Donc voilà. Donc, il y a plein de choses sur lesquelles on peut travailler pour rendre l'Assemblée nationale plus performante, plus puissante mais sans pour autant venir empiéter sur les prérogatives de l'exécutif. Moi, j'aimerais vous poser une question sur votre livre. Vous évoquez la notion de trouver sa place dans la société. Donc, plus généralement, que signifie être à sa place pour un jeune citoyen ou pour bah les étudiants ? Mais justement, c'est ce que je crois que je vous expliquais sur le fait de s'écouter, de se connaître et de euh de croire en soi pour justement trouver sa juste place. Et euh sa juste place, c'est pas celle que vos parents ont rêvé pour vous. C'est pas celle que vos dont vos professeurs rêvent pour vous. Et c'est pas forcément celle que vous imaginez aujourd'hui. Vous pouvez aussi évoluer avec vos vivre vos expériences. c'est changer d'avis et vous dire finalement que bah à 40 ans ou à 30 ans ou à 50 ans et bien vous changerez complètement de vie parce que votre place n'est plus là où vous êtes et en fait c'est ça qui est je crois important et on n'est pas obligé d'avoir la même place toute sa vie. Merci beaucoup. Euh avant de passer à nos questions de du public, euh on a un jeu qu'on aime bien faire à ces débat euh quand on a des invités politiques, c'est ça s'appelle de droite ou de gauche. Et donc on va vous présenter des concepts. Euh et vous allez devoir nous dire euh bon avec une justification assez courte si vous pensez que c'est un concept de droite ou de gauche. Ouais mais je suis centriste. Alors c'est difficile c'est [rires] justement le principe. Et donc notre on va commencer avec la ville de Paris. De droite ou de gauche ? De gauche. L'absentéisme à l'Assemblée nationale de droite ou de gauche ? Euh, je vous ai dit ce que j'en pensais. Donc [rires] euh il y a pas d'absentéisme à l'absenté nationale, donc c'est de nulle part. [rires] Voilà. HC de droite ou de gauche ? [rires] À votre avis, on est à l'assemblée qui pense que c'est de droite [rires] et qui pense que c'est de gauche ? Voilà, vous avez la réponse. Donc de droite, je vous suis. [rires] Macron, de droite ou de gauche ? [rires] [applaudissements] C'est le en même temps. C'est ça. Peut-être que le public voter pour la question. Je vous fait voter pour Macron aussi. Alors, Macron de droite, [rires] Macron de gauche à l'Assemblée nationale quand on se trompe après on peut rectifier son vote. [rires] Donc de droite manifestement de façon plus légère le VB de droite ou de gauche ? Vébe de gauche le 493. [rires] Bah objectivement, il a été plus utilisé par la gauche que par la droite puisque la droite a toujours eu une majorité quand elle était à l'Assemblée nationale, donc plutôt de gauche. Et une dernière question, la proportionnelle de droite ou de gauche ? De gauche. Ah, résolument de gauche. La droite est très opposée à la proportionnelle quoi. La droite, les républicains et cetera. l'extrême droite étant favorable à la proportionnelle et la gauche intégralement favorable à la proportionnelle. Donc c'est partagé. Merci beaucoup. Passer aux questions du public. Merci à vous. Merci beaucoup. [applaudissements] J'ai bien aimé vous faire voter. Je crois que je vais continuer. Merci beaucoup. Moi, je me demandais s'il y avait des moments durant votre carrière de présidente où vous avez été tenté de rompre avec le rôle de de neutralité qui vous incombe justement. Mais plein de fois et je le fais en fait. Euh j'ai soit sur des textes qui me tiennent particulièrement à cœur et dans ce cas-là, je les pousse comme une dingue. Et là, c'est le cas de la fin de vie et l'aide à mourir. C'est un tex, j'ai l'impression, vous connaissez Cisif, j'ai l'impression que je monte mon rocher et que il redescend à chaque fois, je le remonte, il redescend. Là, je crois que je touche au but. Mais euh donc là, typiquement à chaque fois que j'ai eu un premier ministre et j'en ai eu quelques-uns, euh le premier moment que j'avais avec eux, je disais voilà, ce texte-là c'est une priorité, il faut y aller et cetera. Donc en fait là, je suis plus du tout neutre. Je suis très militante pour un pour euh que ce texte-là puisse naviguer. J'ai un texte, j'ai un souvenir d'un texte, mais c'est une bataille homérique et j'ai pris le perchoir, jeai j'ai pas pu le lâcher parce que si je lâchais le perir perchoir, le texte ne passait pas. C'était un texte sur la parité, donc un texte de droit des femmes pour dire en fait que dans les élections locales, quel que soit le nombre d'habitants de la ville, il faut faire des listes paritaires. Avant, il y avait un seuil à 1000 habitants et donc 30 % des villes avaient des listes paritaires et 70 % des villes n'en avaient pas. Et donc on a passé une loi pour dire il faut des listes paritaires quel que soit le nombre d'habitants des communes. Et c'est un texte pour lequel les LR, le Rassemblement national, le groupe Horizon se sont opposés comme jamais. Et en fait, j'avais décidé, je devais aller à Lille, j'avais une réunion publique à Lille et j'avais dit, c'est un texte qui me tenait à cœur, je monte au perchoir, je prends 2 heures et après je pars. Et en fait, il y avait une telle tension dans l'hémicycle, il était rempli parce que il y avait un enjeu, une tension folle et en fait j'ai présidé et puis à un moment on il y a un amendement des républicains qui prévoit que le texte ne sera pas applicable. à ces élections là de 2026, mais il dit le texte va être applicable en 2032. Donc ça veut dire jamais. Et l'amendement passe à une voie et donc applicable 2032. Je suspends. La ministre appelle Matignon pour dire "Est-ce qu'on peut demander une seconde délibération ?" Matignon lui dit non, j'appelle Matignon, je dis c'est quoi ça ? Je veux une deuxième délibération. Ah ouais mais tu es sûr machin ? Je dis je veux une deuxième délibération. OK, tu la veux, tu l'as. On demande une deuxième délire. Je vais voir le président de groupe communiste qui est un copain parce qu'on a assiégé, il était membre de la commission des loi et je lui je lui dis non mais tu peux pas faire ça. C'est et je lui explique et tout ça et je lui dis écoute faut que tu changes le vote du groupe communiste. Ils sont 10 et on discute 10 minutes et je le convainc. Donc on passe la deuxième délibération, ça marche. L'amendement 2032 est rejeté, notre loi est applicable 2026. Le président du groupe LR descend, il gueule en disant "Mais attends, c'est ta majorité, tu viens de faire un truc contre la majorité et cetera, c'est scandaleux machin." Et là, tu vois, moi je dans ce cas-là, j'avance, [rires] je remonte sur mon perchoir, on avance le texte et le texte il passe et c'est un texte qui est majeur pour l'engagement des femmes en politique et si j'avais pas été au perchoir ce soir-là, il serait pas passé. Et donc là effectivement mes convictions personnelles ont pris le pas sur la neutralité absolue de la présidence qui aurait en fait n'aurait pas peut-être pas dû intervenir sur la demande de deuxème délibération et cetera et cetera. Mais je regrette pas du tout parce que c'est un pas de plus pour l'égalité entre les hommes et les femmes dans ce pays. Et j'imagine que c'est dans ces moments-là même que vous trouvez le plus de sens dans votre maisur mais bien sûr je je trouve un sens fou. J'ai le sentiment d'être utile, d'être impliqué et de pouvoir peser sur le cours des choses. Donc oui et puis c'est en fait faire de la politique, c'est se battre, c'est mener des batailles et celles-là c'est des belles batailles que j'ai mené, j'en suis fière. Après là où la plus belle bataille aussi que j'ai mené, c'est l'accession au perchoir parce que là aussi, et c'est ce que je raconte dans mon livre, le perchoir, il m'était pas destiné. Je devais pas devenir présidente de l'Assemblée nationale, je devais rester ministre des outresemères. Et l'exécutif avait un candidat favori qui était pas moi. Et ils m'ont demandé de pas y aller et j'ai écouté mais je les ai pas écouté eux. Je me suis écouté moi et je me suis dit mais non ma place elle est à l'assemblée au perchoir. Et donc j'ai je leur ai dit j'y vais. Ils étaient pas contents et après j'ai fait une campagne et j'ai gagné. Et grâce à ça, parce que je me suis rebellée parce que j'ai écouté et ben il y a eu une première femme à la présidence de l'Assemblée nationale, si j'avais pas fait ça, il y en aurait pas. On serait encore aujourd'hui avec une présidence masculine à l'Assemblée nationale. Et donc cette bataille là que j'ai mené, voilà avec la force de mes convictions mais aussi avec mes tripes parce que quand même il faut pouvoir dire non au président de la République, il faut pouvoir dire non à la première ministre, il faut pouvoir mettre en jeu un poste de ministre puisque j'étais ministre. Donc tu vois, ça demande quand même un peu d'engagement, un peu de voilà de de conviction, mais je regrette pas parce que grâce à ça, là aussi j'ai fait avancer la cause des femmes et là je me suis sentie utile. Je pense que effectivement ce s tu voyez quand je vous disais la fonction publique et cetera. Oui, en fait se sentir utile c'est génial. Après, quand vous serez dans le monde privé, vous serez aussi utile. Il y a pas de sujet. Mais c'est vraiment se sentir utile, se dire que vous avez une activité qui est tournée vers les autres et qui profite aux autres, qui n'est pas là que pour votre satisfaction personnelle. Mais ça c'est d'une puissance folle et c'est absolument génial et ça vous porte et vous pouvez travailler 20h par jour et vous pouvez affronter les tempêtes parce que vous avez le sentiment que vous servez à quelque chose. Merci. Bonsoir madame la présidente, merci de votre présence. Vous avez établi un lien entre l'absence de résultats politiques d'une part et la montée de la défiance envers le politique éventuellement de ce que vous avez appelé les partis extrêmes d'autre part. Or, on sort de on est à la fin du deuxème quinquen d'Emmanuel Macron euh et les partis donc que vous avez appelé extrême n'ont jamais été aussi haut. Comment vous réconciliez ces deux aspects ? Mais justement, c'est parce que même si on a un certain nombre de résultats que nous avons acquis, ça reste insuffisant. On voit qu'on n pas on a réussi à faire baisser le chômage mais pas suffisamment et il est en train de remonter. On voit qu'on a beaucoup travaillé sur l'accès aux soins, sur la santé, sur mais pas suffisamment. La France reste un grand désert médical et on voit que malgré tous nos efforts sur l'éducation par exemple avec notamment toutes les mesures autour du dédoublement des classes dans les quartiers prioritaires de la ville et toutes les mesures d'accompagnement qu'on a pris sur le collège avec les dispositifs de voir fait et cetera et cetera, on a encore bah notre classement PISA, il est toujours pas très bon et donc en fait c'est vrai que il y a une crise du résultat qui est d à la aux difficultés du monde. Et on voit bien que chaque mandat est entravé par des circonstances extérieures, mais je pense que ça sera le cas aussi pour les mandats suivant. Et on voit aussi la difficulté à transformer la société parce que c'est difficile de faire bouger les lignes et cetera et c'est là où effectivement on se heurte à on a des résultats insuffisants et il y a une perception de l'opinion publique qui est aussi difficile de modifier parce que euh en fait on esté par euh les faits divers, par les raccourcis, par un débat public euh qui est euh biaisé. Et donc c'est très difficile de faire valoir les réussites mais c'est comme pour tout. On parle des trains qui arrivent qui arrivent en retard par des trains qui arrivent à l'heure. Quand ça marche bien, quand on a des beaux succès, en fait c'est normal. Et en revanche quand on a des échecs, bah c'est notre échec. Et donc c'est pour ça je crois que c'est et ça ça doit tous nous interroger dans notre capacité à faire bouger le système et il faut à mon sens avoir une action de transformation profonde de notre système puisqu'en fait on se retrouve avec un système qui s'autobloque et ça c'est pas possible parce que ça crée aussi cette défiance et cette radicalité. Bonjour, merci de de votre venue. Je voulais également poser une question sur la notion des extrêmes un peu en continuation. Vous nous avez parlé de la polarisation de l'Assemblée nationale, de la possibilité d'introduire la proportionnelle. On l'a vu aujourd'hui, le le compromis dans cette optique est de plus en plus important entre les parties. Et donc, je voulais vous demander, est-ce que aujourd'hui vous mettez sur le même point l'extrême gauche LFI ou et l'extrême droite le Rassemblement national pour éventuellement faire des compromis avec eux ? optique de faire passer des lois ou même plus loin de gouverner. Alors aujourd'hui à l'Assemblée nationale, on bâtit des compromis avec aucun de ces deux groupes. Après, ça veut pas dire qu'il vote pas des lois qui sont dans les micycles qui sont présentés et il y a des lois qui passent avec les voies de la France insoumise, avec les voies du Rassemblement national et il y a des dizaines de lois qui sont votées à l'unanimité, donc qui sont votées par tous les groupes. Après faire des compromis, travailler, essayer de rapprocher des positions avec la France insoumise et avec le Rassemblement national, on ne le fait pas. En tout cas, ma majorité, la majorité à laquelle j'appartiens ne le fait pas et moi je ne souhaite pas le faire. C'est c'est deux parties qui sont très différents, très différents dans leur posture, dans leur dans dans ce qu'il proposent évidemment, mais dans la façon de proposer et cetera. Ils ont pas du tout les mêmes choix de de de modalité de combat. Euh mais pour autant, ils sont tous les deux dans des radicalités mais qui sont différentes mais qui sont quand même radicales. Et c'est pas c'est pas c'est pas ma vision de la société, c'est surtout pas ma vision du débat et de moi je suis une modérée euh vraiment dans mon c'est c'est voilà c'est ma nature. Je suis quelqu'un de très équilibré. Moi, je dis pas en même temps, mais je voilà, je suis à la recherche tout le temps de cet équilibre et c'est vrai que ces deux parties proposent des solutions qui sont vraiment très radicales pour transformer la société et j'y adhère pas. Après, ce qui est terrible très rapidement, c'est que surtout le Rassemblement national en fait, on les voit monter dans l'hémicycle physiquement. En fait, quand je suis arrivée dans l'hémicycle en 2017, j'ai sep députés Rassemblement national, ils peuvent même pas former un groupe politi qui sont au dernier rang complètement à droite de mes cycles. En 2022, nouvelles élections législatives, 5 ans plus tard, ils arrivent, ils sont 88. C'est une travée entière d'en bas tout en haut. En 2024, après la dissolution, ils sont 125. avec l'UDR, les 15, ils sont 140, ils sont deux través entières. Donc en fait vous, on voit une progression physique se faire à l'Assemblée nationale et donc c'est voilà, c'est et et ça ça se ressent leur présence. H mais euh oui aujourd'hui et c'est en fait le le c'était une des bonnes nouvelles de 2024 quand l'élection législative a eu lieu, c'était que il y avait dans l'hémicycle une majorité qui appartenait au camp républicain et que les deux extrêmes additionnés n'atteignaient pas la majorité absolue. C'était ça la bonne nouvelle parce qu'autrement les deux extrêmes auraient pu à n'importe quel moment se liguer pour faire tomber le gouvernement ce qu'ils font puisque le Rassemblement national n'hésite jamais à voter les motions de censure déposée par la France insoumise et c'est ça qui fait chuter Barnier. Et donc effectivement aujourd'hui, on peut encore nouer des compromis avec des partis dit de gouvernement et républicain. C'est ce qu'on a fait notamment sur le PLFSS, budget de la sécurité sociale. On n' pas été jusqu'à utiliser un 493 parce qu'on a réussi à nouer un compromis et donc on a obtenu un vote favorable des du Parti socialiste qui nous a permis d'avoir et une abstention des écologistes qui nous ont permis d'avoir une majorité. Mais effectivement, la question qui pourrait se poser en 2027, c'est comment on fait pour avancer si on a euh maintenant une majorité de députés qui appartiennent à ces deux groupes extrêmes, ce que en tout cas moi pendant l'année qui vient, je ferai tout pour éviter. Après, l'Assemblée nationale, elle représente les Français et donc on peut pas, c'est pas comme des d qu'on va jeter en se disant "Bon, ils me plaisent pas donc je relance." C'est la voilà, elle est élue et il faut faire avec et c'est en cela qu'on respecte la volonté populaire. Bonsoir madame. Bonsoir. J'aurais une question concernant les évolutions de l'Assemblée nationale dont vous avez pu être témoin au cours de ces neuf dernières années au-delà des seules réconfigurations politiques dont vous avez pu parler. Quelles sont donc ces grandes évolutions, que ce soit en terme d'exercice du métier de députés ou encore de comportement à l'Assemblée nationale ? H donc déjà effectivement davantage de conflictualité très clairement avec la ces ces deux groupes dont on parle qui ont monté en en puissance en terme de nombre et donc davantage de conflictualité, ça c'est sûr. Après moi ce que j'ai vu c'est une Assemblée nationale qui a davantage un fonctionnement collectif. En tout cas, c'est ce que j'ai impulsé depuis 3 ans. C'est-à-dire que en fait moi, j'ai pas de 493 pour fonctionner. Et donc pour prendre des décisions à l'Assemblée nationale, que ce soit en conférence des présidents, pour prendre des décisions, j'ai besoin des voix des présidents de groupe représentant une majorité de députés. Donc j'ai besoin pour prendre des décisions sur l'ordre du jour, sur les commissions d'enquête et cetera de raller des présidents de groupe de la famille présidentielle et des présidents de groupe de l'opposition. Dans le bureau de l'Assemblée nationale, j'ai 22 membres. On est en gros 1/3 un bloc de gauche, un bloc de droite, un bloc central. Donc là aussi, j'ai besoin de raller du monde. Quand on est en majorité absolue, c'est facile. Vous avez la majorité partout en conférence des présidents, bureau, tout passe facile. Il y a un groupe qui dit "Je veux ça" et c'est cette décisionlà qui est prise. Donc en fait ce qu'on constate tous, c'est que depuis 2022, les organes de l'Assemblée nationale fonctionnent davantage de façon démocratique avec beaucoup plus de délibération, beaucoup plus de dialogue, des prises de décisions communes. Et moi, comme je vais je dialogue beaucoup, je vais chercher l'unanimité que j'obtiens. 90 % du temps, j'obtiens l'unanimité en conférence des présidents et en bureau de l'Assemblée nationale et je trouve que c'est plus souhaitable. Donc là, moi je le note vraiment comme j'étais avant, je siis dans ces deux organes aussi en tant que présidente de commission, je vois une différence très nette. Donc une assemblée qui fonctionne mieux en sens où on délibère mieux ensemble. Donc ça c'est plutôt un un atout. Après, on a pu euh moi j'ai j'ai inventé une nouvelle pratique dont je suis fan et je suis pas modeste. C'est euh très très simplement, on a une semaine par mois où on a euh l'ordre du jour de l'Assemblée nationale à la main de l'Assemblée nationale. Donc une semaine par mois, l'ordre du jour est fixé par l'Assemblée nationale avec des propositions de loi. D'accord ? Et la décision se prend d'inscrire les propositions loi à l'ordre du jour, se prend en conférence des présidents à la majorité donc des députés des présidents de groupe représentant la majorité des députés. Quand il y avait un groupe majoritaire 2017-2022, ces semaines de l'assemblée étaient 100 % trusté par le groupe majoritaire qui inscrivait que des textes du groupe majoritaire. 2022, on arrive, on a plus la majorité. Comment on fait ? Qu'est-ce qu'on met dans cette semaine-là comme texte ? Et moi, je propose au président de groupe, je leur dis bah on va mettre des textes transpartisant. Kako, c'est des textes qui seront signés dès l'origine par un certain nombre de députés. Donc, on définit des seuils et cetera qui appartiennent à la majorité et à l'opposition. C'est une condition d'inscription des textes. Et depuis 2022, tout le monde est d'accord, j'ai 11 groupes politiques qui me disent oui. Et depuis 2022, on a inscrit dans ces semaines de l'assemblée près d'une cinquantaine de textes transpartisans qui sont portés dès l'origine par des députés opposition majorité, un socialiste, un droite républicaine, un communiste, un Renaissance et cetera. Et ça c'est une pratique nouvelle qu'on a imaginé et créé pour s'adapter aux circonstances actuelles et qui là aussi vient instaurer une nouvelle pratique qui je crois démocratique sur le plan démocratique est hyper intéressante. Et ce que je trouve encore plus intéressant, c'est qu'avant les députés, en fait, il faisait que s'opposer. Et là, comme ils savent que s'ils s'entendent sur un texte, ils vont accéder à l'ordre du jour, mais en fait au lieu de chercher leur point de dissensus, ils cherchent leur point de convergence parce qu'ils se disent si on arrive à à charpenter quelque chose et ben on va pouvoir le mettre en débat dans l'hémicycle. Et pour vous prendre un exemple de texte qu'on a voté comme cela assez récemment et dont vous avez forcément entendu parler, c'est le texte sur la définition pénale du viol dans lequel on a introduit la notion de consentement. Et ben ce texte-là est une initiative transpartisane portée par une députée écologiste Marie-Charlotte Garin, une députée ensemble pour la République et Véronique Cruon. et le texte a été adopté à une très très large majorité dans une semaine transpartisane. Donc ça c'est une pratique nouvelle qu'on a inventé et ce qui est génial c'est que les présidents de groupe il sont venus me voir pour me dire ton truc là ça serait bien qu'on le mette dans le règlement de l'Assemblée nationale pour que si demain il y avait à nouveau une majorité absolue on ne revienne pas à l'ancienne pratique qui était de dédier l'ensemble de l'ordre du jour au groupe majoritair mais il faudrait qu'on conserve l'ordre du jour transpartisan et là où j'étais super contente aussi c'est que le Sénat a adopté lui aussi des semaines d'ordre du jour transpartisance qu'il n'avait pas avant. Il a là-dessus copié l'assemblée. Donc en fait pour ça que moi je suis toujours optimiste parce que face à une situation donnée, je on a toujours des voix et moyens de modifier nos habitudes, de modifier nos règles et cetera pour s'adapter à la situation et essayer d'en tirer le meilleur profit. Et c'est ce que j'essaie de faire. C'est absolument passionnant. Merci. On va peut-être prendre une dernière question. Bonjour, merci pour votre présence. Euh ma question concerne l'institution symétrique à la vôtre, le Sénat dont la légitimité est régulièrement questionnée, en particulier depuis le référendum de 1969 initié par le général de Gaulle. Et je crois que c'est Lionel Jospin qui avait dit "Le Sénat est une anomalie de la démocratie". Donc je voulais savoir ce que vous en pensez, quelle est votre position vis-à-vis voilà de cette anomalie ? Alors, on est dans les Yvelines. Le président du Sénat est comme moi élu des Yvelines et donc on se connaît particulièrement et moi on s'apprécie beaucoup. Et franchement, moi je pense pas du tout que le Sénat est une anomalie démocratique. Bien au contraire, c'est utile. C'est utile d'avoir deux chambres. C'est et la plupart euh voire je crois tous les pays qui ont un certain nombre d'habitants ont deux chambres euh pour légiférer. L'Allemagne, l'Espagne, l'Angleterre et cetera. Donc les grandes nations ont deux chambres et quand on a deux chambres, il est normal qu'on ait des modes d'élection différents. Autrement, ça ne sert à rien. Et donc qu'il y ait un suffrage direct, un suffrage indirect et cetera. C'est c'est assez naturel. Donc moi ça me pose aucune difficulté et bien au contraire, je trouve que c'est important. On croise des regards, on a des regards différents, on a des parcours politiques différents et en fait on le Sénat a aussi un rôle de stabilisateur de la société. Euh et donc moi je trouve qu'on est très complémentaire dans nos assemblées et Gérard Larch et moi-même sommes aussi très complémentaires dans notre façon de faire de la politique et je pense que dans les circonstances actuelles, c'est plutôt utile euh à notre pays. Après, est-ce qu'il faut s'interroger sur la composition du Sénat pour voir si on pouvait pas le faire évoluer ? Comme vous l'avez évoqué général de Gaulle, c'était cassé les dents sur ce sujet-là. Ça revient souvent pas la suppression du Sénat parce que je pense que ça serait vraiment une erreur mais en revanche comment est-ce qu'on peut pas le modifier un peu ? Et on a il y a des propositions qui sont dans l'air et que je trouve intéressantes sur un modèle un peu comme le Bundesrat où on on aurait des présidents de région, des présidents de département et cetera pour avoir associé davantage les élus locaux. Ça c'est une piste. Et là, vous voyez, j'étais euh au Maroc et la chambre des conseillers est aussi constituée avec des collège qui représente les organisations patronales, les syndicats et cetera. Et donc là aussi, ça peut être une piste d'avoir et c'était la le projet, c'était de fusionner un peu le Sénat et le CE. Et donc là, on peut s'interroger sur comment mieux organiser le Sénat. Je crois que le président du Sénat n'est pas opposé à ses questionnements, mais il est très opposé à la réduction du pouvoir législatif du Sénat, ce que je comprends. Mais dans les périodes d'incertitude politique que nous vivons, je trouve que c'est plutôt bien d'avoir ces deux chambres et d'avoir des majorités qui sont pas forcément alignées. Comme vous le savez, le Sénat, l'élection se fait renouvellement par moitié tous les 3 ans. Donc on n'est pas dans le même cycle politique que l'élection présidentielle, que l'élection législative. Je pense que c'est assez riche, assez stabilisateur et comme vous le savez également, si on veut par exemple réformer la constitution, on a besoin avant de soumettre le texte constitutionnel, soit à votre suffrage par l'intermédiaire de référendum, soit au suffrage du congrès avec une majorité des 3/5e, on a besoin d'avoir un texte qui soit adopté dans les mêmes termes par les deux chambres avec une navette perpétuelle qui fait que je vous ai décrit une navette parlement sur des textes constitutionnels, il n'y a pas de CMP. Et je crois que ça c'est très protecteur de savoir que notre constitution pour la modifier a besoin de l'accord de ces deux chambres qui sont élus différemment, qui sont composés différemment, qui n'ont pas le même regard et que si tous les parlementaires élus de ces chambres sont d'accord pour engager une réforme constitutionnelle, bah ça veut dire que c'est solide ce qu'on fait et que on n'est pas on n'est pas soumis à des vents comme ça de l'histoire qui pourraient être dangereux. Et la Constitution, j'en terminerai par là, c'est l'organisation des pouvoirs publics, mais c'est vos droits et libertés. La Constitution, c'est ce qui vient garantir votre liberté d'expression, votre liberté de manifester, le votre liberté de croire, de ne pas croire, l'égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de la presse, la liberté d'aller et venir. Toutes ces libertés sont garanties par la Constitution. Donc la Constitution, si vous avez un bien précieux dans nos institutions, c'est ça. Et donc qui est le Sénat qui permette justement de faire en sorte que demain n'importe quelle majorité élu viendrait en pied renier vos droits et libertés, renier les équilibres qui sont ceux qui sont notamment issus de la révolution française. Moi je trouve que c'est plutôt rassurant pour nous tous collectivement. Donc, je me garderais bien de bouleverser nos institutions. Je suis convaincu qu'il y en a plein qui vont vous le proposer pendant les élections 2027. Il y en a plein qui vont proposer le big bang institutionnel et cetera. Je n'y crois pas et je pense qu'il n'est pas souhaitable et que au contraire ça mettrait vos droits et libertés en péril. Donc, prenez garde. Merci. On va prendre Attendez, [rires] on a juste un tout petit peu de temps. Donc, on va prendre une toute dernière question. Oui. Euh ici. Bonsoir Valérie Gautier, professeur à C. Je il y a un mot que je crois vous affectionner que vous avez prononcé juste une fois ce soir, c'est le mot dialogue euh qui est le travailler ensemble et je pense que ça illustre bien ce que vous avez euh présenté comme la la nouvelle enfin la nouvelle une pratique transpartisane qui permet de mettre comment vous qualifieriez la différence entre dialogue et débat. En fait le le le dialogue en fait c'est ce que je fais au quotidien. C'est-à-dire que je pense que pour gérer une organisation euh il faut se parler, il faut aller les uns vers les autres, il faut pas ne avoir de la sincérité dans ce dans cette écoute que l'on a et toujours maintenir ce lien d'écoute, de confiance. Et ça c'est vraiment mon quotidien. C'est euh alors avec des personnalités que vous connaissez tous et qui me font confiance et donc qui euh voilà sont euh qui voilà avec lesquels je dialogue tous les jours à l'Assemblée pour faire fonctionner l'institution. Le débat euh bah c'est ce qu'on a dans l'hémicycle. Donc c'est pas du tout la même chose. Ça peut être c'est le le l'exposition des points de vues les uns des autres et avec on l'espère à l'Assemblée nationale le rapprochement des points de vue. Et on y arrive parfois et c'est intéressant parce que un beau débat c'est le débat où chacun accepte d'être convaincu par l'autre et de progresser dans son opinion parce que c'est un beau débat. C'est là où les positions ne sont pas figées. Et moi, j'avoue que à la en fait les compromis se faire sous nos yeux avec des parlementaires qui acceptent de reconnaître qu'ils évoluent dans leurs opinions, que finalement ils pensaient comme cela mais que en écoutant les autres, ils ils acceptent de penser différemment et qu'ils vont changer leur vote et cetera. Et le débat parlementaire, c'est ce qu'il y a, je crois, de plus précieux lorsqu'on arrive à le faire de bonne foi. Il faut pour débattre, il faut cette volonté de débattre. Et cette volonté de débattre, elle n'est pas l'apanage de tout le monde. Et c'est ça et c'est bien ça la difficulté. Euh après, comme je le disais, il y a des gens avec qui on n' pas envie de débattre non plus et ça faut faut l'assumer. Après euh moi le le dialogue c'est vraiment quelque chose que c'est ma méthode de travail. C'est ma méthode de travail. Parfois c'est très très long. Euh quand j'ai renouvelé le bureau de l'Assemblée nationale, je sais pas si vous vous rappelez la le bureau euh avait été trusté par le NFP qui avait obtenu la majorité au bureau et il y avait des groupes politiques qui étaient exclus au bureau de l'Assemblée nationale, notamment le Rassemblement national et je trouvais que c'était une anomalie. Et donc j'ai euh lors du renouvellement du bureau, j'ai proposé un autre système. Si vous saviez les heures et les heures et les heures que j'ai passé avec chacun des présidents de groupe pour les convaincre, pour essayer de trouver le chemin, mais par le dialogue, par le respect, par l'écoute, on y arrive. Je crois qu'on y arrive toujours en fait. Et donc il faut jamais renoncer ni à dialoguer, ni à débattre. Merci. Merci madame la présidente. Merci à tous d'être venu ce soir. Merci à vous. Merci beaucoup. [applaudissements] [applaudissements] Merci beaucoup.