Transcript for [HEC Débats reçoit Rima Abdul Malak](https://www.youtube.com/watch?v=OjQOLKZhnLc) by [Merlin AI](https://merlin.foyer.work/) Merci à tous d'être venu ce soir et nous tenons également à remercier madame la ministre pour sa présence qui a eu la gentillesse d'accepter notre invitation et je pense que c'est non seulement de plus en plus important euh de donner la parole à des personnalités de la culture ici à Chaussée et c'est aussi très intéressant compte tenu de l'actualité. Bon, sans plus tarder, on va débuter l'introduction de madame la ministre. La culture, l'héritage de la noblesse du monde André André Malot alors ministre des affaires culturelles en 1963 lors d'un voyage au Québec. Tout au long de son parcours, il s'est forcé de rassembler cette noblesse du monde, ce patrimoine commun de l'humanité à travers son musée imaginaire fait d'œuvres et de souvenirs éparses. Et nous allons à un autre tour essayer de retracer votre parcours à travers votre musée imaginaire. Ouvrons les portes du musée. Une musique retentie, c'est faill rose. Cette voix d'or qui s'élève comme une prière et qui caresse les murs de pierre. Vous vous souvenez ? Elle vous renvoie en 1979 à Beou vous êtes né. Oui, Beyouth, cette ville a la beauté fissurée. Cette ville a l'amour inconditionnel où il faut parfois composer avec le passé alors qu'elle a un futur qui n'est jamais simple. cette ville que vous avez dans lequel vous avez grandi et qui vous marque encore jusqu'à aujourd'hui. Soudain, la voix de la chanteuse se tarie, elle s'étouffe. La musique s'estompe, les rougissements des bombardements et tout cette musique. Elle s'interrompt. Le fracas de la guerre vous contraint de quitter cette salle. Nous allons devoir la quitter pour rejoindre une autre. Oui, une odeur de beurre fondu et d'épices rempli la pièce. Un hommage à Paul Buse. Lyon, ville des frères Lumières, vous accueille. Vous ouvre grand les bras cette ville d'exil marqué par son art de servir à table incarné par la gastronomie française. Vous yz étudié à l'IP avant de rejoindre la ville lumière pour terminer vos études et prendre la tête d'une ONG en tant que directrice des programmes clown sans frontière. Nous changeons de pièces, les feux d'artifice éclatent, les visiteurs s'enivrent et le damier musical s'agite. Un livre trône au milieu de la pièce paraît une fête d'Ernest et Mingou. C'est dans cet esprit de liberté et d'effervescence que vous rejoignez la mairie de Paris au côté de Bertrand de la Noé. Vous cherchez à arbitrer quelque chose de difficile. C'est un art subtil de conjuguer les comptes d'apothicair et l'étude des verts d'Apolinaires. Un rayon transperce l'obscurité. Les lignes bleues, jaune et rouge s'entrecroisent. Elles dansent, elle profilent le gigantisme américain. Vous reconnaissez cette toile dans cette autre pièce New York City de Mondrillant. Vous quittez la capitale française pour rejoindre l'ambassade de France aux États-Unis, vous efforc de faire rayonner l'exception culturelle française de l'autre côté de l'Atlantique. Et vous rejoindrez ensuite le cabinet d'Emmanuel Macron, président de la République en tant que conseillère aux affaires culturelles en 2019. Une nouvelle salle s'ouvre. Elle vous attire, elle vous appelle. Les murs sont hornés et à incruster de bronzes et des bes. Des motifs africains s'y distinguent. Oui, nous sommes en 2022 et ces portes du palais d'Abomé vous arrêtent netes. Majestueuse. Elle vous rappelle un moment marquant de votre mandat en tant que ministre de la culture en 2022. La rétrocession de ces œuvres spoilées au royaume du Bénin dans le cadre de la commission Savoissard. et vous forcé tout au long de votre mandat à avoir un seul objectif, celui que la culture ne soit plus domination mais réconciliation réciliation réconciliation entre les peuples mais aussi entre les citoyens. Un bruit sour transperce la salle. Des voix sont distingues. Oui, c'est le cercle des poètes disparus revisités au goût du jour le Rima Poésy Club que vous fondez en tant que ministre de la culture. Enfin, une dernière pièce s'échappe. Oui, vous la remarquez une œuvre vous appelle, elle respire. Hercule et onal cette toile de Chenchile qui a été malheureusement détruite dans le cadre de l'explosion du port de Beoute en 2020 qui a été contrainte à l'exil à Los Angeles afin d'être reconstituée et qui a finalement repris place à Beou comme vous. Elle a bravé le souffle et les éclats avant de retrouver Beou, sa ville natale. Beout, cette ville, vous allez prendre la tête du jour au quotidien, l'orient le jour et vous efforcer de ne pas ressasser le passé, mais plutôt à ensuffler un nouveau souffle au présent. Alors chers visiteurs, nous sommes dans la contrainte de vous annoncer que le musée va fermer ses portes en raison des du vol des bou des joyaux de la couronne. Alors avant de vous de le quitter, emporter avec vous ce souvenir, la culture et l'héritage de la noblesse du monde. Merci. [Applaudissements] Est-ce que avant de commencer vous aimeriez rebondir sur ce qui vient d'être dit, l'introduction qui vient d'être faite par Théophile ? Ben bravo, malheureux serait très fier euh parce que c'est très joliment écrit, tout est dit, l'essentiel y est et avec un peu d'humour et beaucoup de poésie. Donc merci. Ben merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation et d'être venu aujourd'hui nous donner cette conférence à HC. Donc vous allez prendre la tête du média franco-olibanais l'Orient le jour en novembre prochain. Donc une fonction qui fait naturellement écho à votre parcours entre l'île banan et la France. Avant de revenir sur votre rôle au sein du ministère français de la culture en tant que conseillère du culture et ensuite ministre de la culture et également sur les enjeux actuel du journalisme et des médias, nous aimerons vous demander comment cette double culture, tout ce parcours entre le Liban et la France, euh comment cela a façonner votre rapport à la culture et à influencer la personne et la professionnelle que vous êtes aujourd'hui ? Alors oui, comme ça a été dit, moi j'ai passé les 10 premières années de ma vie à Beou. Bon, c'était la guerre civile. Pendant la guerre, j'avais pas vraiment de sortie culturelle possible. Donc on allait ni au musée, ni au théâtre, ni au cinéma, ni au concert. Euh c'est à peine si on pouvait se promener en forêt ou sortir de chez nous. Mais il y avait quand même la place de la musique qui passait par la radio, qui passait par les chansons, notamment Froz. Effectivement, il se trouve qu'en plus mon prénom Rima a été choisi par mes parents à cause d'une chanson de Férous ou grâce plutôt à une chanson de Férous parce que sa fille s'appelle Rima, figurez-vous et qu'elle a écrit une berceuse pour sa fille Rima pour que Rima s'endorme. Et mes parents adoraient cette berceuse et comme je suis leur premier enfant, ils rêvaient de chanter cette chanson sans changer une seule lettre aux paroles. Et donc ils m'ont donné quand même le prénom de la fille de Férous. Donc je suis quand même née sous le signe de la musique et et de la culture. Et il y a la poésie qui vite a pris beaucoup de place dans mon enfance parce que c'était pour moi les meilleurs souvenirs de mon enfance. Il y avait un oncle qui pratiquait une tradition orale de poésie au Liban qui s'appelle le Zajal, qui est une sorte de déclamation improvisée notamment pendant les repas ou les célébrations familiales. Et il arrivait comme ça à attraper des mots qui voltaient dans les conversations et il improvisait à partir de ça. Ça faisait des rimes, ça faisait des images nouvelles, ça faisait comme ça un voyage dans l'imagination. Et moi, j'avais 7 8 9 ans et j'attendais ce moment avec impatience pour nous emmener un peu loin de la noirceur, de la guerre et de ce qu'on vivait. Donc quelque part, la culture par la musique, par la poésie a toujours été ces lueurs de lumière dans l'obscurité qui font que on se dit ça vaut le coup de de se réveiller demain et de continuer à croire à la vie. Donc pour moi la culture a toujours été ça, quelque chose qui nous qui nous sauve du désastre. Et justement, vous dites que la culture était plutôt une passion personnelle. Vous vous expliquez parfois même que elle était votre jardin secret quand vous étiez enfant. Qu'est-ce qui vous a finalement poussé à en faire le cœur de votre parcours professionnel ? Et ben, c'était pas prévu du tout. Moi, je voulais être journaliste, métier que je n'ai jamais fait. Mais comme quoi maintenant, je vais diriger un journal. Donc tout arrive. Euh et donc j'avais fait collège à Lyon, lycée à Lyon, Science Poau à Lyon en me disant je vais ensuite rentrer dans une école de journalisme. Et puis pendant ma scolarité à Science Poau à Lyon euh je me suis mise à m'intéresser aux associations, aux ONG, au monde de l'humanitaire et je m'étais dit en fait j'ai envie de concrètement agir sur le terrain et pas juste écrire sur ce qui se passe dans le monde. Ça c'est très important. Mais si je pouvais faire concrètement des choses avec des ONG, amener des médicaments, sauver des enfants, euh développer des projets avec des ONG, j'aimerais bien faire ça. Et donc, j'ai eu envie de ce côté très opérationnel de l'humanitaire et donc je suis partie faire un master à mon époque, on disait un DSS à la Sorbonne pour le développement, la coopération internationale et le monde des ONG. Et après, je suis partie avec le CCFD, le comité catholique contre la fin et pour le développement dans les territoires palestiniens. Ça a été mon premier boulot en fait euh en 2000 à Gaza, figurez-vous, à Hébron en Sis Jordanie et à Hauptes associations. Et donc moi au départ, j'étais partie quand même vraiment sur le sujet coopération internationale, organisation internationale, ONG avec une dimension culturelle parce que ça me travaillait toujours et que moi-même je faisais du théâtre, je faisais un peu de musique, je continuais à m'intéresser au monde de la culture mais j'imaginais pas en faire mon travail. C'est grâce à ce projet avec le comité catholique contre la fin et pour le développement que j'ai rencontré des artistes à Gazain qui venaient offrir des spectacles et faire des ateliers avec les enfants et former des éducateurs dans les camps de réfugiés. Et je me suis rendu compte mais ça existe, je savais pas. Il s'appelle les clown sans frontières. Qu'est-ce que c'est que ça ? Je ne savais pas. J'en avais jamais entendu parler. et on a discuté, on s'est super bien entendu euh au retour, on s'est écrit, on s'est revu et de fil en aiguille en fait, ils m'ont proposé de venir travailler avec eux mais c'était une minuscule association et moi, c'était pas ça au départ mes plans, mais ça venait réunir l'humanitaire et la culture parce que je savais même pas que c'était possible en fait à ce moment-là et je n'avais que 22 ans et je me suis retrouvée embauchée à Crun en Frontière où j'étais en fait, on était que deux euh moi à pleinttemps et ma collègue à mi-temps et au début on faisait tout à une et demi. Donc un conseil pour vos futur boulot, sachez que une petite structure c'est en général on y apprend beaucoup plus de choses que dans une très grosse boîte où très souvent on commence par faire du café, des photocopies alors que dans une petite structure, on se retrouve à être très polyvalent et à apprendre plein de tâches très très différentes. Et c'est comme ça que petit à petit, je suis allée plus vers l'organisation de projet avec un sens politique parce que il faut négocier des visas avec le Soudan, la possibilité de faire un spectacle dans l'espace public en Birmanie alors que c'est interdit de se rassembler à plus de cinq personnes dans la rue, régler tout un tas de problèmes diplomatiques et cetera. Donc ça devient aussi très politique, hein. Ça a beau être des clown, c'est très politique. Et euh et de fil en aiguille, les financeurs que j'étais allé voir pour qu'ils nous soutiennent pour l'association Clone sans frontière sont devenus mes recruteurs. Après parmi ces financeurs, il y avait l'Institut français qui dépend du ministère des affaires étrangères qui m'a recruté. Il y avait la mairie de Paris qui m'a recruté. En fait, tous ces gens, je les ai rencontré parce qu'à un moment donné, j'étais allé leur demander de l'argent. Donc non seulement ils m'ont donné de l'argent et ils ont cru dans les projets qu'on développé, mais après ils m'ont donné du boulot. Et de fil en aiguille, j'ai continué comme ça à allier l'international et la culture jusqu'à ce que quand j'étais à l'Institut français à la mairie de Paris, il y a eu les élections la réélection de Bertrand de Lanoué en 2008. Et là, j'ai été appelé par des gens que je connaissais qui m'ont dit "Est-ce que ça t'intéresserait de rentrer dans le cabinet de l'adjoint à la culture ? Mais je sais pas ce que c'est un cabinet politique, c'est il faut faire quoi ? Moi, je suis pas au Parti socialiste, je compte pas prendre ma carte au Parti socialiste." Non, non, on te demande pas de prendre ta carte nulle part, mais voilà, on m'explique en gros en quoi ça consiste et je me dis bah c'est quand même vachement intéressant. C'est la capitale de la France, c'est une politique culturelle extrêmement dynamique. Pourquoi pas ? Et donc je vais rencontrer l'adjoint à la culture et je me retrouve recruté à la mairie de Paris. Puis après, je suis devenue la conseillère du maire directement dans son équipe. J'ai fait 6 ans à la mairie de Paris où là, j'ai plongé dans ce que c'est que la politique culturelle locale. C'était moins international, bien que tout est lié à l'international quand on est à Paris. Et après, je suis partie à New York comme ça a été dit. Et euh mais en tout cas, j'étais pas au départ, je m'étais pas dit que je ferais de la culture mon métier. C'était un loisir, c'était des passions, c'était une place importante dans ma vie. Mais mon métier devait pas être ça. Devait au départ être le journalisme, puis l'humanitaire et les ONG, puis bah tout ça a dévié vers la culture. Donc vous avez accédé progressivement à la fonction publique après avoir connu Non, je n'ai pas accédé à la fonction publique. Je vous arrête. Je ne suis pas fonctionnaire. Je n'ai jamais passé un concours administratif de ma vie. Je ne suis pas membre de la fonction publique. D'ailleurs, le jour où je n'étais plus ministre, je me suis retrouvée à la rue. À la rue, on s'entend. J'étais j'étais indépendante et ravie de retrouver de l'indépendance. Mais euh je me souviens que j'ai été reçu par la secrétaire générale du gouvernement qui m'a demandé cette question : "Avez-vous un corps à réintégrer ?" J'ai pas trop compris. Bah mon corps oui euh il a été un peu mal mené ces derniers temps. On va essayer de s'en occuper euh et de le remettre d'apomb parce qu'il était épuisé. Mais non un corps dans la fonction publique c'est l'inspect d'État, le la cour des comptes et cetera. Moi, je n'ai fait aucune intégration de corps de ce type là. Et donc je voilà, pardon, ça m'oripile quand on me dit que j'étais dans la fonction publique. Je ne suis pas fonctionnaire, je n'ai jamais été fonctionnaire, je ne serai jamais fonctionnaire et je n'ai jamais passé de concours administratif de ma vie et je ne fais partie d'aucun corps constitué de la fonction publique. Autant pour moi. Et donc oui, on voulait surtout en revenir à votre rôle de ministre de la culture entre 2022 et 2024 et on aimerait bah connaître quels ont été pour vous ces moments marquants durant ce mandat et comment vous avez défini les grandes priorités objectifs en endossant ce rôle pendant 2 ans au sein du gouvernement. Pardon ? Wou, c'est très large. Faut m'arrêter parce que sinon je vais partir dans un fleuve et on sera là demain matin encore. Euh moi en fait, j'étais déjà la conseillère d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Euh ça ça s'est produit parce que c'est lié aussi, c'est important que je vous raconte ça parce que vous allez naviguer dans la vie professionnelle et on se demande toujours comment ça vous tombe dessus une opportunité. Et pour moi, c'est des rencontres qui se font à des moments de la vie où on se dit pas que cette personne avec qui on échange ou on travaille va être la personne qui dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans va vous recruter ailleurs. Donc c'est extrêmement important de cultiver avec beaucoup de sincérité euh les rencontres professionnelles que vous faites. Ça peut commencer par un stage, ça peut commencer par une recherche sur quelque chose. C'est c'est pas forcément un boulot de 3 ans quelque part. Euh et moi quand j'étais à la mairie de Paris, il y avait la directrice adjointe de cabinet de Bertand de la Noé, Anne de Bzer euh qui je me demande si elle a pas fait HC d'ailleurs, je vais revérifier euh qui s'est retrouvé des années plus tard auprès d'Emmanuel Macron à l'Élysée comme secrétaire général adjointe. Et nous les anciens de de Lanoué, on avait créé une association quand de la Noé n'était plus mère, quand Annie Dalgo est arrivé. Euh, on a créé une association des anciens collaborateurs de la Noué pour continuer à se voir une fois par an. Et moi, je revenais de New York exprès juste pour retrouver tous mes anciens collègues, retrouver Bertrand de la nué que j'aimais beaucoup et on faisait une soirée assez festive d'échange et chacun prenait des nouvelles et ça c'est le genre de networking qui est très utile aussi dans la vie. On le faisait vraiment parce que c'était agréable mais en fait ça nous permettait de garder le lien de qui faisait quoi, qui allait où. Et donc cette Anne de BER, je la vois dans ça. Elle me dit "Mais alors, qu'est-ce que tu deviens ? Tu es toujours à New York ?" Oui, mais je termine bientôt. Je rentre dans quelques mois. Ah d'accord. Quelques mois plus tard, elle m'appelle, j'étais à Paris et elle me dit "Si tu es bien rentré New York, j'ai quelque chose à te proposer. Est-ce que tu pourrais venir me voir à l'Élysée ?" Euh "Oui, j'arrive." Et j'arrive à l'Élysée. Et là, elle me dit "Bah, on a pensé à toi pour remplacer la concertculture du président qui était arrivé au début du quinquena mais qui partait. Euh, est-ce que ça t'intéresserait Voilà. Donc c'est ça qui est fou en fait, c'est que c'est des gens avec qui j'ai travaillé à d'autres moments de ma vie euh et qui ont été déterminant pour la suite. Donc grâce à Anne de Bezer, j'ai rencontré Emmanuel Macron qui m'a fait confiance. Je me suis retrouvée conseillère à son cabinet. 3 mois après, on s'est retrouvé pris dans la tornade du Covid et en fait tout ce que j'avais imaginé qu'on allait faire a été percuté par la gestion de la crise du Covid. Donc d'un coup, fallait se poser des questions qu'on s'est jamais posé, trouver des solutions à des problèmes qui s'étaient jamais produits et c'était passionnant en même temps, mais c'était extrêmement stressant. Et c'est une période où on a été obligé de travailler différemment de d'habitude où moi j'ai vu beaucoup plus souvent le président, je pense que s'il y avait pas eu le Covid, peut-être que la concert culture, il l'aurait vu une fois par mois. Mais là, c'était tout le temps. Tous les jours, on s'écrivait des SMS, il m'appelait et euh on travaillait évidemment avec le ministère de la culture et Matignon, mais ça a créé une proximité, une confiance et puis un mode de travail qui était exceptionnel parce que c'était une période exceptionnelle. Arrivé en mai 2022, j'avais aucune idée que j'allais moi devenir ministre de la culture. Je ne l'avais pas demandé, je ne le souhaitais pas. J'imaginais soit que Rosine Batlo allait rester mini, soit que le président allait choisir quelqu'un d'autre et moi-même je lui avais fait des listes d'ailleurs de suggestion. Si vous voulez changer, voilà des idées différentes catégories, des gens très politiques qui ont été par exemple maire de grandes villes et qui ont fait des choses intéressante sur la culture qui soit de droite ou de gauche. Si vous voulez prendre des figures culturelles par exemple des directeurs de grands établissements, voilà ceux qui ont un peu de charisme, un peu de de sens politique, un peu de connaissance aussi des des rouages du ministère. Si vous voulez des profils plus atypiques, voilà une liste et cetera. Et puis on échange sur des noms et je me dis bon apparemment il va y avoir un choix parmi certains de ces noms et puis non un jour je reçois un appel et ça me tombe dessus et ça c'était pas du tout prévu non plus. Sauf que quand ça commence, je rentre dans la marmite de la fonction de ministre, bah en fait, j'ai déjà en tête ce qui est important parce que ça fait 2 ans et demi que je travaille auprès d'Emmanuel Macron, que je sais la politique culturelle qu'il veut porter, je sais les sujets importants, je connais les dossiers, je connais les gens du ministère. Donc le plus dur pour moi n'est pas euh la matière du ministère de la culture. Le plus dur, c'est la communication, les interviews, se retrouver dès 7h du matin à répondre à des questions de journalistes, à des matinales de radio le soir, à la télé, enfin c'est ça. et c'est le parlement, c'està-dire se retrouver en plus en assemblée en majorité relative dans un contexte politique nouveau à devoir défendre des textes, répondre à des commissions, répondre à des auditions, répondre à des questions de députés, de sénateur et ça ça prend énormément de temps. Ça bouffe un/ers du temps d'un ministre le parlement ce qui est normal mais en temps de majorité relative, ça prend encore plus de temps. Et donc, fallait gérer le temps entre la vie médiatique, la vie à l'Assemblée et au Sénat et puis la vie réelle de ministre de la culture à suivre des dossiers, à manager les gens, à faire avancer des réformes et des projets. Donc moi, mes grandes priorités, je vais aller très très vite mais on aura l'occasion de rentrer dans le détail si vous avez des questions, ça a été un la jeunesse, l'accès des jeunes à la culture via le pass culture, l'éducation artistique, mais aussi leur donner une place eux en tant que protagonistes de la vie culturelle, de d'entendre leur voix, de les former aussi pour qu'ils rentrent dans les métiers de la culture. Donc, on a développé par exemple pour les métiers du cinéma un grand plan de formation pour doubler nos capacités de formation. On a ouvert des écoles à Marseille notamment où il y avait très peu de formation pour les métiers du son, de l'image et du cinéma. Euh ma deuxième priorité c'était le patrimoine. Euh restaurer, préserver, reconstruire évidemment des grands chantiers emblématiques comme Notre-Dame de Paris. On avait fait tout un plan pour toutes les cathédrales de France pour les sécuriser, pour améliorer euh euh la sécurité incendie, pour les restaurer, mais ça a été aussi le château de Viller Côtery en Picardie. C'était le château de François Ier, le seul château Renaissance de Picardi qui était complètement à l'abandon, qu'on a transformé, réhabilité et ouvert en tant que cité internationale de la langue française pour qu'il y ait un lieu dédié à la langue française. Je vous invite vraiment à y aller si un jour vous avez le temps de faire une petite excursion, c'est à pas très loin de Paris, c'est à 1h et ça vaut vraiment le coup. Euh dans patrimoine, il y avait aussi les métiers du patrimoine. Comme j'ai une obsession sur la formation, j'ai voulu faire un plan dédié au métier d'art, à l'artisanat et euh permettre aux jeunes de se former à ces métiers pour que ces métiers, ils existent encore dans 20 ans, dans 50 ans et donc transmettre ces savoir-faire français qui font toute notre fierté à l'international. Ma troisème priorité c'était l'indépendance des médias parce que on oublie souvent mais le ministère de la culture c'est aussi le ministère des aides à la presse de la régulation des médias et on a eu beaucoup de sujets sur cette période concernant le pluralisme l'indépendance des médias la fiabilité de l'information c'est aussi le soutien à l'audiovisuel public France Télévision Radio France l'Institut national de l'audiovisuel et cetera ça c'est un énorme morceaux c'est le ministère de la culture en gros he c'est 8 milliards 4 milliards pour ce qu'on dit la culture, patrimoine, création, cinéma et cetera. Et 4 milliards, c'est l'audiovisuel, l'audiovisuel public. Donc c'est c'est assez énorme. Ensuite, il y a plein d'autres priorités mais je vais pas tout lister parce que ce serait trop long mais on pourra y revenir. Justement, vous avez mentionné l'inauguration de la cité internationale de la langue française à Viller Côery. Est-ce que selon vous la langue française doit être définie par l'Académie française ou bien par les citoyens ? Les deux. En fait, l'académie, c'est vraiment des gens passionnants qui passent des journées entières à scruter les évolution de la langue et ils sont un peu gars de de cette histoire. Elle est pas figée la langue de l'Académie française. Elle est en mouvement, il y a un approfondissement, il y a le dictionnaire, c'est une langue qui est travaillée, qui est enrichie. C'est c'est extrêmement intéressant. Et puis a la langue des citoyens, des artistes, des musiciens, euh des rappeurs, euh des écrivains. Et en fait cette langue, elle est nourrit d'énormément d'influences, des langues régionales, de l'argot, de langues étrangères. Et justement, si vous allez à la cité internationale de la langue française à Viller Côré, il y a une salle où on voit l'origine des mots qu'on utilise en français. Par exemple, vous avez un planisphère et si vous cliquez sur abricot, vous vous voyez que abricot vient de l'arabe. Si vous cliquez sur Pacbo, vous voyez que Packabat, ça vient de l'anglais et pourquoi ça s'appelait packat et cetera. Et donc c'est hyper intéressant de voir que plein de mots qu'on utilise en fait viennent d'autres langues. Et il y a une autre salle à l'inverse qui vous montre comment des mots qu'on utilise en français sont aussi présents dans d'autres langues. Le mot souvenir par exemple et là vous voyez s'afficher 50 pays qui utilisent le mot souvenir ou euh je sais plus enfin il y en a plein comme ça et ça ça décentre un peu notre regard sur la langue. surtout aujourd'hui la francophonie nous français on l'associe à la France mais c'est pas la France l'épicentre de la francophonie aujourd'hui c'est l'Afrique et c'est une ville en Afrique notamment qui est Kinshasa si on prend l'endroit du monde la ville au monde où il y a le plus de gens qui parlent français c'est Kinshasa donc l'épicentre de la francophonie c'est Kinshasa et ça c'est réjouissant aussi de se dire que l'avenir de la langue française parce que c'est là-bas que il y a la population la plus jeune la plus nombreuse, elle dépend de l'Afrique, elle dépend pas de nous. Bon, c'est intéressant aussi de de décentrer ça et euh ça veut pas dire que la France n'a pas un rôle à jouer, que l'Académie française n'a pas un rôle à jouer. Euh en plus, c'est un Libanais qui est secrétaire perpétuel, Amine Malouf, qui est un brillantissime écrivain et qui parle français avec un absolument charmant accent libanais. Euh bah c'est ça aussi la langue française, c'est des accents, c'est des origines différentes, c'est des influences, c'est ce dialogue entre le français et d'autres langues et c'est une richesse extraordinaire. Vraiment merci beaucoup. On voulait également revenir euh sur euh des mesures qui sont mises en place très souvent et notamment euh il y a quelques semaines avec la pantthéonisation de Robert Badinter. Vous avez personnellement contribué à la pantonisation du résistant euh Missak Manouian rejoignant notamment Joséphine Baker ou encore Simon Veille et on voulait vous demander comment on choisit les grands les grands hommes auxquels la nation exprime sa reconnaissance. Alors, Infine, c'est une décision du président de la République. En amont, il y a énormément d'états parce qu'il y a des association qui porte des demandes. Il y a des historiens qui portent des demandes. Il y a euh les familles, c'est toujours un peu compliqué parce que souvent ce sont des personnalités qui sont enterrées quelque part et les familles sont attachées à l'endroit où ces personnes sont enterrées. veulent pas toujours déplacer les cendres ou les corps euh au panthéon. Euh en tout cas, il y a quand même des critères. C'est-à-dire que moi souvent comme ministre de la culture, j'avais tous les jours quelqu'un qui voulait pantthéoniser un grand artiste. Peut-être vous aviez entendu cette micropolémique qu'on avait eu avec Francis Huster qui voulait absolument panthéoniser Molière. Euh sauf qu'en fait nous on comprenait pas cette obsession de pantthéoniser Molière parce que le panthéon bon déjà c'est quand même après la révolution c'est il y a quand même une période historique peut pas remonter aussi loin. Ensuite euh les personnalités qui sont pantthonisées sont pas uniquement des grands artistes. sont des personnes qui ont œuvré pour la nation, pour la République, pour des idéos politique en quelque sorte. Et donc c'est pas uniquement un grand écrivain. Le nombre de gens qui m'ont dit il faut pantoniser RB, faut pantoniser Verlen ensemble, faut pantoniser Rimbo et Verlin ensemble, faut prendre enfin tous les jours j'avais des demandes et en fait c'est pas possible, c'est pas l'open bar de la ponernisation, il y a il y a quand même oui, il y a quand même des critères historiques et politiques. Et même si Molière a été subversif, a été politique dans ses pièces, enfin par rapport à l'époque où il était, il était quand même à la cour du roi et cetera. Enfin, on pouvait pas placer ça dans le contexte de ce qu'est une pantthéonisation aujourd'hui. Par contre, je suis hyper fière qu'on est pantthéonisé. Joséphine Baker, ça ça a été pour moi une émotion extraordinaire et le monde entier en a parlé. Plein de jeunes dans les classes ont travaillé sur Joséphine Baker toute l'année. Enfin, c'était magnifique de lui rendre cet hommage là. Euh Missakmanouéan, j'en ai pleuré aussi. Je trouve que c'est un très bel hommage à tous les résistants venus de l'étranger qui se sont battus pour la France et en plus c'est un grand poète et écrivain et ça permettait aussi de rendre hommage à l'Arménie et à cette histoire douloureuse du génocide arménien et de de le rappeler. Donc il y avait plein voilà plein de quand on déplie le sujet Miss Manouchon, il y a tellement à dire sur notre histoire. Voilà, c'est pas facile. Il y a eu le débat sur Gisel Alimi. Moi personnellement, j'aurais poussé pour panthéoniser Gisel Alimi. Voilà. À la fin, c'est une décision du président de la République et un conseiller mémoire aussi à l'Élysée qui est Bruno Roger Petit qui a qui a beaucoup d'influence. Euh il y a diverses associations, le président reçoit énormément de monde. C'est un des présidents qui a fait le plus de panthéonisation. Euh faut pas non plus trop en faire parce qu'au bout d'un moment, ça peut-être banalise trop la pantonisation. Alors c'est quand même un moment extrêmement exceptionnel. Euh mais c'est euh voilà pour le sens civique et pour ce qui nous relie comme nation, je trouve que c'est important. Pour revenir à la crise du Covid, cette crise a illustré que bah les métiers d'art, les intermants du spectacle sont parfois sujets à la précarité. Comment est-ce qu'on peut faire pour préserver leur savoir-faire et pour rendre ces filières plus attractives ? Bah justement, la France a la chance d'avoir un ministère de la culture qui est quand même extrêmement euh puissant par rapport à d'autres pays, qui a des budgets que d'autres pays n'ont pas et il y a tout le tissu euh soutenu par les collectivités locales. Je pense qu'il y a deux jambes dans la politique culturelle en France qu'il faut pas oublier. L'État, les collectivités. L'État, les collectivités. L'une peut pas marcher sans l'autre. Et aujourd'hui, la fragilisation de beaucoup de métiers de la culture vient presque plus euh du désengagement de certaines collectivités, région, département, mairie que du désengagement de l'État. Euh moi quand j'étais ministre, j'ai eu deux budgets en hausse du ministère de la culture. Je suis arrivé en 2022, le budget était déjà négocié par Osine Bachelot, mais pour le budget 2023, j'ai obtenu + 7 % et pour le budget 2024, j'ai obtenu + 6 %. Donc j'ai pu quand même augmenter pas tout parce que j'avais des priorités. Donc par exemple, j'ai augmenté les budgets des écoles d'architecture parce qu'il y avait un énorme retard et et que pour moi l'avenir de l'architecture se jouait aussi dans cette vingtaine d'écoles nationales qui font la fierté de la France. On pouvait pas les laisser euh périclité. Euh et voilà. Donc en même temps, je pouvais pas aussi soutenir augmenter euh tout, mais j'ai fait des choix qui me semblaient des priorités à à certains moments. Euh je pense que pendant le Covid, ce qui a été très marquant et ça moi conseillère à l'Élysée, je m'étais beaucoup battu et je me souviendrai toute ma vie de ces quelques jours là, ça a duré 4 jours de NGO pour obtenir l'année blanche. L'année blanche, c'était quoi ? c'était pour le régime des intermittents du spectacle euh leur garantir une année d'indemnisation parce qu'on ne savait pas quand les spectacles, les festivals, les tournages allaient reprendre et on pouvait pas se permettre comme ce qui s'est passé dans d'autres pays que tous ces artistes, tous ces techniciens du monde du spectacle et de l'audiovisuel se retrouvent à devoir changer de métier ou à être serveur dans des barres et encore les bars étaient fermées aussi aux États-Unis. en Angleterre, moi tous les gens que je connais ont énormément souffert de la période du Covid en France. Ils ont pu travailler, ils ont pu être soutenus par cette année blanche. Ils ont eu une année qui a été en plus prolongée à près d'un an et demi euh pour avoir cette visibilité là. Et l'autre chose qui a été très importante, ça a été de créer un fond pour que les tournages reprennent. Euh je vous explique, en fait, les tournages de film euh ne pouvaient pas se faire avec euh les risques de Covid parce que il n'était pas assuré. Aucune assurance n'acceptait de d'assurer un tournage parce que c'était trop de perte. Si il y avait un cas de Covid, fallait tout arrêter. Vous souvenez à l'époque, il fallait euh 3 semaines de mise à l'écart et cetera. Donc l'ensemble du tournage aurait été planté, des frais énormes auraient été engloutis. Donc comme aucune assurance voulait le faire, on s'est dit on va exceptionnellement se substituer temporairement aux assurance. On va faire un fond d'indemnisation. On va mettre dessus 50 millions pour rassurer la profession. Ça veut pas dire qu'ils vont être utilisés ces 50 millions. D'ailleurs, ils ont pas largement pas été utilisés mais c'était un fond pour mettre en confiance les gens. Et si vous avez un cadre de de Covid et que vous vous retrouvez à annuler tout, bah vous serez indemnisé par l'État. Et ça, on l'a annoncé le 6 mai confinement le 13 mars ou le 16 mars annonce le 6 mai de ce fond mise en place le 1er juin. On n' fait un truc aussi rapide dans l'histoire des nouvelles mesures du du ministère de la culture. On a été le premier pays au monde à reprendre les tournages de cinéma au moment du Covid. Qu'est-ce que ça a permis ? Ça a permis que la France avait plein de films prêts à être montrés quand les salles ont rouvert alors qu'il y avait plus de films aux États-Unis qui étaient tourné et plus de films ailleurs. Ce qui a fait que quoi ? Quand les cinémas ont rouvert en mai 2021, les gens se sont rués en salle. Il y avait, je sais pas si vous souvenez, des que devant les cinémas, il y avait des reportages des gens même à 8h30 du matin, ils voulaient aller au cinéma tellement ça leur avait manqué. Ça c'est beau quand même en France. Et il y avait quasiment que des films français à l'affiche. Donc ça a reboosté le cinéma français. En fait, ça a fait du bien à toute l'industrie et aujourd'hui, on est la seule industrie du cinéma au monde qui a retrouvé ces chiffres d'avant Covid et qui a pas eu de chute euh de gros crash industriel. Et ben ça c'est des mesures comme celle-ci. Je je vais pas vous donner 1000 exemples mais ça c'est des mesures absolument structurantes, déterminantes. C'est à un moment une agilité de réflexion à plusieurs. Je dis pas que c'est moi toute seule, on s'est mis à quelques-uns et on a réfléchi à comment on contourne à chaque fois des problèmes qui sont face à nous. et et on se rend compte rétrospectivement que c'est en faisant ça euh et je vous rassure, ça a pas coûté grand-chose en terme de dépenses publiques puisque ça n'a pas été consommé ce fond, mais ça a créé ce momentum de confiance dont on avait besoin à ce moment-là pour que les tournages redémarrent et pour que derrière on ait tous les films prêts à à sortir quand ça a rouvert et donc notre industrie a été préservée. Et ça derrière c'est des emplois, c'est des retombées économiques pour les régions. On avait fait des études que quand un tournage est fait quelque part, s'il y a 1 € mis sur un tournage, il y a 7,60 € de retombée économique. Commerce, hôtel, restaurant, emploi direct, indirect. Je vous le dis à vous qui êtes HC parce que je sais que on vous raconte souvent que la culture c'est un truc qui coûte cher et qui rapporte pas. C'est pas vrai. La culture ça rapporte. Ça rapporte pour le tourisme, ça rapporte pour l'économie locale, ça rapporte pour le soft power français. Et le software français, ça vaut de l'or. On aurait pas le tourisme qu'on a en France si on avait pas euh le patrimoine qu'on a, les festivals qu'on a, la vie culturelle, la musique, le cinéma français qui est connu dans le monde entier. Donc euh ça c'est ce soft power, il vaut très cher. Et donc un tournage euh voilà, moins de tournage en France, ça aurait comme conséquence de la perte de revenus pour l'économie locale. Faut faut toujours avoir en tête aussi l'impact local de la culture. Merci beaucoup. Un autre sujet important, c'est le fait que vous ayez défendu avec courage et beaucoup les victimes de violence sexuelle dans le monde de la culture, en particulier dans le monde du cinéma avec l'affaire de Pardieu par exemple. Comment faire entendre comment faire entendre leur voix et leur témoignage à ces victimes alors même que le grand écran continue parfois à célébrer leur bourreaux ? Ça c'est une question euh très juste. Euh moi ce que j'avais essayé de faire c'était quand même d'agir concrètement pour euh que ces violences elles cessent sur les tournages euh parce que c'était quand même visiblement assez largement répondu. Donc on a mis en place des formations obligatoires euh des protocoles qui s'il n'étaient pas mis en place par les équipes de tournage faisait que le film ne pouvait pas être aidé par le CNC, le centre national du cinéma. Donc, on a conditionné les aides à la mise en place d'un certain nombre de choses, des cellules de veille, des cellules d'alerte, des numéros d'urgence, des formations, euh des référents violence et harcèlement sexuel et sexlistes sur les tournages. Donc tout ça quand même a été fait et réellement aujourd'hui, moi quand j'en discute avec des producteurs, des réalisateurs, des acteurs et des actrices, il y a eu une énorme amélioration sur les tournages. Maintenant, c'est important que les langues se délissent sur le passé et qui quand il y a des cas qui encore malheureusement malgré tout ça arrive, bah pour le coup là, il y a il y a un processus de de d'alerte et de remontée et de plainte qui se fait extrêmement vite. Donc, on s'est nettement amélioré là-dessus, mais le changement des mentalités, le changement des comportements, c'est très long. On croit que après tout ce qu'on a fait, toutes les campagnes, le mitou en France, le mitou dans le monde entier, les gens ont bougé, on se rend compte que pas tant que ça, il y a encore des comportements qui sont pas acceptables. Euh donc ça euh ça continue ces actions-là. Ça ça nécessite aussi de féminiser davantage les équipes. Donc quand je vous parlais des plans de formation auquels je tenais beaucoup, je tenais à ce qui est plus de femmes dans les filiires techniques par exemple queil y ait des femmes chef opératrices, ingénieur du son et cetera, plus vous aurez de femmes aussi sur un tournage dans les équipes techniques, bah ça change l'ambiance de travail, ça change la vigilance sur ces questions. plus de femmes aussi dans la production, enfin à tous les dans tous les métiers du cinéma et de l'audiovisuel. Et en revanche, moi j'ai une ligne plus nuancée sur les œuvres qu'on peut ou qu'on doit montrer. Je pense qu'une œuvre, c'est une œuvre collective. Un film, c'est pas que le film de Gérard de Pardieu, ça peut être l'acteur principal, mais il y a au générique 300 personnes qui ont travaillé. Et moi, à titre personnel, je suis pas pour le boycott des films. Je pense que il faut les voir. On peut les voir avec des débats avant, après, on peut s'étriper, on peut ne pas être d'accord. Ça fait partie aussi euh euh du charme du débat à la française. Euh mais je pense pas que ne pas les voir change quoi que ce soit à euh au combat contre les violences. Je pense que le combat contre les violences, c'est un combat d'éducation, de formation et de mise en place de de protocole de vigilance dans les équipes. Euh après, une fois qu'une œuvre est produite, elle échappe quelque part à ceux qui l'ont faite. Elle appartient aussi au public et et c'est un rôle, c'est pas Alors, évidemment si dans le film si le film est lui-même un film d'apologie du viol, ça c'est autre chose. Mais si ça n'a rien à voir, c'est un personnage qui est interprété certes par tel ou tel acteur. Après, j'entends que des gens ne veuillent pas voir tel film parce que ils veulent pas voir tel acteur ou telle personnalité sur l'écran. Mais voilà, moi ma ligne c'est plutôt pas de boycotte et du débat autour. parlons-en mais voyons les œuvres parce que les œuvres sont des œuvres collectives. Pour passer sur le sujet des médias, à l'heure actuelle, on observe une concentration des médias entre les mains de grands groupes qui fait l'objet donc de nombreuses pardon polémiques en France mais aussi dans le monde. Vous défendez avec conviction le rôle essentiel du journalisme. Comment est-ce que on peut dans ce contexte préserver la liberté, l'indépendance et le pluralisme de l'information ? Ouais. Euh alors sur le sujet de la concentration, je fais une petite nuance parce que c'est un sujet complexe. Vous pouvez avoir concentration sans ingérence dans la rédaction. Euh comme vous pouvez avoir euh plein d'actionnaires différents qui vont tous interférer et empêcher les journalistes d'être libre. Donc c'est pas systématique. Bon, évidemment quand il y a et concentration et ingérence là on double le risque. Mais mais voilà, faut faut nuancer ça quand même. En fait, en France, il y a quand même un pluralisme des médias au sens où si vous prenez la presse écrite, il y a un nombre de journaux incroyable avec des obédiences politiques extrêmement différentes et il y a un système d'aide à la presse au ministère qui est strictement apolitique, c'est-à-dire c'est un système d'aide avec des critères très très objectifs, nombre d'exemplaires, place de la publicité, nombre de journalistes dans la rédaction et cetera. Ce qui fait que vous pouvez avoir l'humanité qui est soutenue comme témoignage chrétien, comme le Figaro, comme le Parisien, comme vous voyez euh le journal de lutte ouvrière, tout est couvert en fait par les aides à la presse du ministère pour préserver le pluralisme. Ça c'est aussi la loi 1881 en France qui permet à la presse écrite de d'être diffusé quel que soi les opinions qui sont contenues dans ces journaux. Et on considère que la presse écrite, comme les gens vont acheter le journal ou acheter un abonnement, en fait, ils font l'effort de mettre de l'argent pour choisir de lire tel ou tel point de vue et tant qu'ils ont une diversité de choix au kiosque, ils ont ce pluralisme. Pour la télévision, c'est un peu différent. C'est d'autres lois, d'autres régulations parce que la télévision c'est un canal que vous avez quasi gratuitement. Alors certes, avant on payait la redevance, aujourd'hui elle a été supprimée, mais c'est ça n'a rien à voir avec le coût réel euh que ça représente. Et donc il y a c'est un bien commun, les chaînes de télé qui sont données en fait distribuées euh qui sont affectés en fait à des chaînes de la TNT, la télé numérique terrestre et en échange de règles. Et moi mon grand combat, il est pas tellement le sujet de la concentration parce que il y a 1000 manières de voir le sujet de la concentration. Il est plus le respect des règles, le respect de la loi en fait qui est la loi de 1986 qui a été complétée par la loi bloche de 2016. Je vais pas être plus longue sur les détails techniques et législatifs, mais en gros, il y a des règles à respecter et euh je trouve assez insupportable que certaines chaînes qui sont sanctionnées par un régulateur qui est indépendant qui est l'Arcom, l'ancien CS1 transforme ces sanctions en se posant en victime d'idéologie qui serait pas les leurs. Ça n'a rien à voir avec les opinions en fait. ça à voir avec les respects de règles qui ne sont pas respectées. Si TF1, M6, France 2 ne respectait pas les règles, elle serait sanctionné de la même manière. Si C News et C8 sont sanctionnées, c'est parce qu'elles ne respectent pas les règles. Moi, quand j'étais ministre, il y a eu pendant 1 an de l'ordre de 22 sanctions sur C8 et CS et il y en avait deux pour toutes les autres chaînes. Bon, donc à un moment donné, il y a quelque chose qui nous interpelle. Une sanction, ça va être quoi ? Ça va être Cyril Anouna. euh prend la main d'une chroniqueuse et la met sur son sexe. Ça s'appelle une agression sexuelle dans le droit pénal français. Point. C'est la loi. On ne prend pas la main de quelqu'un et on la met sur son sexe encore moins à la télé. C'est c'est juste voilà, c'est le bon sens. euh bah sanction euh dignité des personnes par exemple dire que tous les mineurs étrangers sont des violeurs, des assassins. Ça avait été dit ça par exemple comme ça sur ces news. Bah ça ça c'est de l'injure, c'est du racisme, c'est un délit en France. Et bien sanction de l'ARCOM, c'est logique, c'est non respect de règles élémentaires. Donc en fait la liste des 22 23 sanctions, vous pouvez la retrouver sur le site du monde par exemple qui les avait toutes relistés. Et vous verrez que bah en fait ces gens qui à longueur de journée nous disent faut respecter la loi, l'ordre, l'ordre, l'ordre quand il s'agit d'eux et qui ne respecte pas les règles et qui se prennent des sanctions au lieu de dire un mande honorable, on a on a fauté dans l'énergie du direct, on a dérapé, on s'excuse, on recommencera pas. qui aurait été la réponse, je sais pas logique. Bah non, ils vont dire et des sénateurs et des députés vont relayer ça. Ce que moi je trouvait encore plus fou, c'estàd des gens qui sont les garants de la loi, les garants du respect de la loi. Le sénateur Ravier par exemple, proche d'Éric Zemour me disait au Sénat ce ne sont pas des sanctions, c'est une censure idéologique parce qu'ils sont contre l'idéologie dominante. De quoi vous parlez ? Bah l'idéologie dominante le respect des personnes, l'idéologie dominante le respect des femmes, l'idéologie dominante le respect des règles de loi que tous les autres respectent. Euh donc c'est ça en fait qui est aujourd'hui à l'œuvre et je vous demande une énorme vigilance là-dessus. Euh vous qui êtes amené dans tous les métiers à vivre avec l'information et la communication euh il y a une déformation du narratif du réel pour vous laisser penser que les victimes, ce sont eux. quand en fait eux n'ont pas respecté les règles et ça a rien à voir avec le fait d'avoir telle ou telle opinion. Si d'autres médias euh avaient euh enfrain certaines règles, bah elles auraient eu les mêmes sanctions. Voilà. Moi, c'était surtout ça mon combat, c'était qu'on est dans un espace quand même démocratique, un espace de pluralisme, un espace où pour que ça fonctionne, c'est comme le code de la route quoi. On respecte un code, sinon on va tous se rentrer dedans et il va se passer des gros accidents graves. C'est pareil pour notre démocratie et l'information, elle est au cœur de notre fonctionnement démocratique. Si on est mal informé, désinformé ou manipulé, notre démocratie sera en danger. Et donc ça commence à cet endroit-là. Être sanctionné pour non respect des règles et faire croire qu'on est victime d'une idéologie qui veut nous museler parce que notre opinion n'est pas euh du goût de euh la ministre de la culture soit-disant. C'est pas ça ce qui se passe. Voilà. Pardon, j'ai été un peu longue mais c'est important d'être clair sur ce sujet. Et si on reparle en particulier de la presse écrite, on voit qu'elle connaît un recul quand même assez important face à la montée du numérique. Et tandis que les plateformes et les créateurs de contenu à l'image d'Hugc par exemple occupent une place croissante dans la diffusion de l'information. Et dans ce nouveau paysage médiatique, comment pensez-vous qu'on peut réconcilier les jeunes avec la presse traditionnelle et plus largement leur redonner peut-être le goût de s'informer et de garder vivante leur curiosité ? En fait, il y a pas presse traditionnelle. C'est vous vous avez peut-être en tête la presse papier, mais le monde euh le Parisien, tous ces médias sont en ligne et peuvent être lus sur des applications, peuvent être l sur les réseaux sociaux, euh peuvent être euh diffusés aussi par des événements comme ce qu'on est en train de faire là, des débats et cetera. Donc aujourd'hui, un média c'est pas un papier, c'est beaucoup plus que ça. C'est une application, c'est une boîte numérique, c'est des réseaux sociaux et c'est des événements en chair et en hausse physique. Euh le festival du monde, le festival de Radio France, le festival d'Arté à la guetérique et cetera. En fait, c'est ça un média aujourd'hui. C'est c'est euh c'est un espace vivant qui peut du coup aussi intéresser les jeunes. Et moi, je dis merci Hugo Descrypt et tous ces talents des réseaux sociaux qui euh aident à décrypter l'information, aide à comprendre ce qui est une vraie, une fausse information, qui mettent parfois de l'humour, qui synthétisent. Euh au contraire, on a besoin aussi de relais comme ça. Euh et plus on aura dans la nouvelle génération des nouvelles voix, des nouveaux visages, des nouveaux formats, des nouvelles manières de raconter ce qui se passe dans le monde, plus on intéressera euh les jeunes à l'information. Moi, je crois pas que les jeunes se désintéressent de l'information. Je pense juste qu'on est saturé, qu'on a une sorte de fatigue informationnelle à tous les âges de la vie parce que voilà, on a une masse énorme qui nous voilà qui nous roule dessus en fait. Euh et on a du mal à s'y retrouver, on a du mal à faire confiance. Elle est où la bonne source ? Elle est où l'information fiable ? et comment je vais comprendre moi ce qui se passe et les répercussions par exemple de la guerre en Ukraine sur ce qui se passe ici enfin des sujets très compliqués et donc on a besoin de journalistes de plus en plus forts et de plus en plus clair et pédagogue. Et puis avec l'intelligence artificielle là on est percuté par encore quelque chose d'autre qui est qu'on va tous rentrer en mode agent conversationnel quoi. Pour la moindre chose de notre vie, on va poser la question à Chat GPT qui va nous répondre et ben comment le journalisme va évoluer par rapport à ça aussi. Est-ce que est-ce que le métier de journaliste va devoir s'adapter à ce mode agent conversationnel ? Moi ça m'interpelle, j'ai pas encore les réponses aujourd'hui, mais je pense que les titres des articles, les lives par exemple avec des journalistes, moi j'adore les lives du monde par exemple, je sais pas si vous envoyez mais que ce soit pendant les Jeux Olympiques ou pendant un drame national, on peut poser des questions, le journaliste du monde vous répond, c'est hyper vivant, il y a de l'humour, il y a des dessins. Bon franchement, c'est bien mieux que chat GPT. Donc je pense qu'il faut que les journalistes se muscl aussi sur des formats comme ça un peu plus nouveaux. va falloir réinventer leur métier. Euh mais c'est passionnant, l'IA va nous obliger à plus d'excellence et plus de différenciation, plus de valeur ajouté. Euh et ça sera le cas pour tous les métiers. Mais je pense que la presse peut être un peu plus en danger que d'autres parce que moi ce qui m'inquiète le plus, c'est quand on va sur Google, avant on avait tout de suite des articles de presse qui s'affichaient. Maintenant, bon, Google Overview est pas encore arrivé en France parce qu'on a fait une législation de protection des droits voisins, c'est-à-dire les les productions des contenu des éditeurs de presse qui fait qu'ils ont pas encore réussi à à trouver les modalités juridiques d'arrivée, mais ailleurs dans le monde, en fait, vous avez tout de suite des résumés qui sont faits par AI overview. Euh et donc les gens ne vont pas cliquer sur l'article source, ils vont pas lire l'article du New York Times par exemple, ils vont lire tout de suite le résumé de trois lignes, ils vont se dire "Bon bah ça me suffit, j'ai moins d'info, c'est bon." Résultat, en 4 mois, le New York Times a perdu 40 % de son trafic le New York Times. Donc moi là, je me dis "Ou là là, pour l'Orient le jour, comment on va faire si on perd 40 % de notre trafic Euh ça ça va être des répercussions énormes économiques. Qu'est-ce qu'on va raconter aux rares annonceurs de pub qui nous donnent encore de la pub ? Euh bah on a perdu 40 % du trafic. La pub elle va partir en courant déjà qu'elle est partie sur les plateformes. Donc on va avoir des gros questionnements sur les modèles économiques. Euh j'ai pas encore toutes les réponses que je n'ai pas commencé. Je commence le 10 novembre mais je commence déjà à réfléchir à tout ça et à regarder ce que les collègues font. Mais euh l'IA peut être à la fois un moteur pour l'excellence et une aide aussi pour les journalistes, mais peut aussi nous couper des flux de lecteurs qui pourraient arriver par les biais habituels qu'on avait avant. Donc il va falloir trouver d'autres manières de les toucher. Et ça c'est un sacré défi. Pardon. Pour finir, une question sur l'actualité plus politique. Vous avez longtemps travaillé auprès du président de la République dans le contexte politique actuel. Euh comment est-ce que vous analysez la posture du président, la stratégie de l'exécutif face aux tensions sociales institutionnelles ? Ouh là là, la question à 1000 € moi je suis pas dans sa tête et ça fait très longtemps que j'ai pas la dernière fois que j'ai échangé avec lui, c'était en janvier, donc ça date un peu euh de il y a plusieurs mois. Euh je pense que il essaie de pousser les partis politiques à dépasser leurs intérêts propres et leur stratégies courttermiste électorales pour créer des coalitions comme on peut le voir dans d'autres pays comme on a pu le voir en Italie, en Allemagne ou ailleurs. Le fait est que ça marche pas. Euh voilà. Euh là, il y a quand même des concessions énormes qui sont faites. Euh renoncer au 493, suspendre la réforme des retraites. Euh est-ce qu'elles arrivent trop tard ? Est-ce que c'est les bonnes concessions ? On peut on peut en débattre. Mais euh c'est un pas de plus qui est fait pour que les partis se disent "Bon, allons vers le compromis. Pour l'instant, ce qu'on narrive pas à créer en France, c'est une culture de compromis." Et je pense pas que ce soit la faute d'Emmanuel Macron. Je tous ceux qui appellent à sa démission, honnêtement, je ne vois pas ce que ça changerait. Euh quand bien même ce serait la version soft proposée par Édouard Philippe qui dit "Dans un an, on ferait des élections présidentielles." Bon, dans un an, on serait donc en novembre 2026. Les présidentielles sont en mai 2027, ça change quoi ? 5 6 mois, 7 mois d'écart, je je vois pas bien. Donc c'est je pense que en France, on aime beaucoup se focaliser sur la figure du chef de l'État alors que la réalité de nos difficultés est quand même beaucoup plus collective et qu'on a une classe politique que moi j'ai pu connaître sur le terrain dans plein de petites villes, villages, régions, c'est complètement différent. ces élus locaux sont parfois sans étiquette, parfois travaillent très très bien ensemble entre la gauche et la droite, sont concentrés sur des intérêts locaux communs, mais quand on arrive au niveau national, bizarrement euh on perd ça en fait et plus on a des échéances électorales, les municipales en mars et puis bien sûr les présidentielles en 2027, plus ils sont omnibulés par ça et en fait le budget qui va impacter la vie des Français ou des sujets qui sont pour moi importants sur sur l'environnement, sur l'éducation, bah vont passer à la trappe parce que c'est les stratégies électoralistes de surencher qui vont qui vont l'emporter. Donc voilà, je rentrerai pas dans ce concert de tous ceux qui veulent tirer sur la figure du président parce que je pense que c'est pas là le le blocage aujourd'hui de la France. Merci beaucoup. On va passer à un format qu'on a l'habitude de faire qui sont des questions un peu plus courtes. Voilà, on alternera. Tout le monde est réveillé là. Je pense que faut que vous m'aidiez hein. Un peu d'énergie avec moi. Alors, tout d'abord, quel mot devrait-on ajouter à la langue française selon vous ? J'allais dire tabouler parce que c'est vraiment pour moi mais peut-être il existe déjà dans le dictionnaire. Quelqu'un va vérifier et nous dire ça. Qui est votre artiste préféré ? Ouf ! Oh, il y en a tellement. Mais euh là en ce moment, je réécoute beaucoup Pat Smith euh parce que je trouve c'est une femme extraordinaire de liberté, d'émancipation qui est à la fois dans la poésie, dans le rock, dans la la photo euh et puis c'est New York et c'est Paris et c'est Rambo, elle est passionnée de Rambo. Enfin, je je j'admire énormément cette femme. Qu'acheter-vous avec votre pass culture ? Quelle quoi terriez-vous avec votre passulture ? à, j'achèterai des places de concert, j'achèterai des livres de poésie, j'achèterai euh des places pour le théâtre. Euh voilà, c'est déjà pas mal. Qui doit succéder à Robert Balter et bientôt Marc Bloc au Panthéon ? Ah ouais, c'est déjà euh une femme, ce serait bien, même s'il y en a eu euh une femme, ce serait bien. J'ai pas là euh j'allais redire, je disais la limite, mais ce débat était tranché, mais pour moi, ça aurait été beau. Euh ouais. Pourquoi devrait-on embrasser une carrière dans la culture plutôt que dans la finance ? Euh parce que la culture comme disait Malerot, c'est la réponse qu'on qu'on peut avoir quand on se demande quel est le sens de notre vie. Enfin, je je pense pas que le sens de la vie ce soit ce qu'on manipule comme masse par la finance. C'est important pour le fonctionnement de la planète, mais ça ne suffit pas. C'est-à-dire que euh ce qui nous tient, ce qui euh ce qui tient un pays, mais ce qui nous tient individuellement, ce qui est euh par exemple si vous rappelez les plus beaux souvenirs euh dans une histoire d'amour, dans une rencontre amicale, dans un voyage, ça sera très souvent, vous verrez, associé soit à une musique, soit un film, soit un lieu que vous avez aimé parce que l'architecture est belle, parce que le paysage est beau. Le paysage, c'est de la culture aussi. Euh c'est de la préservation de de la beauté. Euh donc on a besoin de beauté dans notre vie et moi personnellement je vois pas beaucoup de beauté dans la finance mais même si on a besoin aussi euh euh de faire fonctionner le marché de l'art, la l'industrie du cinéma et cetera, c'est aussi de la culture. La culture c'est pas éteré, c'est dans les c'est dans un marché aussi. Donc je j'ai bien conscience de ça. Mais pour moi en tout cas comme carrière et comme j'ai jamais été aussi heureuse que dans des métiers avec une matière culturelle parce que c'est de l'inspiration tous les jours, c'est de la beauté, c'est euh c'est de l'ouverture, c'est de l'imagination et on a besoin de ça pour palpiter, pour vibrer, pour trouver du goût et du sens à la vie. Merci beaucoup pour ces réponses. On va pouvoir passer aux questions du public. Et avant de partir, laissez-moi une minute à un moment donné pour vous lire un poème parce que je vais pas vous laisser sans poésie. Vous me direz quand, mais d'abord les questions. Bonsoir madame. Vous avez évoqué précédemment les augmentations du budget alloué à la culture lorsque vous étiez en fonction. Mais alors, doit-on s'inquiéter de voir la réduction de 200 millions d'euros du budget du ministère de la culture entre les projets de loi de finance de 2025 et celui d'octobre 2026 et plus généralement, que prévoyez-vous comme tendance pour les années futures ? Merci beaucoup. Ça, je sais pas. Pour les années futures, je pense que il y a il y a quand même une situation budgétaire globale en France qui est assez préoccupante et un endettement qui est préoccupant. Donc c'est normal que tout le monde fasse des efforts et c'est normal que le ministère de la culture fasse des efforts aussi. Après, il faut voir où sont faits ces efforts. Euh, il y a des endroits où il y a quand même des marges où on peut se dire sur une année donnée, on peut baisser là. Tant que moi par exemple, la priorité ce serait de garder euh la priorité pour la jeunesse, le passulture, l'éducation artistique, tout ce qui se fait aussi très localement dans les territoires. Euh après voilà, c'est des choix euh qui on a toujours des choix à faire parce qu'en réalité on a toujours besoin de plus d'argent. Même moi quand j'ai eu + 7 % + 6 % en réalité je demandais plus et je savais qu'il y avait besoin de plus. Mais il y a un moment, il faut savoir faire des choix et gérer des budgets, c'est aussi choisir des priorités. Euh donc moi euh ça me choque pas dans la période d'endettement actuel où il y a aussi des urgences pour les hôpitaux, pour les écoles, pour d'autres domaines, que la culture se sert un peu la ceinture, c'est aussi normal. Merci euh pour votre intervention générale. J'ai une question sur la différence que vous avez vécu entre travailler à la mairie de Paris pour la ville de Paris et au ministère de la culture parce que la ville de Paris c'est quand même de la culture assez locale, vous en avez parlé. Est-ce qu'il y avait un peu une frustration en travaillant au ministère de la culture d'être séparé de cette culture locale ? C'était quoi la différence entre les deux ? Voilà. Merci. Ouais, c'est vrai que c'est un peu plus loin comme échelle en fait le ministère culture parce que c'est toute la France, c'est des secteurs énormes, c'est des budgets énormes. Donc on peut pas avoir la granularité d'action, même si moi j'essayais autant que possible de ne pas perdre le contact avec le terrain et l'extrême local. J'avais même créé ce que j'avais appelé un fond d'innovation territoriale. Alors c'était, vous allez trouver ça peut-être très faible comme budget. C'était 5 millions par an. Mais avec ces 5 millions sur des toutes petites villes, des vraiment des communes de 300 habitants, 2000 habitants, on pouvait faire beaucoup de choses et euh et j'allais moi aussi en déplacement voir ce qui était fait. Par exemple, j'étais allé au Favril, un tout petit village dans les Haut de France vers Haonois Emeri où des gens avaient investi un moulin pour en faire un lieu de résidence d'artiste et partait avec une cariole poussée par deux annes véridiques déployer des ateliers d'art plastique avec les enfants dans tous les villages autour parce que sinon il y avait rien, il y avait pas d'activité culturelle dans ces villages-là. Et ben ça, ce petit fond d'innovation territoriale en leur donnant 10000 € et ben on arrivait à faire ça. C'est pour ça que quand on dit on baisse de 200 millions, si on arrive à préserver par exemple ces 5 millions de de projets locaux qui ont du sens parce que sinon il y aurait rien euh bah ça ça compte. Donc moi je je veillais à garder cet équilibre mais c'est vrai que j'avais souvent cette frustration que je n'avais pas à la ville de Paris ou encore aujourd'hui quand je traverse des rues de Paris, je me dis bah ça c'est une bibliothèque qu'on a ouvert avec Bertrand de laoué ça c'est le 104 je me rappelle quand on l'a ouvert et c'était les pompes funèbres et aujourd'hui c'est un lieu avec des jeunes qui dansent avec une librairie avec Emmaus avec des spectacles géniaux voilà c'est cette vie que la culture amène aussi dans un quartier on le voit beaucoup plus évoluer. On voit ça évoluer dans une ville quand on la traverse au quotidien. Et moi ce niveau local, il m'a passionné vraiment et surtout avec un maire comme de la Noé qui était extrêmement engagé quand on ouvrait par exemple un conservatoire dans le 13e arrondissement et que c'était le premier conservatoire un peu d'un nouveau style où on faisait des classes d'impro musical, de la danse jazz, des cours collectifs, de la samba brésilienne. D'un coup, ce conservatoire c'était vraiment, il y avait des gens de de d'autres pays qui venaient voir wou le nouveau modèle du conservatoire à la mairie de Paris. Euh ça c'était des grands bonheurs parce que c'est extrêmement concret et qu'on voit passer les gamins. C'est c'est tous les jours en fait. Alors que quand on est au ministère entre l'Assemblée, le Sénat, les télés, les décrets, les lois, les budgets un peu macros comme ça de milliards, très souvent on peut se retrouver à perdre le contact avec l'humain et le local. Moi, j'arrivais quand même à le faire mais c'était que un/ers de montant alors qu'à la mairie de Paris, c'était 100 % de montant. Merci. On est on est trois du master média à récréation ce soir et très heureuse d'être là. Euh et moi, j'ai deux questions qui sont très différentes. Euh je vous laisserai y répondre dans l'ordre de votre souhait. La première concerne le la villa Albertine euh vous avez travaillé. C'est un un réseau assez récent qui fonctionne très bien. Je crois que c'est vraiment une réussite. Donc ma première question est à quel moment dans cette histoire de la création de la ville albertine vous avez travaillé là-bas ? Voilà. Ma deuxième question donc porte sur le la stratégie nationale en faveur des métiers d'art que vous avez euh piloter quand vous étiez au ministère de la culture euh et très précisément sur le rapport euh dans cette stratégie là avec l'industrie du luxe vu que c'est c'est un sujet qui à la fois est très lié au territoire à une dimension euh aussi économique. Voilà, le on en a parlé du statut parfois précaire de des artisans d'art euh mais qui est aussi lié à ce à cette industrie du luxe. Voilà mes deux questions. Merci. Euh Villa Albertine. Alors, il y a une histoire en plusieurs étapes. Moi, je suis arrivée à New York en 2014, juste après, donc le deuxème mandat de Bertrand de la Noué que j'avais fait en totalité. Et à ce moment-là, on a ouvert une librairie qui vendait des livres en français à New York. Il y en avait plus parce qu'il y en avait une avant qui était au Rockfeller Center qui avait fermé. Et la première étape, ça a été l'ouverture d'une librairie. On a cogité. Quel est le nom qu'on va donner à cette librairie. On lui a donné le nom d'Albertine, personnage de Prou. Ça sonnait bien en anglais, c'était une femme. Prou adoré aux États-Unis par euh les gens qui lisent de la littérature. Et donc, on a ouvert cette librairie albertine en septembre 2014. Ça a été une très belle aventure et on a commencé à développer un festival autour de cette librairie. Plein d'événements réguliers autour de cette librairie. On a commencé à créer des pop-up albertines dans d'autres librairies du pays en lien avec des différents différents partenaires. Et donc cette ce nom Albertine a commencé à devenir un peu notre nouveau nom en tant que service culturel de l'ambassade de France. qui était quand même un nom hyper administratif et chiant. En anglais, c'était Cultural Services of the French Embassy in the US. Donc c'est bon, Villa Albertine, ça claque quoi. Euh mais au-delà du marketing, il y avait le fond, c'était quoi ? Moi quand j'y étais donc de 2014 à fin 2018 début 2019, on avait une fondation qui était adossé à au service culturel de l'ambassade et on levait de l'argent qui passait par cette fondation pour mener des projets parce qu'on avait très peu de budget qui nous était donnés directement par le ministère des affaires étrangères. Moi, j'avais à peu près 200000 € pour toute l'année pour tous les projets de tout le pays. Évidemment, ça ne suffisait pas et on levait de l'ordre de 2 3 4 millions via la fondation. pour euh avec du messena français comme américain soutenir des projets. Et on s'était rendu compte que euh pour que les artistes français soient davantage connus aux États-Unis, ça suffisait pas de faire une tournée 2 semaines, un concert 2 jours, une expo 3 semaines, qu'il fallait du temps et qu' fallait que les artistes passent du temps sur le terrain en lien avec la scène artistique américaine, rencontre des collectionneurs, des producteurs et cetera. Et donc il fallait faire plus de résidence. Donc moi j'avais lancé un programme de résidence financé par cette fondation. Puis je suis partie et tu arrivé Gaet Bruel qui était conseiller culturel à la qui dirigeait donc les services culturel et là il est arrivé aussi il y a eu le Covid donc il y a eu une recomposition une réflexion sur comment on travaille dans ces cas-là et en analysant tout ce qui avait été fait dans les années d'avant il s'est dit on va miser sur les résidences sur le temps long et puis ce nom très administratif de Cultural Services of the French Embassy, on va le changer et on va prendre ce nom d'Albertine qui est devenue très très reconnu et ce programme de résidence va se déployer partout dans le pays. C'est pas une villa comme la villa Micis où tout le monde vient dormir sur place, travailler sur place. C'est une résidence, on va dire, mobile, itinérante. Vous pouvez être en résidence dans une université, dans un musée, dans un théâtre, dans une école. Ça peut être plein de choses différentes tant qu'il y a un partenaire américain qui est partenaire et qui a un budget. Et donc il a monté en gamme et il l'a fait avec beaucoup d'ambition et de vision. Euh et franchement, il a très très bien réussi une un programme de résidence vraiment démultiplié qui qui a pris ce nom de Villa Albertine. Donc tout ça s'est inscrit un peu dans la continuité de ce qu'on avait fait à l'époque mais qui avait pas pris ce nom-là mais qui étaient les prémises de ça. Et les métiers d'art euh bien sûr, on a travaillé avec les les entreprises du luxe. Je vous donne un exemple pour relier aussi avec ma priorité jeunesse, formation, pas culture. On avait avec eux proposé 700 ateliers découverte métier d'art sur le pass culture. On s'est dit "Allez, on teste, on en met 700 dans toute la France, dans les manufactures, dans les usines et cetera et tout le monde s'est inscrit extrêmement vide. En 3 semaines, il y avait plus une place. Donc il y avait quand même un vrai engouement. On a mis en place un programme qui s'appelle les deux mains du luxe mais demain avec le deux le jeu de mot demain l'avenir et les demaux mains euh ça c'est toutes les entreprises du luxe qui se sont réunies. On a fait venir des collégiens, on a travaillé avec le ministère de l'éducation là-dessus pour des stages de 5e, des stages de 3e. On a connecté avec toutes ces entreprises qui cherchent à rester en France, à recruter en France et à former des nouveaux talents pour différents métiers et montrer que ces métiers de la main, ils sont valorisés en fait parce que avant il y avait un peu une vision que les filières générales, c'étaient les bonnes filières et que les filières technologiques ou manuelles étaient des voies de garage. Bah pas du tout. En fait, faut arriver aujourd'hui à revaloriser ces filières et de montrer que c'est des métiers de sens, des métiers d'avenir, des métiers où on peut se retrouver à 18 ans chez Hermes euh alors que en fac de psycho, on peut rester 5 ans et être au chômage après. Donc euh cette dévalorisation des filières artisanales, on a essayé de de travailler là-dessus aussi avec ces filières là. Donc tout le monde a joué le jeu. Dior Chelle VMH Chanel avec le 19M à Aubertvinier où il y a énormément de jeunes en formation, Hermes qui ont pris plein de jeunes en formation. Donc tout le monde a joué ce jeul-là. Ouais. On y arrivera pas si c'est pas groupé public et privé de toute façon. Bonsoir. Merci beaucoup. Moi, j'avais une petite question sur ce qui guide votre mission et votre parcours et notamment je sais que vous avez fait votre parcours dans un environnement assez particulier au lycée international à Lyon et d'autre part, je sais que vous étiez exprimé avec beaucoup de réticence aux dernières législatives face au propos du ARN qui notamment mentionnait des projets pour réduire le nombre de binationaux, il me semble, dans la fonction publique. Voilà. Et moi ma question c'était étant issu du même lycée et aussi binational, je me demandais comment est-ce que cette expérience et cet environnement ça a pu influencer votre vision de la gestion de la culture et est-ce que protéger la culture des repis identitaires, c'est quelque chose qui guide aussi votre mission politique ? Et comment est-ce que si oui, comment vous comptez continuer à cette direction ? Trois fois oui, 10 fois oui. Je je j'adore votre question. Le lycée international, ça a été une magnifique expérience. surtout que je j'y suis allée la première année d'ouverture du lycée. Donc imaginez la chance, un lycée tout neuf qui sentait la peinture toute fraîche, une cantine géniale, des profs qui démarraient, qui avaient vachement d'énergie. Qu'est-ce qu'on a eu une ouverture sur le monde entier ? Même nous, notre prof principal nous a emmené en voyage scolaire en Slovaquie. Bon, j'avoue que j'étais un peu déçu. Les autres, ils allaient à Londres, à New York, à Berlin et nous, on allait en Slovaquie. Mais en fait, c'était passionnant. J'ai découvert tous ces enjeux de la mutation de l'Europe de l'Est grâce à ce voyage, sinon j'y seraiis jamais allé alors que Londres et Berlin. Évidemment que plus tard, j'y suis allée. Donc il y avait cette ouverture, ces décalages de vision. Il y avait un club histoire. Bon, ça existe plus trop mais les mêmes profs sont toujours là. Frédéric Fouier, Eveline Suma et je me rappelle plus le nom de la trisème, Adelle, je sais plus, ils sont de famille. Et il nous emmenait en voyage sur les traces de l'histoire. Bah moi ça a forgé ma passion pour le patrimoine quand d'un coup on comprend euh les couches historiques et tout ce que ça raconte en fait quand on voit une vieille pierre. C'est quoi derrière ? C'est des vies ? C'est des civilisations. Moi, pour moi, le lycée international a été un moment d'ouverture, de liberté, de créativité, d'apprentissage absolument génial. surtout que j'avais eu un collège très difficile avant et d'être dans un environnement avec des internationaux puisque le fonctionnement de ce lycée c'était qu'il y avait un/3 de d'habitants du quartier de Gerland à Lyon, un/ers de gens qui rentraient dans des filières bilingues sur test d'anglais et sur dossiers. Ça c'était mon cas, j'étais en filière bilingue anglais et un tiers qui était des internationaux qui passaient un bac international. Et donc on était tous mélangés, des gamins du quartier comme des jeunes fils d'expat de différents pays, comme des jeunes de différents collèges qui qui étaient rentrés sur concours. Et ça ça crée une émulation aussi, une ouverture assez extraordinaire. Moi, je enfin, je défends à fond tout ce qui peut être stage à l'étranger, Erasmus, euh voyage, enfin tout ce qui vous permet d'ouvrir vos regards et de voir comment ça se passe ailleurs. C'est extrêmement enrichissant. Ça nous permet de nous comprendre nous-même aussi, de nous connaître nous-mêmes et ça permet de après d'avoir des réflexes et d'être plus agile dans plein de situations professionnelles parce que ça donne du recul, ça donne euh ouais une approche un peu plus mature de plein de sujets. Et je continue à penser que la binationalité est une richesse comme être bilingue ou trilingue est une magnifique richesse et que on peut tout à fait je sais pas se sentir 100 % breton et 100 % français. Ben, on peut se sentir 100 % libanaise et 100 % française voire aussi 100 % new yorkaaise quand j'habitais à New York. Euh donc euh je je trouve toujours extrêmement dangereux ces euh idéologies qui veulent nous réduire à une étiquette, que ce soit l'extrême droite quand elle veut euh nous réduire à un pays d'origine, à l'origine des parents, euh à une culture que souvent d'ailleurs ces enfants d'immigrés ne connaissent pas tant que ça, une langue qu'ils ne connaissent pas tant que ça et on veut les renvoyer à finalement euh le passé de leurs grands-parents quasiment. et les enfermer dans cette étiquette ou que ce soit parfois dans certaines mouvances d'extrême gauche où on veut nous assigner aussi à une identité euh que ce soit une identité de genre de sexe, une identité politique et cetera, on a le droit d'être plein de choses à la fois je peux être et femme et hétérosexuelle et libanaise et enfin je suis pas réduite à une seule identité. Donc je trouve que ces questions de polarisation autour d'identité, faut arriver à les travailler avec beaucoup de délicatesse et de dialogue et d'apaisement parce que sinon ça se polarise, ça se crispe. Mais il faut veiller à pas tomber ni dans un extrême ni dans l'autre parce que l'identité est multiple et c'est cette multiplicité qui fait notre richesse humaine et la notre capacité à comprendre autrui. Et ça ça passe par la culture aussi. La culture nous aide beaucoup à par la musique, par le cinéma, par la littérature. On peut rentrer dans les histoires des autres, dans dans d'autres manières de penser, de réfléchir, de parler, de c'est la culture est un enrichissement. La culture ne par essence ne peut pas être un repli. Je vous remercie madame la ministre pour ce message de fraternité et aussi ce moment d'échange a aussi renvoyer une idée. C'est celle que la culture se transmet de génération en génération. Je vous remercie pour votre présence ce soir à tous pour vos questions. N'oubliez pas que j'ai un poème à vous lire hein. Ah bah je vous lâche pas tout de suite. Restez restez attentif à ce poème là et après et après on vous libère. C'est c'est parce que c'est une poétesse que j'aime beaucoup qui s'appelle Cécile Coulon qui est originaire de Clermontferrand qui est devenue une écrivain quand même assez connu. Figurez-vous qu'elle a écrit son premier livre à l'âge de 16 ans. Donc waouh. Et ce poème est un poème inédit que vous trouverez pas dans un livre donc je vous l'offre parce qu'elle me l'a offert. Et c'est un poème de vœux. Donc ça me permet de vous quitter avec des vœux pour toute la suite de votre vie. Je ne vous souhaite pas la santé, même si j'aimerais vous dire que vous resterez solide, vaillant, vif, de longues années encore, mais la santé ne se souhaite pas. Elle s'entretient et c'est une chose répétitive et ennuyeuse et pleine d'habitude. Je ne vous souhaite pas l'argent, même si j'aimerais vous dire que bientôt vous n'aurez plus rien à craindre pour vous et vos proches qu'il y aura de grandes maisons, des retraits au distributeurs sans avoir peur du refusé et de la carte engloutie. L'argent ne se souhaite pas. Il se gagne, s'épargne ou se vole et c'est une chose répétitive, ennuyeuse et pleine d'habitude. Je ne vous souhaite pas l'amour, même si j'aimerais vous dire que vous êtes aimé et que vous aimez en retour avec la force de celles et ceux qui n'ont plus rien à perdre et dont le cœur ressemble à une vie entière sans jalousie, sans méchanceté, sans mensonge bien travaillé. L'amour ne se souhaite pas. Il se construit, se nourrit, s'arrose et c'est une chose répétitive, peu ennuyeuse mais pleine d'habitude. Je vous souhaite la rencontre d'une seconde, d'une mer déchaînée, d'une colline affolée par le vent, d'un sommet séché par le soleil. Je vous souhaite le sourire de l'être aimé, le baiser comme une merveille, la main tendue pour celui qui apprend à marcher. Je vous souhaite le vol du grand hibou sacré, la course du chien dans la clairrière, le rire du vieillard malade, les derniers mots d'un mourant pour ceux qui restent. Je vous souhaite d'être 1000 fois débordé par la joie, d'être fou sur la plage, endormi dans la vallée, de reconnaître à l'entrée du village la maison de celle qui vous a tant aimé. Je vous souhaite tout ce qui ne se gagne pas, tout ce qu'on ne peut pas perdre, les marées hautes, les oreilles basses pendant la sieste. Je vous souhaite d'être attentif au moindre frémissement. Je vous souhaite la beauté qui dure longtemps. Cécile Coulon, ça résume la question la finance ou la culture et elle gagne de l'argent avec son mais suivez-la sur Insta et rejoignez-le.